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Pékin

en chinois Beijing (« capitale du Nord »)

Pékin
Pékin

Capitale de la Chine, constituant une municipalité autonome (17 800 km2).

  • Population pour l'agglomération : 15 594 367 hab. (estimation pour 2011)

GÉOGRAPHIE

La ville est située en bordure des hauteurs qui limitent au nord la Grande Plaine, au contact du Nord-Est industriel, des steppes du Nord et du Nord-Ouest et des riches plaines de l'Est. Le centre comprend, autour de la place Tian’anmen, la Cité interdite et la Ville extérieure datant du xviie s. Dans les arrondissements extérieurs, desservis par un métro, sont localisés les quartiers administratifs (ambassades), universitaires et industriels. Ce secteur s'est développé à partir des années 1950, en même temps que la ville connaissait un essor démographique. De nombreuses branches sont représentées (sidérurgie, mécanique, raffinage du pétrole, chimie, textile, électronique). Dans la périphérie plus lointaine, des zones agricoles (fruits, légumes, élevage laitier, volailles) contribuent à l'alimentation de l'agglomération. La ville a accueilli les jeux Olympiques d'été en 2008.

L'HISTOIRE DE PÉKIN

Site d'un habitat humain attesté dès le Paléolithique, la ville est, sous le nom de Ji, la capitale des Yan à l'époque des Royaumes combattants (ive-iiie s. avant J.-C.). Détruite par Shi Huangdi (226 avant J.-C.), elle reparaît à l'époque des Han sous le nom de Yan. Comme le reste de la Chine du Nord, elle est occupée du ive au vie s. après J.-C. par les Barbares de la steppe et redevient capitale pour les Murong (350-357). À l'époque des Sui (581-618) et des Tang (618-907), c'est la principale citadelle du Nord, chargée de surveiller les Barbares du Nord-Est, qui deviennent plus dangereux que ceux de la Mongolie. La dynastie chinoise Hou Qin cède la ville (936) aux Khitans, qui en font leur capitale du Sud (Nanjing) en 938. Les Djurtchets la conquièrent (1122), la cèdent aux Song (1123), puis la reprennent (1125) et y installent en 1153 leur capitale du Centre, qui devient leur résidence principale. La ville est prise et détruite par les Mongols de Gengis Khan en 1215. En 1260, Kubilay Khan s'installe dans la région et y fait bâtir (1264-1267) une nouvelle cité au N.-E. de la précédente, Tai du (« Grande Capitale », en chinois) ou Khanbalik (« Ville du Khan », en mongol), qui sera la capitale de la Chine. Marco Polo, à la fin du xiiie s., visite la ville, qu'il appelle Cambaluc, et en est émerveillé : « La ville entière, écrit-il, est arrangée en carrés, comme un échiquier, et disposée de manière si parfaite et magistrale qu'il est impossible d'en donner une description qui rende justice à sa beauté. » Un canal, qui relie Pékin au Grand Canal (fin du xiiie s.), permet l'approvisionnement de la capitale en riz du Yangzi.

Les premiers Ming lui retirent son rang de capitale au profit de Nanjing (1368-vers 1416) et la nomment Beiping (« Paix du Nord »). Le troisième Ming, Yongle (1403-1424), s'installe dans cette cité des marches, qu'il nomme Beijing, et y construit la Cité interdite et l'autel du Ciel, auquel Jiaxing adjoint le temple de l'Agriculture ; enfin, il lui rend son rang de capitale, qu'elle conservera jusqu'en 1928. Brûlée peu avant le triomphe des Mandchous (1644), Pékin est rebâtie selon les données traditionnelles, et embellie par la nouvelle dynastie (porte de la Paix céleste, palais de la Suprême Harmonie, palais d'Été, au N.-O. de la ville) ; aux xviie et xviiie s., le quartier sud-ouest abrite les missionnaires (en particulier les jésuites) et les techniciens européens, à l'époque de Kangxi (1662-1722) et de Qianlong (1736-1796). Mais l'expédition franco-anglaise de 1860, marquée par l'incendie du palais d'Été, aboutit à la création d'un quartier privilégié des légations de Pékin. La ville reçoit une garnison internationale en 1901, à la suite de l'attaque de ces légations par les Boxers (juin 1900). Tombée sous la domination des « seigneurs de la guerre » après la chute de l'Empire (1912), Pékin est récupérée par le Guomindang (1928), qui lui redonne le nom de Beiping, car la capitale a été transférée à Nanjing. Prise par les Japonais (juillet 1937), la ville subit un gouvernement à la solde de ceux-ci jusqu'en 1945. Pékin reprend son nom et son rang de capitale lors de sa reconquête par les communistes (janvier 1949).

PÉKIN, VILLE D'ART

Malgré les transformations profondes qu'il a subies, le plan de la ville historique (la « Ville murée ») conserve le souvenir du tracé des anciennes capitales et représente, en quelque sorte, l'héritage de l'urbanisme en Chine.

Elle comprend deux « villes » juxtaposées : la « Ville intérieure » (Neicheng), la Ville tartare des Occidentaux, de forme presque carrée (6 km de côté), et la « Ville extérieure » (Waicheng), ou Ville chinoise au sud de la précédente, de forme rectangulaire (6 km x 4 km).

La Ville intérieure occupe une partie du site de la Khanbalik, édifiée sous la dynastie mongole des Yuan, et son architecture est celle qui fut conçue par les Ming au xve s.

Au cœur de cette Ville intérieure s'étend la Cité impériale (Huangcheng), qui enferme en son centre la Cité interdite (Gugong), la cité-palais. Construite sur les fondations Yuan, commencée en 1406, rénovée au xvie s., puis largement reconstruite et restaurée du xviie s. au xixe s., elle symbolise dans l'espace l'éminente position de l'empereur, Fils du Ciel. Elle n'a guère changé dans l'ensemble et forme un immense rectangle : 1 000 m du sud au nord et 760 m de l'est à l'ouest. Ceint d'une haute muraille percée de portes et d'une large douve, ce rectangle s'ouvre au sud sur l'actuelle place Tian'anmen par la porte de la Paix céleste, devenue depuis 1949 l'emblème de la Chine nouvelle.

À l'intérieur du palais, les cours et les bâtiments se succèdent le long d'un axe central conduisant progressivement des salles de cérémonie à la partie privée. Les axes latéraux sont occupés par des appartements secondaires et des annexes. L'ordonnance rythmée des constructions, l'uniformité de leur style et le jeu des couleurs (blanc des terrasses en marbre, enduit pourpre des édifices, jaune des tuiles vernissées, vert des frondaisons) constituent un ensemble admirable. La partie officielle du palais et les appartements de la famille impériale sont maintenant transformés en musée, tandis que les parcs alentour sont devenus des jardins publics.

Des temples impériaux de Pékin, le seul qui soit bien conservé est le temple du Ciel, au sud-est de la voie axiale, dans la Ville extérieure. Édifié en 1420, puis restauré au xvie s. et au xviiie s., l'ensemble comprend deux parties distinctes, reliées par une large chaussée : l'autel circulaire et le temple où l'empereur demandait au Ciel de bonnes récoltes. Superbes d'élégance et de sobriété, les édifices, aux toitures bleues incurvées, se dressent au milieu des cèdres et des cyprès, et constituent une des créations les plus parfaites de la conception monumentale chinoise.

Les parcs et les résidences de plaisance des empereurs Ming et Qing occupaient la banlieue nord-ouest, devenue, depuis la première moitié du xxe s., le centre universitaire de la capitale.

L'actuel Yiheyuan [fin du xixe-début du xxe s.], séjour d'été de l'impératrice Ci Xi, n'offre qu'un lointain reflet de ce que furent les palais d'Été, incendiés en 1860 par les troupes franco-anglaises. Seul le lac conserve toute sa beauté.