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Poitiers (86000)

Poitiers
Poitiers

Chef-lieu du département de la Vienne, dans le haut Poitou, dominant le Clain, à 329 km au S.-O. de Paris.

  • Population : 90 386 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Poitevins
  • Population pour l'agglomération : 128 991 hab. (recensement de 2009)

La vieille ville, où sont situés les principaux monuments, les grandes administrations et les commerces les plus nombreux, est située sur un étroit éperon calcaire entre le Clain à l'Est et la Boivre (dans la vallée de laquelle est la gare) à l'Ouest. Elle est entourée de vastes faubourgs : à l'Ouest sur le plateau de Biard (jusqu'à l'autoroute), au Sud (au-delà du parc de Blossac) le long de la route de Bordeaux, au Nord suivant celle de Paris et surtout à l'Est (université, grands ensembles d'habitations). Les activités tertiaires (commerce, administrations départementales et régionales, enseignement, activités culturelles) ont toujours été essentielles. À l'artisanat se sont adjointes des industries de transformation (constructions mécaniques, électroniques et électriques surtout, pneumatiques). La ville est le centre d'une communauté d'agglomération qui regroupe dix communes. Le rayonnement de Poitiers est vite limité par les influences de Tours au Nord, de Limoges au Sud-Est, d'Angoulême au Sud et de La Rochelle au Sud-Ouest. Archevêché.

À 8 km au Nord de Poitiers (à Jaunay-Clan), parc d'attractions sur les techniques audiovisuelles du futur (Futuroscope).

L'HISTOIRE DE LA VILLE

Poitiers est d'abord Limonum, capitale du peuple gaulois des Pictaves, dont elle prend le nom au iiie s. après J.-C. Siège d'un évêché important, illustré par saint Hilaire (?-vers 367) et par Fortunat (?-vers 569), elle devient un des grands centres religieux de la Gaule avec ses monastères (Saint-Hilaire ; Sainte-Croix, fondé par sainte Radegonde) et ses églises (Saint-Jean). En 732, Charles Martel y gagne une bataille sur les musulmans d'Espagne, qui arrête l'offensive islamique en Occident. Poitiers est pillée plusieurs fois par les Normands (ixe s.). Disputée entre le comte et l'évêque, la ville reçoit d'Henri II Plantagenêt, entre 1173 et 1178, une charte de commune du type des Établissements de Rouen. Elle se couvre d'églises romanes, puis gothiques, en attendant les constructions du duc de Berry. Pendant la guerre de Cent Ans, le plateau de Maupertuis, au N. de la ville, est le théâtre de la bataille dite de Poitiers (19 septembre 1356), au cours de laquelle le roi de France Jean II le Bon et son fils Philippe le Hardi sont battus et capturés par les Anglais du Prince Noir. Cette défaite aboutit au traité de Brétigny (1360), qui livre Poitiers aux Anglais. Reprise par du Guesclin en 1372, Poitiers devient, à la fin de la guerre de Cent Ans, la capitale du dauphin Charles, qui y installe son parlement (1423-1436) – devant lequel il fait comparaître Jeanne d'Arc (mars 1429) –, et une université (1431), plus durable. Assiégée en vain par les huguenots de Coligny (1569), Poitiers devient le siège de l'intendance du Poitou (1654-1789) et joue dès lors le rôle de capitale provinciale jusqu'à la Révolution, qui, morcelant le Poitou en trois départements, lui fait perdre une partie de ses fonctions administratives.

POITIERS, VILLE D'ART

L'ensemble monumental que la ville tient de son passé reflète l'évolution artistique du Poitou. De la riche cité gallo-romaine, on ne connaît plus que d'humbles vestiges, avec la statue de Minerve qu'abrite le musée Sainte-Croix. En revanche, l'art paléochrétien a laissé un témoignage capital avec le baptistère Saint-Jean, construit au ive s. sur un plan carré et en petit appareil de tradition romaine, mais agrandi à plusieurs reprises jusqu'à l'époque romane et décoré alors de peintures murales. L'hypogée mérovingienne de l'abbé Mellebaude occupe le centre de la nécropole des Dunes, dont le mobilier est conservé au musée lapidaire.

L'art roman poitevin a donné à la ville d'admirables églises. Le style sévère et grandiose de sa première période est représenté par Saint-Hilaire-le-Grand, élevé au xie s. avec doubles bas-côtés et chevet à déambulatoire, mais dont la nef a été voûtée, au début du xiie s., d'une suite de coupoles sur trompes (située sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France, l'église Saint-Hilaire est inscrite à ce titre sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1998) ; par Sainte-Radegonde, consacrée en 1099 et gardant de cette époque son chevet ainsi qu'un clocher-porche analogue à celui de Saint-Porchaire ; enfin par l'abbatiale bénédictine de Montierneuf, très altérée. Le style fastueux du xiie s. s'épanouit à Notre-Dame-la-Grande, célèbre par sa façade, où de précieuses sculptures s'inscrivent dans une composition d'un équilibre subtil.

La cathédrale Saint-Pierre, du style dit « Plantagenêt », est le principal édifice gothique du Poitou. Commencée vers 1166, c'est une vaste salle rectangulaire dont les trois nefs, presque égales en hauteur, ont des voûtes bombées. On y voit de beaux vitraux du début du xiiie s. (fenêtre axiale : Triomphe de la Croix). Les trois portails de la seconde moitié du xiiie s. dénotent l'influence de l'art gothique du Nord, de même que les stalles, au style très pur. Des voûtes Plantagenêt couvrent aussi la nef de Sainte-Radegonde.

L'essor de l'art profane date de la période gothique. Du palais des comtes de Poitiers, le palais de justice actuel garde la grande salle, qui remonte au début du xiiie s., mais que le duc de Berry fit embellir vers 1400 d'une cheminée triple associée à un riche fenestrage. Le goût fastueux de ce mécène apparaît aussi dans la tour voisine, dite « Maubergeon », aux contreforts animés de statues des Preux et des Preuses.

Au style flamboyant appartiennent la décoration inférieure du clocher-porche de Sainte-Radegonde, la nef de Saint-Porchaire et surtout le gracieux hôtel Fumé. D'autres logis, notamment celui de Jean Beaucé, portent la marque de la Renaissance. Le principal ensemble du xviie s. est le collège des Jésuites, aujourd'hui lycée ; sa chapelle est encore voûtée d'ogives, mais le goût baroque inspire le grand retable encadrant une Présentation au Temple du peintre flamand Finsonius (Louis Finson [avant 1580-1617]). La part du xviiie s. comprend quelques hôtels et surtout la belle promenade aménagée par l'intendant Paul de La Bourdonnaye de Blossac.

LES MUSÉES DE POITIERS

Le musée Sainte-Croix a été aménagé en 1974 à l'emplacement de l'ancienne abbaye de ce nom (archéologie, sculptures romanes et de la Renaissance, peintures de toutes les écoles européennes, important cabinet des dessins). On visite également le musée du baptistère Saint-Jean (peintures murales des xiie et xiiie s., sarcophages mérovingiens) ainsi que le musée Rupert-de-Chièvres (arts appliqués, folklore).

LE FUTUROSCOPE

Vaste parc d'attractions scientifiques et technologiques, le Futuroscope, ou Parc européen de l'image, a été crée en 1987 à Jaunay-Clan, au Nord de Poitiers. Conçu par l'architecte Denis Laming, il est constitué de différents pavillons aux formes futuristes où dominent le verre et l'acier. De nombreuses innovations en matière de communication y sont présentées : le Kinémax (cinéma à écran plat de 600 m2), l'Omnimax (écran hémisphérique), le Cinéma circulaire, le Tapis magique, le Solido, l'Imax 3D, Images-Studio, le Théâtre alphanumérique, etc.