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Kale

dans l'antiquité Myra, en français Myre

Ville de Turquie, à environ 140 km au sud-ouest d'Antalya.

  • Population : 18 000 hab.

Agriculture (légumes, agrumes). Sources minérales.

Ruines de divers monuments d'époques lycienne (ve-ive s. avant J.-C.) et romaine (iie s. après J.-C.). Église Saint-Nicolas (vie-xie s.).

Histoire

Au temps de la Confédération lycienne, Myra était l'une des villes les plus puissantes. Pline l'Ancien (23-79) y mentionne l'existence d'un temple d'Apollon. Au iie s. après J.-C., elle devint une « métropole ». Son port, Andriake, se développa beaucoup sous le règne de l'empereur Trajan, qui s'en servit comme point d'appui maritime pour ses expéditions vers l'Orient et y fit stocker le blé destiné à être exporté vers Rome. À l'époque byzantine, Myra connut un grand essor dû à saint Nicolas qui en fut l'évêque, au début du ive siècle. Elle devint alors le centre économique et politique de toute la Lycie. À partir du viie siècle pourtant, les raids arabes entraînèrent son déclin et la ruine de son église. Au xiie siècle, l'environnement devenu marécageux, les tremblements de terre et l'isolement poussèrent ses derniers habitants à déserter la ville.

L'église Saint-Nicolas

Au ive siècle existait une vaste église dont saint Nicolas fut l'évêque. Après qu'il y fut enterré, la ville devint un grand centre de pèlerinage qui attirait les fidèles non seulement du Proche-Orient mais de toute l'Europe. Détruite par des séismes aux vie et viiie siècles, réaménagée au xie siècle quand y fut annexé un monastère, l'église présente un plan complexe et ses murs témoignent de diverses reconstructions. Le plan de l'église, couverte à l'origine de coupoles, s'inscrit dans un carré. La grande nef centrale est encadrée de deux bas-côtés. Le chœur, en forme de croix grecque, possède un beau pavement de marbre et divers tombeaux dans des niches. Des vestiges de peintures rappellent que tous les murs du sanctuaire devaient en être couverts.

En 1087, alors que la prospérité de la ville avait déjà considérablement décliné, des marchands de Bari vinrent voler le corps de saint Nicolas. Les habitants de Myra racontent toutefois que, lorsqu'ils ouvrirent le tombeau du saint évêque, les voleurs furent étourdis par les émanations parfumées à tel point qu'ils se trompèrent de corps, et que les vénérables reliques de saint Nicolas reposent toujours quelque part dans l'église.

Les monuments antiques

Le théâtre romain

Dans une inscription, un mécène de Rhodiapolis, Opramoas, affirme avoir participé à sa reconstruction après le tremblement de terre de 141 après J.-C. Les 38 rangées de gradins et les longues galeries voûtées qui les soutenaient sont très bien conservées. Contre le mur de la diazoma, on voit encore une statue de Tyché, la déesse de l'Abondance. Le mur de scène était richement décoré, comme en témoignent encore plusieurs masques sculptés dans la pierre, et les fragments de colonnes ou d'entablement finement ornés qui ont été conservés.

Les nécropoles lyciennes

Creusés dans le rocher, à flanc de montagne, les tombeaux reprennent, dans la pierre, une architecture qui était à l'origine en bois ; on remarque ainsi, au-dessus des portes en avancée, les « rouleaux » sculptés dans la pierre : ils correspondent aux troncs d'arbres alignés qui protégeaient les portes des maisons. Les morts étaient mis dans les tombes sur des banquettes ; une petite fosse servait à déposer les offrandes.

Dans une seconde nécropole d'époque lycienne, également creusée dans le rocher, sont encore visibles des tombeaux conçus sur le modèle des temples grecs, avec portiques, corniche et fronton. Certains sont ornés de grands reliefs représentant, héroïsé, le propriétaire de la tombe entouré de sa famille ou d'un prêtre et protégé des dieux.