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Brauron

aujourd'hui Vraona

Site archéologique de Grèce, en Attique, à environ 35 km à l'est d'Athènes ; c'était, dans l'Antiquité, le lieu d'un des plus vénérables sanctuaires consacrés à la déesse Artémis.

Brauron est l'une des plus anciennes localités de l'Attique. Le site a été habité dès l'époque néolithique, et l'on a découvert sur les versants de l'acropole au pied de laquelle se trouvait le sanctuaire d'Artémis Brauronia, une partie d'un mur d'enceinte et des vestiges d'habitat datant de l'Helladique Moyen (époque mycénienne).

Selon une tradition rapportée par Euripide dans son Iphigénie en Tauride (vers 1464), c'est à Brauron qu'Iphigénie, la fille d'Agamemnon, aurait ramené de Tauride la statue en bois de la déesse, et qu'elle aurait fini ses jours comme prêtresse du sanctuaire.

Suidas rapporte que ce sanctuaire, le plus ancien de l'Attique, qui connut ses premiers aménagements dès l'époque archaïque et qui était déjà prospère à la fin du vie siècle avant J.-C., fut consacré à la déesse pour apaiser son courroux après qu'un jeune homme eut tué un ours qui menaçait sa sœur. Artémis, déesse de la chasse et de la nature sauvage, avait alors suscité une épidémie et fait savoir, par un oracle, qu'elle exigeait que les habitants de l'Attique lui consacrassent désormais leurs filles nubiles au cours d'un rituel d'expiation, et qu'il « n'était pas permis à une vierge de vivre sous le toit d'un homme avant d'avoir “fait l'ours” en l'honneur de la déesse ».

À l'époque classique, le sanctuaire d'Artémis était le cadre de fêtes civiques aussi importantes que celles d'Éleusis ou des Panathénées : les Brauronia, qui se déroulaient tous les cinq ans, au printemps. Les jeunes filles nubiles, en robe jaune, entouraient la prêtresse au moment du sacrifice, en imitant la démarche de l'ours. L'âge des fillettes indique qu'il s'agissait plutôt là d'un rite d'initiation au moment de la puberté, et l'aménagement des lieux interdit de penser à une consécration véritable : les fillettes ne séjournaient au sanctuaire qu'au moment de la fête.

Archéologie

L'édifice le plus important et le plus significatif est un grand portique dorique à stylobate de marbre, à trois ailes, resté inachevé du fait de la guerre du Péloponnèse. Daté de la seconde moitié du ve siècle avant J.-C., ce portique sacré, dit stoa en π, comportait, au nord, une galerie principale de 36 m de long, et deux ailes encadrant une cour. Les chambres s'ouvrant sous le portique servaient sans doute de logements aux petites « Ourses » (arktoi), jeunes filles qui prenaient part aux fêtes en l'honneur d'Artémis. Dans la partie nord du portique se dressait une série de doubles plaques de pôros qui servaient de bases à des pinakes de bois où l'on disposait les vêtements luxueux que les femmes sur le point d'enfanter consacraient à Iphigénie. Ce portique s'élevait en partie sur le site d'un bâtiment d'époque archaïque, des viie et vie siècles, dont il subsiste quelques restes.

Devant l'aile occidentale du portique, on a mis au jour les fondations du temple dorique, rebâti au début du ve siècle sur les ruines d'un édifice plus ancien détruit par les Perses qui, selon Pausanias, emmenèrent à Suse la statue de culte d'Artémis. Le temple était du type prostyle et comportait un pronaos, une cella divisée en trois nefs et un adyton séparé de la cella par un mur épais de 1,40 m. À l'intérieur du temple, on a mis au jour les vestiges d'un mur du sanctuaire du début du vie siècle avant J.-C. À l'angle nord-ouest du temple, on découvrit une série de blocs de pôros qui délimitaient probablement un petit lac sacré, alimenté en eau par une source voisine.

Au sud-est du temple, une coupure du rocher formait une sorte de couloir où l'on a trouvé un petit sanctuaire à deux chambres, construit en pôros après l'écroulement de la grotte qui se trouvait derrière, et un sanctuaire à quatre compartiments, de près de 15 m de long, qui fut ruiné par l'éboulement de la voûte de la grotte où il fut bâti à l'origine. C'est en cet endroit que l'on situe le tombeau d'Iphigénie. Un dernier bâtiment, érigé après l'effondrement de la grotte, aurait été la maison des prêtresses attachées au sanctuaire. Au-dessus du temple, fut érigée au xve siècle une chapelle (Haghios Ghéorgios) qui conserve dans son narthex quelques fresques très abîmées (représentations des saints Timothéos et Spyridon).