En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Aix-la-Chapelle

en allemand Aachen

Aix-la-Chapelle
Aix-la-Chapelle

Ville d'Allemagne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), près des frontières belge et néerlandaise.

  • Population : 236 420 hab. (recensement de 2011)

À proximité de gisements charbonniers (houille et surtout lignite), centre administratif, commercial, culturel et industriel.

L'HISTOIRE D'AIX-LA-CHAPELLE

Lieu habité dans l'Antiquité, favorisé par la présence de sources thermales (les eaux d'Apollon Grannus, Aquae Grani, Aquis Granum), Aix-la-Chapelle a acquis toute son importance à partir du viiie s. Pépin le Bref y avait un palais. Charlemagne aimait ses eaux : il y vint de plus en plus fréquemment à partir de 784, tous les ans après 794 et ne s'en éloigna guère à dater de 805. Il en avait fait une véritable capitale autour du palais reconstruit, d'une étendue de 3 à 4 ha et qui englobait dans son enceinte rectangulaire une ville entière, avec caserne, hospice, gynécée, cours, salles (l'Aula regia pour les grandes assemblées) et chapelle (qui a donné son nom moderne à la ville). Il y avait attiré de savants clercs et créé une école qui devint célèbre. De nombreux conciles s'y tinrent au ixe s. La plupart (en 801-802, 813, 816-817, 836) portèrent sur la discipline ecclésiastique.

Sous Louis le Pieux, Lothaire Ier et Lothaire II, Aix demeura une capitale aussi bien intellectuelle que politique. Après une éclipse due aux ravages des Normands en 881, elle retrouva son éclat passé, sans recouvrer son rôle de capitale : elle fut jusqu'en 1531 le lieu du sacre des empereurs.

Les chansons de geste célébrèrent le palais et la chapelle où était enterré le grand empereur ; les reliques que celui-ci y avait réunies attirèrent les pèlerins. Dès l'époque carolingienne, les marchands y affluèrent, pourvoyant la cour en articles de luxe, en soieries, en ivoires. La foire annuelle d'Aix, à dater de 1359, fut d'importance internationale : ses participants obtinrent des franchises du roi de France (1369). À partir de 1450, les gildes prirent part au gouvernement municipal.

Au xvie et au xviie s., Aix souffrit des guerres de Religion : les protestants y dominèrent de 1581 à 1597 et de 1608 à 1614, date à laquelle Spinola et ses troupes espagnoles les chassèrent. La ville fut dévastée par un incendie en 1656.

Les troupes de Dumouriez s'en emparèrent en 1792, et les Français l'annexèrent (1794-1814). Aix devint le chef-lieu du département de la Roer et, en 1815, fut attribuée à la Prusse.En 1918, la ville fut occupée par les troupes franco-belges. Elle souffrit des bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale.

AIX-LA-CHAPELLE, VILLE D'ART

Introduction

La structure de l'ancienne ville se retrouve aisément dans l'Aix actuelle : une cellule centrale constituée par la « Pfalz » carolingienne (palais ou plutôt complexe de résidence) et deux enceintes sensiblement concentriques, qui définissent des états successifs de la ville.

La cellule centrale

La chapelle Palatine en était l'élément principal ; consacrée en 805 par le pape Léon III, elle est devenue cathédrale en 1930. On désigne souvent ce monument majeur de l'Occident sous le nom d'« octogone » ; en réalité, sa forme est extérieurement celle d'un polygone à grand nombre de côtés, et c'est la figure déterminée par les piliers internes qui est un octogone, de même que la coupole qui coiffe cette partie. Entre l'octogone et le polygone règnent des bas-côtés voûtés d'arêtes ; la partie interne est à deux étages avec, en bas, huit piliers massifs séparant d'assez larges ouvertures, tandis qu'à l'étage des tribunes les ouvertures sont divisées par deux rangs de colonnes superposées, dont certaines proviennent de monuments antiques. Les belles grilles des tribunes ont été coulées dans la fonderie même d'Aix, comme, sans doute, les portes massives ornées de mufles de lions. L'architecte fut un certain Eudes de Metz, mais les ouvriers vinrent de diverses régions. Outre San Vitale de Ravenne, divers édifices orientaux ont dû servir de modèles.

Dans l'octogone est suspendu un vaste lustre de cuivre repoussé, œuvre exécutée de 1156 à 1184 par l'orfèvre Wibert. Divers ouvrages fameux y sont conservés, dont un sarcophage dit « sarcophage de Proserpine », où furent déposés les restes de Charlemagne lors de leur première translation, en 1165. L'octogone possède plusieurs annexes, en particulier le chœur gothique construit de 1355 à 1414 ; son architecture très élancée, à grands vitraux, a été justement comparée à celle de la Sainte-Chapelle de Paris et il est orné d'un cycle de remarquables sculptures, notamment des anges musiciens. Une autre annexe est la chapelle dite « hongroise », du xive s., richement ornée de stucs au xviiie s. Maintes fois l'intérieur de l'octogone, dont la maçonnerie est toujours restée irréprochable, a été restauré. La coupole était ornée d'une grande mosaïque, qui fut abattue en 1719 et remplacée au xixe s. par une restitution prétendument conforme d'Antonio Salviati.

Le trésor de la cathédrale, aujourd'hui au cloître, est demeuré fort riche malgré des pertes importantes. Une des pièces les plus illustres est la croix dite « de Lothaire » (xe s.), à noyau de bois revêtu d'une feuille d'or, ornée de filigranes, de pierres précieuses et d'un camée portant le profil de l'empereur Auguste. On y conserve aussi deux châsses, celle de l'empereur (début du xiiie s.), destinée à contenir les restes de Charlemagne après leur seconde translation en 1215, et celle de la Vierge (1237). Signalons enfin un imposant buste de l'empereur (xive s.).

Une galerie de communication aboutissant au voisinage de l'entrée de l'octogone, et sous laquelle s'ouvrait un portail, reliait la chapelle à la salle impériale (Aula regia, Königshalle), qui a fait place à l'hôtel de ville, construit de 1333 à 1376. Celui-ci a été fâcheusement restauré, puis incendié par les bombardements, et il n'en reste, au second étage, que l'actuelle « salle impériale », qui conserve une faible partie des fresques sur l'histoire de Charlemagne entreprises par Alfred Rethel en 1847. Par la qualité de leur composition, surtout, ces fresques auraient pu être un des rares ensembles monumentaux de valeur de la peinture allemande du xixe s., mais elles furent achevées par un élève, puis subirent les mêmes dommages que l'édifice. L'une des meilleures est l'Entrée de Charlemagne à Pavie, d'une tenue grave et imposante.

Les enceintes

De la première enceinte, élevée vers 1170, il ne reste pratiquement rien. La croissance de la ville était alors relativement rapide, et la seconde enceinte fut terminée vers 1320. Sur les onze portes et les vingt-deux tours qu'elle possédait, il subsiste deux tours et quatre portes, dont les plus imposantes sont la Marschiertor et surtout la Ponttor, mais la muraille n'existe plus entre elles.

La ville

Si le tracé des rues de l'ancienne cité est passablement anarchique, Aix-la-Chapelle est dépourvue de ce pittoresque qu'offrent si souvent les villes allemandes. Elle a en effet subi en 1656 un incendie qui anéantit une grande partie des maisons. Il s'y est ajouté les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Du Moyen Âge, on ne trouve guère qu'une façade de l'ancien hôtel de ville (Grashaus), élevé en 1267, qui contient aujourd'hui les archives de la ville. Les anciennes églises médiévales Sankt Foillan, Sankt Paul, Sankt Nikolaus ont été en grande partie refaites. L'église Sankt Michael, église des Jésuites construite de 1618 à 1628 et restaurée après 1656, présente l'aspect néo-gothique qui fut de mode pendant une certaine période dans la région rhénane.

Cependant, Aix eut la bonne fortune de posséder, dans la seconde partie du xviiie s., deux excellents architectes, Johann Joseph Couven (1701-1763) et son fils Jakob Couven (1735-1812), dont le style châtié est cependant assez personnel pour qu'on ait pu parler d'un « style Couven », propre à Aix-la-Chapelle, mais répandu également dans la région du Bas-Rhin. Ces deux architectes, également très bons dessinateurs de stucs, profitèrent du développement, à cette époque, des installations balnéaires. La réfection de l'hôtel de ville par le père, avec son grand perron extérieur, n'a malheureusement pas subsisté, mais l'établissement de bains (Nouvelle Redoute) par le fils est d'une magnificence pleine de goût.

Les promenades, les parcs et la vie balnéaire se sont portés surtout au nord de la ville. En 1897, le faubourg de Burtscheid a été incorporé à Aix, qui s'est trouvée de la sorte en possession de l'église abbatiale de Sankt Johann-Baptist, chef-d'œuvre du premier des Couven, qui a gardé sa décoration de stucs.

LES MUSÉES D'AIX-LA-CHAPELLE

Le musée Suermondt, le plus important de la ville, est d'origine privée et a pris le nom d'un collectionneur qui légua ses objets d'art à la ville, notamment des peintures des Pays-Bas des xve et xvie s. Depuis, le musée s'est surtout enrichi en sculptures médiévales sur bois.

le musée Couven, dans une maison construite par Jakob Couven, perpétue le souvenir des deux architectes (reconstitution de la vie bourgeoise d'Aix).

Historique de la Ville, dans un ancien château (Burg Frankenberg) ; Nouvelle Galerie (art contemporain).

LA MUSIQUE À AIX-LA-CHAPELLE

Aix-la-Chapelle fut, dès le viiie s., un foyer de vie musicale : Charlemagne y fonda la Schola Palatina. Dans son Dodecachordon, Glarean mentionne les maîtres polyphonistes d'Aix-la-Chapelle Adam Luyr, Thomas Tzamen, l'organiste Richard Mangon, Jean Mangon, maître de chapelle au répertoire très étendu. À Aix, choisie avec Cologne pour le festival rhénan, les plus grands artistes et compositeurs du xixe s. se firent entendre. À la maîtrise de la cathédrale, le chant grégorien et l'art polyphonique de la Renaissance constituent la base de l'enseignement et l'Aachener Madrigalchor demeure l'un des ensembles les plus réputés d'Allemagne.