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Champ de Mai

Assemblée solennelle des députés de tous les collèges électoraux français convoqués par Napoléon sur le Champ-de-Mars de Paris, pendant les Cent Jours, pour entendre la proclamation de l'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire (1er juin 1815).

Le 23 avril 1815, était paru un décret portant que les Français étaient appelés à consigner leur vote sur des registres ouverts dans toutes les communes, et que le dépouillement aurait lieu à l'assemblée extraordinaire du « Champ de Mai », convoquée à Paris pour le 26 mai, à l'imitation des anciens Champs de mai carolingiens ; mais il fallut remettre cette cérémonie au 1er juin, des retards s'étant produits dans l'envoi des registres électoraux et les délégués tardant à arriver à Paris.

Toutefois, l'Acte additionnel ayant déjà été publié dans le Moniteur du 23 avril 1815 et mis à exécution avant que les suffrages eussent été comptés – mettant ainsi fin aux espoirs des Républicains –, cette assemblée de trente mille électeurs n'avait plus de véritable but. Comme le résume Châteaubriand dans ses Mémoires d'Outre-tombe (IIIe partie, livre V). : « Ce Champ de Mai, si pompeusement annoncé […] se résout en un simple défilé de troupes et une distribution de drapeaux devant un autel méprisé. Napoléon, entouré de ses frères, des dignitaires de l'État, des maréchaux, des corps civils et judiciaires, proclame la souveraineté du peuple à laquelle il ne croyait pas.

[…] La fête fut magnifique, mais ce fut une fête de théâtre. On avait dressé à la hâte, au Champ-de-Mars, une estrade, un trône, un autel. Les acteurs ne manquaient pas et le plus grand de tous était là, revêtu d'un costume, qui était aussi un costume de théâtre : une tunique et un manteau nacarat, des culottes de satin blanc, des souliers à bouffettes, une toque de velours noir orné de plumes blanches. Ses frères étaient entièrement vêtus de velours blanc, avec des petits manteaux à l'espagnole, brodés d'abeilles d'or, et toque tailladée. Ses hérauts d'armes, ses chambellans, ses pages, étaient habillés comme des personnages d'opéra-comique. Ce Champ de Mai qui, dans la pensée de Napoléon, devait évoquer les souvenirs de Charlemagne, réveillait dans l'esprit des spectateurs les souvenirs de Jean de Paris, le héros d'un opéra de Boieldieu alors très en vogue. »