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Flavigny-sur-Ozerain

Commune de la Côte-d'Or, en Auxois, au sud-est de Montbard.

  • Population : 318 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Flavigniens

Histoire

Le site, en surplomb sur trois vallées – celles de l'Ozerain, de la Recluse et du Verpant – joua depuis la préhistoire et à travers toutes les époques un rôle de refuge : on y a en effet recensé plus d'une trentaine de lieux d'occupation humaine datant du Néolithique, de l'âge du fer et de l'époque gallo-romaine. Ce n'est toutefois qu'en 52 avant Jésus-Christ que le site entre dans l'histoire, lorsque Jules César, qui assiégeait Vercingétorix à Alésia, à quelques kilomètres de là, installa son quartier général et deux camps sur la montagne de Flavigny. Le site prit son nom, un peu plus tard, de celui de son propriétaire, un Romain du nom de Flavinius.

Au viiie siècle, Flavigny, devenu le fief d'un grand seigneur burgonde, Corbon, fut légué par ce dernier à son fils Widerard, qui, vers 730-740, y fonda en une abbaye bénédictine. Au ixe siècle, la translation des reliques de sainte Reine, jusque-là conservées à Alise, transforma le monastère en un important lieu de pèlerinage, à l'origine du développement du bourg, attesté par l'existence d'une église paroissiale (Saint-Genest) dès la fin du xe siècle. Au xvie siècle, pendant la Ligue, Flavigny devint le refuge de la Bourgogne loyaliste, dont elle fut la capitale pendant quelques années. Après les destructions dues aux guerres de Religion, l'abbaye fut relevée à partir de 1618 par les bénédictins de la Réforme de Saint-Maur, et un couvent d'ursulines fut fondé en 1632. En 1784, la bourgade comptait 1 311 habitants, seigneurs, bourgeois, mais surtout petites gens, tanneurs, huiliers, minotiers, tailleurs de pierre, potiers d'étain, verriers, tisserands, etc.

Épargné par la Révolution, Flavigny se mua au xixe siècle en une prospère cité vigneronne (380 hectares de vignes), où se retira le réformateur de l'ordre dominicain, le R. P. Lacordaire qui y installa un noviciat. À la fin du siècle, comme beaucoup de communes viticoles, Flavigny fut ruinée par le phylloxera ; son économie repose aujourd'hui presque exclusivement sur la dernière fabrique des célèbres anis de Flavigny.

LES ANIS DE FLAVIGNY

Les origines de cette friandise demeurent controversées. La légende veut que ce soient les légionnaires de César qui aient introduit ici la culture de l'anis vert, dont les graines auraient été utilisées pour fabriquer des onguents destinés à soigner les blessures et les morsures de vipère. Si rien ne vient attester cette origine lointaine, les chroniques médiévales témoignent toutefois de l'ancienneté de la culture de l'anis dans la région : elles rapportent en effet que les moines qui, au viiie siècle, s'installèrent à Flavigny s'y distinguaient par la culture de l'anis, et que, pour la consécration de leur église abbatiale, en 878, le pape Jean VIII reçut d'eux trois livres de graines de cette plante. La tradition locale veut que ce soient les ursulines, installées à Flavigny depuis 1632, qui auraient mis au point la technique de fabrication, encore suivie aujourd'hui, du célèbre bonbon, alors utilisé comme médicament. Jusqu'à la Révolution, ces religieuses conservèrent d'ailleurs le monopole de la fabrication de ces bonbons parfumés, si réputés que de nombreuses contrefaçons originaires de Troyes ou de Besançon en usurpaient l'appellation. Ce monopole cessa avec la Révolution et, au xixe siècle, on comptait à Flavigny huit usines de bonbons à l'anis. Dès 1923, l'expansion industrielle et la concurrence réduisirent ce nombre à une seule usine, celle de la Maison Troubat, qui exporte aujourd'hui une production annuelle de 250 tonnes de ces petites dragées parfumées.

BEAUX-ARTS

Le bourg conserve de nombreux vestiges de sa longue histoire : remparts, avec la poterne (porte basse du xve s.), dite de la Côte-d'Or ; ruines du couvent des Ursulines (les Castafours) ; nombreuses maisons et hôtels des xiiie, xive, xve et xvie siècles : Maison Lacordaire (ancien logis du grand bailli de l'Auxois, qui abrita le siège du parlement de Bourgogne loyaliste pendant la Ligue, et, au xixe s., le R.P. Lacordaire) ; Portes du Val (la porte intérieure, du xiiie s., qui est un vestige de l'enceinte bâtie autour de l'abbaye, résista au siège par les Anglais, en 1359 ; flanquée de deux tours rondes, la porte extérieure, du xve s., elle, résista aux Ligueurs sous Henri III et Henri IV) ; hôtel Couthier de Souhey (xviiie s.), etc.

L'ancienne abbaye

De l'ancienne abbatiale Saint-Pierre (ixe s.) où, pendant les xiie et xiiie siècles, 800 moines chantaient sans interruption, nuit et jour, le Laus perennis, ne subsistent aujourd'hui que la crypte, où sont conservées les reliques des saints protecteurs de l'abbaye : saint Priest et saint Amarin, puis, à partir de 864, sainte Reine, et une chapelle hexagonale sur fondation circulaire (rotonde carolingienne). Reconstruite à partir de 1618 par les bénédictins de la Réforme de Saint-Maur, l'abbaye abrite aujourd'hui la dernière fabrique d'anis. Un entrepôt lapidaire, qui été aménagé dans une grande salle de style gothique (salle du chapitre ?), conserve notamment un buste de Pépin le Bref.

L'église Saint-Genest

Cet édifice paroissial du xiiie siècle fut élevé à l'emplacement d'un autre plus ancien (vestiges romans) et restauré aux xve, xvie et xviiie siècles. Le clocher s'élève à la croisée du transept. La façade, refaite au xviiie siècle, porte un petit lanternon de la même époque. Le chevet, primitivement plat, a été agrandi vers l'est au xve siècle, et de nombreuses chapelles ont été ajoutées, de chaque côté de l'édifice, au xvie siècle.

L'architecture de la nef est remarquable. Les tribunes voûtées d'ogives sur les bas-côtés et les deux premières travées de la nef sont fermées en avant par un jubé de style gothique flamboyant. Dans une chapelle latérale du xiie siècle est conservé un groupe de la Vierge du Calvaire et de saint Jean l'Évangéliste, en bois peint de l'école de Claus Sluter ; une chapelle romane en berceau brisé abrite un Ange de l'Annonciation du xve siècle. Le transept en surplomb de plusieurs marches par rapport à la nef abrite une belle Vierge allaitant l'Enfant Jésus (xive s.). Le chœur est meublé de 22 stalles en bois (xve s.) d'inspiration flamande, avec de curieuses figurations sculptées (religieux se mouchant dans ses doigts, mendiant se grattant les pieds, etc.) sur les miséricordes et les accoudoirs.