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cathédrale Notre-Dame d'Amiens

Amiens, la cathédrale Notre-Dame
Amiens, la cathédrale Notre-Dame

Inscrite en 1981 sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco, Notre-Dame d'Amiens, louée par John Ruskin comme le « Parthénon du gothique », est la plus grande cathédrale de France.

« Un réservoir d'air et de lumière »

« Cathédrale modèle », « Bible de pierre », « géante, immobile et passionnée » (Marcel Proust), l'édifice collectionne les superlatifs. Les proportions téméraires de ce monument de la foi font toujours référence : la superficie, le volume intérieur, les dimensions, et, surtout, la hauteur de la nef se conjuguent pour aboutir à une indéniable perfection. L'effet est encore amplifié par l'exceptionnelle décoration extérieure et intérieure, qui ne peut être comparée qu'à celles de Chartres ou de Strasbourg. L'œil oublie alors les difficiles conditions techniques de la construction et de la réalisation des fondations qui s'échelonnent entre 7 et 10 m de profondeur.

Le lancement du chantier

Lorsqu'en 1218 la foudre s'abat sur la cathédrale romane, Amiens, avec 10 000 habitants, compte parmi les plus riches cités du royaume. L'évêque Évrard de Fouilloy décide la construction d'un nouvel édifice destiné à abriter le chef présumé de saint Jean-Baptiste, que Wallon de Sarton, chanoine de Picquigny, a rapporté en 1206 de la quatrième croisade. Il désigne comme maître d'œuvre Robert de Luzarches, formé en Île-de-France, auquel succèderont Thomas et Renaud de Cormont.

Les évêques Geoffroy d'Eu et Arnout d'Amiens, le chapitre cathédral, les marchands drapiers et les waidiers, les familles nobles de l'Amiénois, les rois Louis VIII et Saint Louis rivalisent de générosité. Le peuple de la ville et des campagnes verse son obole lors des processions de reliques.

Une unité architecturale préservée

Contrairement à la pratique générale de l'époque, la construction commence à l'ouest : de 1220 à 1236 sont élevés le grand portail et la nef, de 1238 à 1247 le chœur et les chapelles rayonnantes, de 1258 à 1269 la partie haute du transept et du chœur. La rapidité étonnante des travaux – un demi-siècle – confère à l'ensemble une unité de style exceptionnelle, bien que le projet initial ait été sensiblement remanié en cours d'ouvrage.

La partie supérieure des tours et les chapelles sont achevées à la fin du xive s. Entre 1495 et 1530, le mécène Adrien de Hénencourt finance la réalisation de la clôture du chœur et des stalles. Les seuls dommages subis par la cathédrale sont le fait des chanoines du xviiie s., qui n'aiment pas l'art gothique. Ils font détruire le jubé et le pavage du xiiie s., enlever les vitraux et une grande partie des tableaux de la confrérie du Puy-Notre-Dame.

La Révolution épargne le monument. À l'époque romantique l'art gothique est réhabilité et, sous le Second Empire, d'importantes restaurations sont menées par François-Auguste Cheussey, puis par Viollet-le-Duc et les Duthoit.

En avril 1918, à la demande pressante de l'évêque d'Amiens, Mgr de La Villerabel, le pape Benoît XV intervient auprès du Kaiser Guillaume II et obtient que l'artillerie allemande épargne la cathédrale.

Ce consensus, maintenu aux pires moments et considéré par beaucoup comme miraculeux, s'est depuis poursuivi.

Pour son seul entretien, l'édifice absorbe aujourd'hui plus de 600 000 euros par an et sollicite toutes les techniques, les plus éprouvées comme celles d'avant-garde : la rénovation de la façade par la technique du laser est en cours depuis 1992.

La statuaire

La statuaire de la façade occidentale constitue l'un des sommets de la sculpture gothique. L'unité de cet ensemble doit sans doute être attribuée à la rapidité de son exécution, vraisemblablement de 1225 à 1240, et à une impulsion unique dont on trouve une preuve dans la disposition des statues, autrefois peintes, et qui constitue un véritable montage pédagogique (la « Bible d'Amiens ») destiné à instruire et à édifier le peuple chrétien. Elle livre un triple message, historique, moral et ésotérique.

Le portail du Sauveur, est un joyau de la mystique et de l'art du début du xiiie siècle. Inaugurant par sa position et ses attributs le symbolisme de l'édifice, la statue du Beau Dieu d'Amiens constitue à la fois la clé de l'histoire biblique et le centre de la cathédrale. Tenant dans sa main gauche les Évangiles, le Christ transfiguré foule le lion et le dragon, symboles de l'orgueil et du mal (Psaume XCIII), et marche sur l'aspic et le basilic, symboles de la mort.

La nef

« Incomparable dans sa sublime simplicité et dans son unité de composition » (Paul Claudel), la nef d'Amiens élève ses voûtes en croisées d'ogives à 42,5 m au-dessus du sol. Elle doit sa réussite absolue à la triple combinaison des étages : de grandes arcades s'élancent de la base jusqu'à près de la moitié de la hauteur totale ; plus haut, ponctuant la perspective, se déroule le triforium reposant sur un mince cordon de décorations végétales ; enfin, les voûtes parachèvent l'envolée par de hautes baies à verrières (12 m).