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Saint-Céneri-le-Gérei

Commune du département de l'Orne (canton d'Alençon), dans les Alpes mancelles (Parc naturel régional Normandie-Maine), à environ 14 km au sud-ouest d'Alençon.

  • Population : 129 hab. (recensement de 2010)

Né en Ombrie au viie siècle, saint Céneri serait venu d'Italie avec son frère Céneré pour se fixer en ce lieu. Une abbaye fondée par la suite par ses disciples fut détruite en 903 par les Normands. Avant 1045, Guillaume Giroie d'Échauffour établit à Saint-Céneri une puissante forteresse qui resta pendant deux siècles dans sa famille. Guillaume le Conquérant, Robert Courteheuse, Robert de Bellême, Henri Ier d'Angleterre assiégèrent successivement le repaire de ces vassaux sans cesse révoltés. Pendant la guerre de Cent Ans, le château passa de mains en mains jusqu'en 1434, date à laquelle les Anglais, l'ayant repris, le rasèrent. Au xixe siècle, la beauté du site de Saint-Céneri, bâtie sur un éperon granitique dominant un méandre de la Sarthe, attira de nombreux artistes dont les plus célèbres sont Corot et Harpignies.

L'église Saint-Céneri

L'église actuelle fut édifiée à la fin du xie siècle par la famille de Giroie (qui laissa son nom au village), sur le site de l'ancienne église dédiée à Saint-Martin du Mont-Rocheux, fondée vers la fin de la vie de saint Céneri, aux alentours de l'an 670, et qui avait été détruite en 903 par les Normands.

Elle était placée sous la dépendance d'un prieuré de l'abbaye de Saint-Evroult. En subsiste un chœur flanqué de deux transepts terminés par des absidioles. Les murs sont en petit appareil régulier. Vers 1125, on acheva la nef et une belle tour carrée à un seul étage comprenant deux grandes baies géminées sur chaque face, en-dessous d'un toit en bâtière. En 1826-1828, puis en 1835, l'église fut maladroitement restaurée (façade et fenêtres néogothiques).

À l'intérieur, il subsiste d'intéressantes fresques. Les peinture murales géométriques, sous la tour, seraient du xiie siècle ; les fresques à personnages du chœur et des transepts, des xive et xve siècles. Un peintre local les a abusivement complétées en 1857-1861. On peut remarquer notamment : la Vierge au manteau (mur latéral nord du chœur), le pape Urbain V tenant le voile de sainte Véronique et le Couronnement de la Vierge (mur du fond du chœur), et le Christ en majesté (au fond de l'abside).

Dans un pré proche du village, s'élève la chapelle du Petit-Saint-Célerin (ou Céneri), du xve siècle. À l'intérieur, une pierre dite « lit de Saint-Céneri » aurait servi de couche disciplinaire au saint. Jadis, selon une tradition locale, les filles qui voulaient se marier dans l'année devaient arriver à ficher une épingle dans une statue du saint en terre cuite conservée dans l'église.