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principauté d'Antioche

État latin du Levant qui dura de 1098 à 1268.

1. Histoire

Fondé en 1098 par Bohémond Ier, fils aîné de Robert Guiscard, et qui est, en droit, indépendant du royaume de Jérusalem comme de l'Empire byzantin : ce n'est qu'en 1159 que Renaud de Châtillon accepte la suzeraineté de ce dernier.

Bohémond Ier et Tancrède font d'Antioche un État solide (prise de Lattaquié). Pour les récompenser de leur aide, Bohémond Ier accorde aux Génois la première concession faite aux Italiens au Levant.

La principauté est affaiblie par la longue suite de régences et de principats par alliance de Constance, fille de Bohémond II. Après sa victoire écrasante de Hattin (→ bataille de Hattin, 1187), Saladin conquiert presque toute la principauté, à l'exception de la ville. La 3e croisade (1191-1192) redonne vie aux États latins de Syrie, et Bohémond III fait adopter par le comte de Tripoli, Raimond III, son fils cadet, qui, en 1201, usurpe la couronne princière aux dépens de son neveu Raimond Rouben. Les luttes confuses qui opposent les deux princes, puis Bohémond IV et Bohémond V, son fils, aux Arméniens de Cilicie, dont Rouben descendait par sa mère, aggravent la situation de la principauté.

Celle-ci est perdue par Bohémond VI (prise d'Antioche par le sultan mamelouk Baybars Ier en mai 1268).

2. Institutions

La principauté d'Antioche, indépendante, eut des institutions propres, distinctes du royaume de Jérusalem : cour des barons, cour des bourgeois, chancelier, connétable, sénéchal, deux maréchaux. Actes législatifs et coutumes ont été compilés dans des « Assises d'Antioche », qui nous sont parvenues dans leur version arménienne. La principauté, par les origines – souvent normandes – des vassaux, par le contrôle conservé sur ceux-ci par le prince, par la centralisation demeurée forte, garde la trace de ses origines normandes. En octobre 1193 est créée une « commune d'Antioche ».

3. Civilisation

La principauté d'Antioche connaît une civilisation brillante : Gautier le Chancelier a conté les prouesses du prince Roger ; deux Chansons d'Antioche ont été écrites en Occident, mais la Chanson des chétifs, commandée par Raimond de Poitiers, fut composée en Syrie. Jusqu'au xiiie siècle, le commerce à Antioche se maintient entre Génois et Pisans, qui jouent des rivalités entre princes pour accroître leurs privilèges. Mais leur commerce d'échanges entre l'Orient et l'Occident décline au xiiie siècle, les routes commerciales se déplaçant vers les axes Chypre-Cilicie au N., Alep-Lattaquié (devenue turque) au S.

Pour en savoir plus, voir l'article États latins du Levant.