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Longpont

Commune de l'Aisne, dans le vallon de la Savières (arrondissement de Soissons).

  • Population : 302 hab. (recensement de 2010)

Malgré les ravages subis en 1918 et en 1940, le village conserve des restes importants d'une abbaye cistercienne (xiie s., reconstruite au xiiie s.), sœur de l'abbaye de Royaumont.

HISTOIRE

C'est en 1131 que l'abbaye fut fondée, à l'initiative de Gérard de Chérizy et de Joscelin de Vierzy, évêque de Soissons, qui fit apel à Bernard de Clairvaux. Celui-ci envoya un groupe de douze moines, conduits par son prieur Hugues Pinars. C'est Raoul de Vermandois qui entreprit en 1143 l'édification du monastère. Après la mort, en 1217, d'un des moines, Jean, seigneur de Montmirail, considéré comme un saint homme, sa tombe devint un lieu de miracles, et les demandes de sépultures à l'intérieur du monastère se multiplièrent. Une nouvelle église fut consacrée en 1227, en présence du jeune roi Saint-Louis, et on dut limiter les effectifs des religieux à soixante moines et cinquante frères convers.

À cet apogée succéda une longue période de difficultés : la guerre de Cent Ans, un relâchement de la discipline, les guerres de Religion. Aux xviie et xviiie s. des restaurations furent entreprises, mais en 1724 un incendie détruisit les deux tiers du monastère. La Révolution expulsa les moines, et les bâtiments monastiques, vendus, devinrent des carrières où puisa toute la population des environs. Son rachat, en 1831 par le comte de Montesquiou-Fezensac, mit fin au démantèlement de l'église, mais le monument eut encore à souffrir des deux guerres mondiales.

Ne subsistent aujourd'hui que les ruines de l'église abbatiale (1200-1227), la galerie sud du cloître, et les restes des bâtiments conventuels, transformés en château par la famille de Montesquiou.

Les ruines de l'église, dont le plan au sol reste parfaitement lisible, permettent de reconstituer son état originel ; dans le développement de l'art cistercien au xiiie s., cette abbatiale a valeur de prototype et conjugue deux exigences contradictoires : le désir de faire grand (105 m de longueur pour une hauteur sous voûtes de 35 m), et l'idéal d'austérité imposé par Bernard de Clairvaux. L'élévation, sur trois étages (aracades, triforium, fenêtres) s'alignait sur le modèle nouveau des cathédrales ; tout porte à croire, d'ailleurs, que l'architecte de l'abbaye a travaillé en même temps à la cathédrale de Soissons. La façade occidentale, dont une grande partie a été conservée, observe strictement la règle cistercienne qui bannissait les tours ainsi que les portails trop ornés. La partie centrale, épaulée par deux puissants contreforts, offre une immense rose dépourvue de remplage et un pignon ajouré de façon très originale ; les portails, qui étaient précédés d'un porche, sont surmontés d'arcatures aveugles. La nef comptait dix travées ; il n'en reste que les deux premières arcades du côté nord, avec les deux travées correspondantes du bas-côté, et l'élévation complète de la travée nord qui comprend un faux triforium surmonté d'une grande fenêtre géminée, avec une petite rose à l'écoinçon. Le mur latéral sud est encore tout entier debout, avec ses grands contreforts, les neuf fenêtres et les arrachements des voûtes du collatéral.

Près de l'abbatiale, le château actuel occupe le vaste bâtiment du grand cellier (xiiie s.), profondément remanié au xviiie s. pour loger les hôtes des abbés commendataires et reconstruit en grande partie depuis 1918.