En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Gnétale

L'ordre des Gnétales comprend trois familles de végétaux qui, malgré les profondes différences d'aspect des espèces qu'elles regroupent, sont étroitement apparentées : les Gnétacées, les Éphédracées et les Welwitschiacées. (Certains botanistes considèrent toutefois que, malgré de nombreux traits communs, les Gnétales constituent un groupe artificiel.)

Les Gnétales forment en effet un groupe intermédiaire entre les Gymnospermes et les Angiospermes. Dans l'arbre évolutif, les botanistes du siècle dernier avaient d'ailleurs tendance à les rapprocher des Angiospermes, dans un clade qui était celui des Antophytes (ou des Chlamydospermes). Les études modernes, fondées sur l'analyse génétique, tendraient plutôt aujourd'hui à rapprocher les Gnétales des Gymnospermes dans un sous-embranchement appelé Gnétophytes. Avec les Gymnospermes, les Gnétales partagent le caractère de l'ovule nu, non enfermé dans un ovaire. En revanche, comme les Angiospermes, elles possèdent des vaisseaux parfaits, et des bractées s'organisant en enveloppe entourant les organes reproducteurs (cet involucre entourant les inflorescences ne peut pas, toutefois, être assimilé à un véritable périanthe). Par ailleurs, à la différence des Gymnospermes, les Gnétacées et les Welwitschiacées possèdent des feuilles larges.

Les Gnétacées

À la famille des Gnétacées appartiennent des lianes, des arbres et des arbustes des forêts tropicales humides de l'Asie du Sud-Est, de la Mélanésie, du nord de l'Australie, et de l'Afrique équatoriale. Dans leurs pays d'origine, ces végétaux sont largement cultivés en raison de leur importance économique, car ils fournissent des feuilles, des tiges ou des fruits comestibles, et leur écorce des fibres textiles. Les inflorescences sont unisexuées. Le genre Gnetum comprend une trentaine d'espèces indigènes des régions tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique du Sud ; la plupart sont des lianes. L'une des deux exceptions est le gnète.

Le gnète

Le gnète (Gnetum gnemon) se présente généralement comme un arbre, mais il peut également prendre la forme d'une liane, qui peut dépasser 20 m de haut, ou d'un arbuste. Les feuilles sont assez grandes, pétiolées, opposées et plates. Luisantes sur leur face supérieure, elles ont une forme elliptique, une consistance coriace et des nervures pennées. Les fleurs, inisexuées, nombreuses mais peu visibles, sont groupées en épis. Les fleurs mâles ont un périanthe de feuilles soudées ; les femelles possèdent un seul ovule à double tégument. Leur structure rappelle celle du genre Ephedra, tandis que les feuilles ressemblent à celles des Dicotylédones.

Les graines, charnues, sont utilisées localement comme aliment, malgré la présence dans leurs tissus de cellules qui les rendent parfois très piquantes. De même, les feuilles et les jeunes pousses, cuites, sont utilisées comme légumes. De l'écorce battue on obtient des fibres utilisées dans la fabrication de nattes, de sacs, de filets et de cordes de bonne résistance.

Les Éphédracées

Les Éphédracées sont, par rapport aux Gymnospermes, l'une des familles dont l'évolution a été poussée le plus loin. Elles comprennent des arbustes qui ressemblent aux prêles et qui sont bien adaptées aux milieux arides. Il en existe une quarantaine d'espèces dont la distribution s'étend des régions arides ou steppiques de l'Asie centrale aux Andes, à l'Amérique du Nord et aux régions de climat méditerranéen. Les espèces typiques des montagnes occupent les fissures des rochers, celles des plaines les plages et les rives des fleuves, et celles des déserts les dépressions entre les lignes de dunes. La plupart d'entre elles forment des populations discontinues, mais certaines, exceptionnellement adaptées à la vie en commun, prennent un aspect grimpant.

L'importance de cette famille de plantes dérive de leurs propriétés médicinales, connues par les Chinois et les Amérindiens depuis des millénaires : elles contiennent en effet un alcaloïde, l'éphédrine, puissant stimulant du système nerveux central et du système cardiovasculaire, et dont les propriétés sont aujourd'hui utilisées en pharmacologie comme broncho-dilatateur dans le traitement de l'asthme, et comme vaso-constricteur, comme décongestionnant.et pour augmenter la tension artérielle.

L'éphédra

L'éphédra (une soixantaine d'espèces, dont Ephedra distachia, ou raisin de mer, commune sur le littoral méditerranéen et atlantique, où elle se rencontre sur les dunes ou dans les pierraille, et E. sinica, répandue dans les régions demi-désertiques d'Asie) se présente comme un buisson sempervirent plus ou moins rampant (0,3 m) mais dont la taille peut varier pour atteindre celle d'un arbuste d'un mètre de hauteur. Elle semble comme formée de différents articles, à l'image de la prêle ; le tronc présente, depuis la base, de nombreuses ramifications. Les rameaux, opposés et d'un vert-glauque, sont minces, droits, plus ou moins dressés, et articulés. Les feuilles sont extrêmement réduites, voire insignifiantes ; en raison de leur extrême réduction, la fonction chlorophyllienne est assurée par les jeunes rameaux des tiges. Les fleurs sont petites, peu visibles, unisexuées. Les fleurs mâles sont réunies en petites groupes axillaires ; les femelles sont jaunes. La pollinisation se fait par l'intermédiaire d'insectes (pucerons, mouches…) attirés par les gouttelettes sucrées sécrétées par l'ovule. Les graines, entourées d'un involucre constitué par la fusion des bractées, prennent à maturité l'aspect d'une pseudo-baie de couleur rouge ou jaune-orangé ressemblant aux fruits de l'if mais plus petite et présentant une arille sur laquelle on remarque les soudures des bractées à l'origine de l'arille.

L'éphédra est une plante xérotique qui est en mesure de supporter un très bas niveau d'humidité atmosphérique, en raison d'une part de ses adaptations (extrême réduction des feuilles, qui limite au maximum l'évapotranspiration) et, d'autre part, de l'important développement du système racinaire, qui permet d'atteindre des réserves d'eau situées dans le sol à des profondeurs considérables.

Toutes les parties de ces plantes renferment des alcaloïdes comme l'éphédrine, la pseudoéphédrine, etc. extrêmement toxiques ; l'intoxication, potentiellement mortelle, se traduit par une contraction des muscles lisses.

Les Welwitschiacées

La famille des Welwitschiacées n'est représentée que par une seule espèce, Welwitschia mirabilis, endémique des zones steppiques et sub-désertiques du Sud-Ouest de l'Afrique (sud de l'Angola, Namibie). Ce végétal possède un tronc tubéreux, puissant, atteignant 1 m de diamètre, et très court, ne s'élevant qu'à quelques centimètres au-dessus du sol, dans lequel il est ancré par une longue racine à pivot qui lui sert à chercher l'humidité aussi profondément que possible. Il porte de longues feuilles rubanées, d'une consistance coriace, qui restent en place pendant toute la vie de la plante et qui, croissant à la base, s'allongent indéfiniment, pouvant atteindre plus de 2 m de long ; en veillissant, elles se divisent en segments le long des nervures parallèles. Les inflorescences situées à la base des feuilles sont des groupes de cônes formés d'écailles. Celles-ci portent à l'aisselle une fleur constituée de deux bractées qui enveloppent les fleurs. La graine, enfermée dans les cônes femelles qui ressemblent à ceux des conifères, a la forme d'un disque ailé qui facilite sa dissémination.