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Chengde

Ville de Chine (Hebei).

  • Population : 410 000 hab.

Située à environ 250 kilomètres au nord-est de Pékin, la ville de Chengde fut le siège de la résidence d'été construite par l'empereur Kangxi et son petit-fils Qianlong. Selon l'Unesco, qui a inscrit la résidence impériale et les temples bouddhiques avoisinants sur la Liste du patrimoine mondial en 1994, en raison de leur intérêt esthétique et historique, il s'agit d'« un vaste ensemble de palais et de bâtiments administratifs et cérémoniels, de temples aux architectures très variées et de jardins impériaux s'intégrant subtilement à un paysage de lacs, de pâturages et de forêts ».

Histoire du site

L'aménagement de Chengde débuta en 1703, sous le règne de l'empereur Qing Kangxi (1662-1722). Le site fut choisi parce que Chengde avait l'avantage sur Pékin d'être plus proche de la steppe, où se tenaient les peuples non-Han, comme les Dzoungares (l'une des tribus formant le groupe des Mongols occidentaux) qui pouvaient inquiéter les Qing.

Au xviiie s., un certain nombre d'Européens se rendit à Chengde. L'ambassade la plus célèbre fut celle que lord Macartney effectua pour le compte de la Grande-Bretagne en 1793. L'envoyé de Londres rencontra l'empereur le 14 septembre ; il lui transmit une lettre de George III, qui demandait que, selon les usages occidentaux, l'empereur acceptât qu'un représentant de la Grande-Bretagne s'établît à Pékin. Cette prétention, tout à fait contraire au protocole chinois, fut rejetée.

En 1796, l'abdication de Qianlong en faveur de Jiaqing marqua le début du déclin de Chengde. Le site fut quasiment abandonné au xixe s. En 1860, l'impératrice Cixi y trouva refuge, alors que le palais d'Été de Pékin était mis à sac par les Occidentaux. Enfin, en 1933, les palais de Chengde furent de nouveau saccagés par les Japonais qui occupaient la Chine.

La résidence impériale

La résidence de montagne impériale occupe une superficie de 560 ha ; un douzième de la superficie est occupé par un lac. Chengde est connu pour la variété de ses paysages naturels. Une centaine de sites panoramiques y avaient été aménagés, dont trente-six conçus par Kangxi et autant par Qianlong. Les jardins étaient agrémentés de nombreux pavillons, inspirés d'autres pavillons célèbres du sud-est de l'empire comme le Yanyu Lou (« Pavillon de la Bruine » ou « des Brouillards et des Pluies », de Jiaxing, datant du xe s.), ou encore de paysages rappelant d'autres régions de Chine, comme le Xiao Jinshan (« Petite Colline d'or » de Zhenjiang, sur le Yangzi), ou le Wenyuan, l'un des jardins de Suzhou.

De dimensions modestes, le palais où résidait l'empereur comporte trois résidences, ordonnées autour de cours. Les tuiles des toits ne sont pas vernissées, et les poutres ne sont ni peintes ni sculptées. Cette sobriété est typique du style de la Chine du Nord.

Chengde comptait une immense bibliothèque impériale, le Wenjinge, qui abrita l'une des sept copies du Siku quanshu, énorme compilation des connaissances chinoises (canons classiques, philosophie et histoire) et des œuvres littéraires, réalisée en 1772 et 1782. Il ne subsiste aujourd'hui que quelques vestiges de ce bâtiment.

Les temples lamaïques

En dehors de l'enceinte de la cité impériale furent construits une vingtaine de temples bouddhiques. Huit d'entre eux subsistent aujourd'hui. Certains de ces temples ayant été élevés pour des dignitaires tibétains ou mongols, le programme décoratif est soit tibétain ou mongol (comme dans la Xuguangge, « Salle de la Clarté » du Pule si).

Les Pushan si et Puren si (temples de la Bonté universelle et de la Bienveillance universelle), aujourd'hui en ruine, furent construits en 1713, à l'occasion du soixantième anniversaire de l'empereur Kangxi et pour symboliser le rapprochement des Qing avec les princes mongols orientaux face à la menace de la Russie et des Dzoungares. Qianlong reprit cette tradition à son compte. Le Puning si (temple de la Paix universelle) commémore la paix avec les Dzoungares. Le temple de la Pacification des lointains, élevé en 1764, reprend le modèle d'un sanctuaire mongol de la vallée de l'Ili. Le Pule si (temple de la Joie universelle) fut élevé en 1766 pour accueillir les différentes légations des tribus des marches du Nord-Ouest, le Xinjiang, dont Qianlong venait d'achever la conquête. Le Putuozong shengmiao (temple de l'École du Potala) fut élevé entre 1767 et 1771 pour le soixantième anniversaire de Qianlong et pour commémorer l'hommage rendu aux Qing par les princes mongols soumis. Le Shuxiang si (temple du bodhisattva Manjusri) fut bâti en 1774, pour l'usage exclusif des lamas mandchous, sur le modèle d'un temple du Shanxi (Wutaishan) ; ce temple servit de bureau de traduction du canon bouddhique en mandchou. Enfin, le Xumifushou miao (temple du Bonheur et de la Longévité au mont Sumeru) fut édifié sur le modèle du temple de Tashilumpo en 1780, à l'occasion de la visite du sixième panchen-lama, pour faciliter ses exercices de méditation.