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Ankara

anciennement Angora

Ankara
Ankara

Capitale de la Turquie, dans l'Anatolie centrale, à près de 1 000 m d'altitude.

  • Population pour l'agglomération (y compris Altindag, Cankaya, Etimesgut, Golbasi, Kecioren, Mamak, Sincan et Yenimahalle) : 4 193 850 hab. (estimation pour 2011)
  • Nom des habitants : Ankariens

De climat rude, à 950-1 000 m d'altitude, Ankara comporte, autour d'un noyau central planifié, d'immenses quartiers périphériques d'habitats sommaires, qui abritent la majorité de la population et traduisent la croissance très rapide de l'agglomération pendant plusieurs décennies. Groupant l'administration centrale et les classes politiques dirigeantes du pays, autour desquelles gravite une énorme population artisanale et de services, possédant une importante fonction universitaire et une garnison nombreuse, Ankara n'a pas d'activités commerciales ou industrielles notables.

Ankara est la deuxième plus grande agglomération de la Turquie, après Istanbul.

Ankara, histoire d'une ville ottomane traditionnelle

Ankara appartient à la famille des villes de bordure de la steppe centre-anatolienne, au contact des chaînes septentrionales. Son originalité est d'être située sur la route qui longe au nord la steppe, au point où s'en détachent les voies qui mènent vers la Cappadoce et les portes de Cilicie. La fortune de cette situation urbaine ne pouvait être due qu'à l'existence d'un pouvoir s'étendant à la fois sur l'Asie Mineure et le Levant, et permettant l'organisation d'un grand commerce, ce qui ne fut réalisé que par la paix romaine. Jusque-là simple étape sur la « route royale » de l'Empire perse, qui contournait au nord la steppe, la ville acquérait dès lors une fonction de carrefour.

Entre des massifs dont l'altitude oscille entre 1 700 et 1 900 m au nord, et une steppe plus basse (de 1 000 à 1 200 m) et peu ondulée au sud s'élève à près de 1 000 m un piton volcanique dans une dépression, lieu de confluence de trois rivières. Dans ce site, de petite localité fortifiée, s'établit un village phrygien. La bourgade, connue sous le nom d'Ankyra (Ancyre) à l'époque achéménide, devient par la suite une modeste agglomération galate. À l'époque romaine seulement, Ancyre s'étend assez largement dans la plaine, où s'édifient thermes et temples, symbole de sa prospérité commerciale et de son rôle administratif de capitale de la province romaine de Galatie. En 51, saint Paul y fonde une communauté chrétienne. Elle se replie sur son site primitif aux époques byzantine et ottomane. Elle appartient définitivement aux Turcs à partir du xiie siècle. À ce moment, la fonction routière et de relais de la ville diminue, en même temps que le commerce d'ensemble de l'Anatolie (la route la plus fréquentée vers le Levant passe de nouveau par le sud de la steppe et Konya).

Ankara joue alors le rôle de centre régional. Au cœur de la zone d'élevage des chèvres à long poil (chèvres d'Angora), la ville exporte la laine et devient un actif centre d'artisanat de filature et de tissage, qui paraît avoir approché 50 000 habitants au début du xixe siècle. Cette prospérité est anéantie par la ruine de la filature (concurrencée à partir de 1840 par l'industrie occidentale) et par la chute des exportations de la matière première (quand des chèvres d'Angora seront élevées en Afrique australe, à partir de 1880). La population retombe au-dessous de 30 000 habitants au début du xxe siècle, et Ankara n'est plus qu'un modeste centre de distribution de produits importés, auquel, en 1914, l'arrivée du chemin de fer et sa fonction, toute provisoire, de tête de pont ferroviaire de l'embranchement du chemin de fer de Bagdad (qui, se détachant à Eskisehir de la voie principale, progresse le long de la bordure nord de la steppe) vont redonner une certaine activité.

Le choix d'Ankara comme capitale

Mais rien ne laisse prévoir le développement futur de la ville. Le choix d'Ankara comme siège du Comité national turc, puis comme capitale, événement décisif dans l'évolution de la ville, sera le résultat, après la Première Guerre mondiale et le démembrement de l'Empire ottoman, d'un ensemble de facteurs convergents, parmi lesquels les conditions stratégiques de l'époque seront prédominantes. La présence de troupes franco-arméniennes en Cilicie et les révoltes des Kurdes dans l'Anatolie du Sud-Est amènent le déplacement du siège du Comité national d'abord d'Erzurum à Sivas. À l'ouest, la présence des forces alliées franco-anglaises à Istanbul, des forces grecques à Smyrne et des forces italiennes en Pamphylie impose de choisir un centre sur le plateau, à l'écart des diverses menaces possibles. Quatre villes de taille relativement importante sont sur les rangs : Kayseri, Sivas, Konya et Ankara. Mais les deux premières ne disposent pas encore de la voie ferrée, élément de liaison décisif avec Istanbul, où demeure le sultan et où se réunira la première assemblée jusqu'à sa dissolution par les Alliés en mars 1920. Konya est trop proche des côtes méridionales et cette ville traditionaliste n'est d'ailleurs guère favorable au nouveau gouvernement. Le choix d'Ankara est donc logique, et la nouvelle assemblée s'y réunit en avril 1920. Quand, en 1923, après la guerre turco-grecque, il faut désigner une capitale définitive, Ankara occupe une position centrale, ce qui assure son choix à la tête d'un État replié sur l'Anatolie. Istanbul, trop périphérique, symbolise aussi une certaine attitude de compromission avec l'étranger, que renforce encore le caractère cosmopolite de sa population. Les préférences sentimentales issues du rôle d'Ankara pendant la guerre achèvent de jouer en sa faveur et conduisent à pérenniser une fonction jusque-là provisoire.

Le plan de la ville

Le développement de l'agglomération s'est tout naturellement orienté vers le sud, dans le bassin et sur les pentes faciles situées au-delà des vallées. Un facteur supplémentaire vient préciser l'axe de croissance. Pendant la guerre, l'administration s'est tant bien que mal entassée dans la vieille ville perchée sur son rocher. Néanmoins, on a dû utiliser toutes les possibilités de logement praticables dans la campagne environnante. Le président du Comité national et plusieurs ministres se sont ainsi installés dans le petit noyau rural de Çankaya, à quelques kilomètres au sud. Atatürk décide d'y fixer le siège de la présidence, dans un site champêtre qu'il a apprécié. Quand l'urbaniste allemand Hermann Jansen établit, à partir de 1927, le plan de développement, il est naturellement conduit à le concevoir autour d'un grand axe de communication nord-sud, l'actuel boulevard Atatürk, reliant l'ancien noyau urbain de la vieille ville au nouveau pôle de croissance, où se concentrent les fonctions politiques.

Les différents quartiers d'Ankara

La structure de la ville est ainsi typiquement polynucléaire. Accolée à la citadelle, la vieille ville conserve une fonction résidentielle mêlée à la fonction commerciale traditionnelle. À son pied sud se placent les quartiers commerçants et d'affaires (place Ulus). Le centre commercial de Kizilay est séparé de celui d'Ulus par un noyau culturel et par la « coupure verte » accompagnant la voie ferrée. Au-delà s'étendent les quartiers résidentiels de type moderne (Yenişehir). Des bâtiments universitaires ou officiels se dispersent le long du boulevard Atatürk qui conduit aux quartiers de résidence élégants, groupant en outre l'essentiel de la fonction politique (ministères et ambassades), de Kavaklıdere (le « vallon des peupliers ») et de Çankaya. De chaque côté, des quartiers résidentiels à faible densité, égayés par la plantation de milliers d'arbres, étaient destinés aux différentes classes sociales. Les quartiers planifiés ne parvenant pas à accueillir tous les nouveaux habitants, les gecekondu s'insinuèrent dans tous les espaces demeurés libres, entre autres la colline escarpée d'Altindag, au nord, en face de la citadelle : ces quartiers spontanés, semi-ruraux, très denses comportent des lotissements organisés, mais aussi des additions parasites, zones hybrides d'habitats médiocres et d'artisanat le long des vallées, zones d'habitats sommaires (de caractère semi-rural d'ailleurs, plus que véritables bidonvilles) dispersées sans ordre. La ville a accueilli un très grand nombre de migrants ruraux venant du plateau anatolien et l'essor de la population a été spectaculaire : 74 000 habitants en 1927, 288 000 en 1950, plus de 900 000 en 1965, plus de 1 200 000 en 1970, plus de 3 900 000 aujourd'hui. Mais l'activité urbaine n'a d'autre base que la centralisation considérable d'un régime fortement étatisé. Services publics et professions libérales dominent largement dans la population active, devançant le commerce et les transports et le secteur secondaire, essentiellement fondé sur l'artisanat. Les habitants sans profession définie constituent plus du tiers de la population active. La ville, qui n'est ni commerçante ni vraiment industrielle, apparaît ainsi sans fondements économiques réels en dehors de sa fonction même de capitale. La progression de la population employée dans le secteur secondaire est néanmoins régulière, mais est due surtout à la croissance de l'artisanat. Les quelques industries présentes sont des industries métallurgique, textile et chimique.

Le climat d'Ankara

Le climat d'Ankara est tempéré à tendance continentale. L'été est chaud et sec, l'hiver froid et humide. Les précipitations sont assez faibles (346 mm par an) et tombent surtout de novembre à mai et sous forme de neige. Les températures moyennes oscillent entre 23 °C en août (31 °C maximum et 15 °C minimum en moyenne journalière) et 0 °C en janvier (6 °C maximum et – 2 °C minimum), soit 23 °C d'amplitude thermique annuelle, pour une moyenne annuelle de 12 °C.

BEAUX-ARTS

La ville témoigne de son passé par d'importants monuments romains d'époque impériale (temple d'Auguste aux murs gravés des Res gestae Divi Augusti [testament de l'empereur, dont l'original était gravé sur les piliers devant son mausolée à Rome], thermes de Caracalla, colonne attribuée à Julien). Elle possède aussi de beaux monuments seldjoukides et ottomans de valeur, dont la mosquée Aslanhane du xiiie s. De riches musées y sont consacrés aux civilisations anatoliennes (périodes néolithique et hittite) et à l'art islamique.