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parc national de Los Glaciares

Parc national de l'Argentine (province de Santa Cruz).

Selon l'Unesco qui, en 1981, a inscrit ce site sur sa Liste du patrimoine mondial, le parc national de Los Glaciares « est un domaine d'une beauté naturelle exceptionnelle avec ses imposants sommets découpés et ses nombreux lacs glaciaires, dont le lac Argentino, long de 160 km ».

Le site

Situé dans les Andes australes, le long de la frontière avec le Chili, le parc national de Los Glaciares fut institué en 1945 ; sa superficie totale est de 445 900 ha, dont 260 000 sont recouverts par les glaciers, 95 000 par des lacs, et 79 000 par des forêts. L'altitude moyenne est comprise entre 200 et 3 405 m. La ville principale la plus proche, El Calafate, est située à une quarantaine de kilomètres de la limite du parc ; celui-ci est inhabité.

Le parc doit son nom à la présence de nombreux glaciers, dont les plus importants prennent leur source dans le grand champ de glace de Patagonie, le second manteau glaciaire du monde en superficie (14 000 km2 au total) après l'Antarctique. Le parc compte quarante-sept grands glaciers, dont treize descendent jusqu'au bassin atlantique. Les plus vastes sont le glacier Upsala (595 km2), le Viedma (575 km2) et le Moreno (250 km2). Environ cent quatre-vingt-dix glaciers de moins de 3 km2 parsèment le parc. Les glaciers naissent à quelque 1 500 m au-dessus du niveau de la mer, pour descendre jusqu'à environ 200 m, ce qui offre un spectacle exceptionnel. Deux grands lacs sont nés de ce système glaciaire : le lac Argentino, le plus grand d'Argentine, long de 160 km et large de 14 à 20 km, et le lac Viedma ; les eaux de ces deux lacs s'écoulent jusqu'à l'Atlantique par le fleuve Santa Cruz.

La présence d'autant de glaciers à de si basses altitudes surprend : les températures, certes peu élevées, ne sont cependant pas aussi rigoureuses en hiver qu'en d'autres régions du globe qui restent dépourvues de glaciers. La présence de ceux-ci s'explique plutôt par le caractère frais et nuageux des étés, durant lesquels l'insolation est si faible que la fonte des neiges est très limitée. Ainsi, la température moyenne du parc, au niveau de la zone la moins élevée, est de 7,5 °C, avec une moyenne maximale en janvier (été) de 13,4 °C, et minimale en juillet avec 0,6 °C, ces températures s'abaissant bien entendu au fur et à mesure que l'altitude augmente. Les précipitations sont à peu près réparties tout le long de l'année, avec un léger maximum en avril-mai ; elles sont plus importantes vers l'ouest du parc (900 mm par an) que vers l'est (500 mm par an) ; en été, les vents sont plus violents.

Dans la zone sud du parc se trouve le glacier Perito Moreno, fameux par son mouvement continu, qui provoque un phénomène cyclique d'avancée vers le lac Argentino, d'où l'accumulation de gigantesques blocs de glace, le long d'un front de 5 km de large. Périodiquement, le glacier bouche le canal de Témpanos (canal des Icebergs) par lequel s'écoulent les eaux du Rico, un bras issu du lac Argentino, provoquant une élévation des eaux du Rico de vingt à trente mètres. Les eaux du canal s'infiltrent alors dans le glacier, le fissurent et finissent par le rompre. Il se produit, à intervalles réguliers, tous les trois ans environ, un phénomène spectaculaire exceptionnel et extrêmement bruyant : d'énormes blocs de glace d'une soixantaine de mètres de haut chutent dans les eaux du lac Argentino.

Les glaciers Upsala et Spegazzini se déversent dans le lac Argentino ; le glacier Viedma se déverse dans le lac du même nom. Vers le nord du parc se trouvent les pics les plus élevés (mont Fitz Roy ou Chaltén, 3 405 m).

Flore et faune

La flore est typique de la forêt andine-patagonique à l'ouest, de la steppe patagonique vers l'est. Dans la zone de forêt, l'on rencontre notamment des hêtres antarctiques (Nothofagus antarctica), ainsi que N. pumilio, N. dombeyi et N. betuloides. Au-dessus de 1 000 m, les conditions de température deviennent si rigoureuses que l'on ne rencontre plus qu'une végétation rabougrie, dont l'ombellifère du genre Azorella, qui se présente sous l'aspect de coussins denses, de forme arrondie.

La faune compte notamment des guanacos (Lama guanicoe), des aigles mora et des pumas. Avant la colonisation, les populations qui vivaient là chassaient le guanaco, qui leur fournissaient viande, peau et laine, ainsi que les os qui servaient à fabriquer de nombreux objets. Le guanaco fut longtemps victime du braconnage, mais depuis les années 1990, il ne semble plus être menacé. Le parc est surtout réputé pour les nombreuses variétés d'oiseaux qui y vivent, comme le condor (Vultur gryphus), le nandou de Darwin (Pterocnemia pennata), l'huîtrier austral (Haematopus leucipodus). Certaines espèces, comme la grande bécassine (Gallinago stricklandii) sont très menacées, et trouvent dans le parc l'un des rares sanctuaires où l'on peut espérer les conserver.