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Nara

Nara
Nara

Ville du Japon (Honshu), chef-lieu de préfecture, au S. du lac Biwa.

  • Population : 366 528 hab. (recensement de 2010)

Sidérurgie. Tourisme.

L'HISTOIRE DE NARA

Sous le nom de Heijo-kyo, elle fut capitale impériale du Japon de 710 à 784, résidence de la cour de 710 à 794 (époque Tempyo).

Cherchant à briser l'emprise politique des familles du district d'Asuka sur la ville de Fujiwara-kyo, l'impératrice régnante Gemmyo transfère en 710 la capitale plus au nord, sur le site de Nara. Sept empereurs, dont les sépultures jalonnent encore les hauteurs de la ville, s'y succèdent jusqu'en 784. Les échanges avec la Chine des Tang sont alors multiples et fructueux, introduisant au Japon les coutumes du continent par l'intermédiaire des missions politiques et des voyages religieux.

À partir de 784, l'empereur réside à Nagaoka, avant de fixer la capitale à Heian-kyo (aujourd'hui Kyoto) en 794. Après un siècle d'activité intellectuelle et artistique intense, Nara, privée de ses prérogatives impériales, reste pour quelque temps un centre spirituel actif, puis elle devient une petite ville provinciale, à laquelle la sobriété majestueuse de ses temples confère, aujourd'hui encore, un charme inoubliable.

Pour en savoir plus, voir l'article histoire du Japon.

LE PLAN À LA CHINOISE

Heijo-kyo, comme plus tard Heian-kyo, s'inspirait du plan en damier de la métropole chinoise de Changan (aujourd'hui Xi’an). Les rues s'y coupaient à angle droit, déterminant un vaste quadrilatère d'environ 5,7 km du nord au sud sur 4,4 km d'est en ouest. Cependant, les principes de l'urbanisme chinois furent adaptés au système de division des terres préexistant au Japon, si bien que les îlots d'habitation (bô) – 8 îlots est-ouest, 9 îlots nord-sud – étaient de plan carré et non pas rectangulaire comme à Changan. L'ancienne route axiale de la vallée du Yamato devint l'artère principale, qui séparait la ville en deux parties égales, pourvues chacune d'un marché. Cette avenue pénétrait par la porte sud (Rashomon) et aboutissait, au nord, au palais (dairi), près duquel étaient rassemblés les artisans. Les nobles et les religieux logeaient en ville, mais le peuple habitait les alentours. La population (environ 200 000 personnes) comprenait une majorité d'hommes, car beaucoup de fonctionnaires venaient seuls de la campagne pour accomplir leur charge gouvernementale.

Peu après sa fondation, la ville fut agrandie de douze îlots dans le secteur oriental, ce qui créait une irrégularité dans le plan. L'actuelle Nara, située dans la partie est de cette extension, n'englobe donc pas la plupart des temples de la ville ancienne : Daian-ji, Hokke-ji (couvent des nonnes), Yakushi-ji, Toshodai-ji, Saidai-ji.

LES GRANDS TEMPLES

L'adoption du bouddhisme comme religion d'État entraîne l'établissement de nombreuses sectes dans la région de Nara. Sous le patronage de la famille impériale et des aristocrates, les temples se multiplient. Ils sont décorés par les ateliers de la cour, dont les artisans copient et illustrent les sutras (Kalo Genzai Inga-kyo, « Sutra des Causes et des Effets », 735, Kyoto). Au Horyu-ji, construit à l'ouest de Nara au début du viie s. et augmenté de nouvelles structures comme le Yumedono (salle des rêves), s'ajoutent ainsi le Kofuku-ji, le Yakushi-ji, le Todai-ji et le Toshodai-ji. La construction du Todai-ji, temple majeur des fondations de province, nécessita plus de vingt ans de travail. Outre le gigantesque Daibutsu-den (salle du Grand Bouddha), qui abritait une statue en bronze de 17 m de haut, témoin de l'habileté des fondeurs de Nara, le monastère comprenait deux pagodes de sept étages (aujourd'hui disparues), des portes gigantesques (seul demeure le Nandaimon) et de nombreuses annexes. Malheureusement, cet ensemble, comme beaucoup de temples de Nara, fut détruit par des incendies au cours des guerres civiles (fin du xiie s.) et des luttes entre les différentes sectes. Reconstruit chaque fois avec des variantes dans le style comme dans la technique, il a perdu sa grandeur d'origine. Le Shosoin, prototype des structures en bois destinées à contenir les trésors des temples, abrite encore les collections de l'empereur Shomu, offertes par sa veuve en 756 au Todai-ji : laques, textiles, miroirs, instruments de musique, paravent décoré de « beautés sous des arbres » ont été exécutés pour la plupart, sur place, par des émules des artisans chinois.

Le kondo (temple d'or) du Tosho-dai-ji, monastère fondé vers 759 par le moine chinois Ganjin, offre un des rares exemples bien conservés de l'architecture en bois de la fin du viiie s. : toits bas largement débordants, piliers massifs, supports entre les consoles. Dans l'atelier de ce temple furent créées de superbes sculptures en bois massif, imitées des œuvres Tang, mais attestant l'habileté grandissante des praticiens japonais. Le grand art de la statuaire de Nara, dont on peut suivre l'évolution depuis le Yakushi-ji et le Kofuku-ji, sera une source d'inspiration nouvelle pour les sculpteurs du xiiie s. comme Unkei et Tankei.