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tétras des prairies

Tétras
Tétras

C'est à ses cris qui résonnent dans les grandes plaines nord-américaines que le tétras des prairies doit son nom latin de Tympanuchus, du grec tumpanon, tambour.

Introduction

Avec son plumage strié à dominante plutôt brune, qui le rapproche des poulets domestiques (d'où son nom anglais de prairie chicken, « poule des prairies »), le tétras des prairies appartient à un très ancien et vaste groupe, celui des coqs, des cailles, des perdrix, des francolins, des pintades, des dindons, des faisans et des paons. Si l'on sait que cet ordre – celui des galliformes – remonte à quelque 68 millions d'années, les relations évolutives au sein de ce groupe ne sont pas clairement élucidées.

C'est au miocène inférieur, il y a environ 20 millions d'années, que serait apparue, en Amérique du Nord, la lignée des tétras. Parmi les fossiles mis au jour figurent Palaealectoris incertus, du Nebraska, Tympanuchus stirtoni, du Dakota du Sud, l'ancêtre du tétras des prairies, et Tympanuchus lulli, du New Jersey. En Europe, on trouve des fossiles de tétraonidés à partir du pliocène inférieur, il y a environ 5 millions d'années, avec, par exemple, Tetrao conjugens, mis au jour en Pologne et en Hongrie, et Tetrao macropus, trouvé en Bulgarie. Les genres Dendragapus, Tetrastes, Tympanachus, Lylurus et Lagopus se diversifient au cours du pléistocène.

 Actuellement, les tétras et leurs proches cousins sont répartis sur le paléarctique, de l'Europe au Kamtchatka et en Amérique du Nord.

La vie du tétras des prairies

Une vie cachée au milieu des herbes

Les tétras des prairies mènent une vie diurne. La nuit, ils se reposent, dissimulés dans les hautes herbes des prairies marécageuses ou, en hiver, dans des poches qu'ils creusent dans la neige. On ne les voit presque jamais perchés dans les arbres.

Un régime surtout végétarien

Du printemps à la fin de l'été, les tétras des prairies consomment surtout des végétaux, mais ne dédaignent pas pour autant les insectes. Le reste de l'année, ils s'alimentent de graines, d'herbes sauvages, de fruits, de baies et de feuilles.

De petites migrations variables

Dès la fin de l'été, les tétras des prairies se déplacent, et certains leurs mouvements prennent, par leur envergure et leur orientation bien définie, l'allure de véritables migrations. L'ampleur des distances parcourues (de 5 à 20 km) est certes relativement faible si on la compare aux mouvements des grands oiseaux migrateurs, comme ceux des oies ou des grues. Ces déplacements varient en outre d'une année à l'autre, mais aussi selon l'âge et le sexe des oiseaux. Les jeunes vont plus loin que les autres (jusqu'à 50 km). Les femelles adultes sont plus migratrices que les mâles et parcourent de plus grandes distances. Dans le Wisconsin, par exemple, des biologistes américains ont bagué et suivi des oiseaux durant l'automne. Les résultats leurs observations montrent que, sur 400 femelles, 51,5 % avaient parcouru plus de 5 km, alors que, sur 1 055 mâles, le pourcentage n'était que de 22,2 %. De même, 31,4 % des 318 jeunes suivis avaient parcouru plus de 5 km contre 14,3 % des 223 adultes.

Les déplacements s'effectuent de façon très discontinue, suivant les ressources disponibles et en fonction de la présence d'éventuels prédateurs.

En hiver, les oiseaux se rassemblent en bandes atteignant, voire dépassant, la centaine d'individus. Ces groupes vont errer pendant les mois froids, se déplaçant en fonction du gel et de l'enneigement. Mais, à partir de février, ils se fractionnent et, durant tout le printemps, les mâles se rassemblent en vue de la reproduction sur des aires traditionnelles, appelées « leks », qu'ils fréquentent chaque année, souvent pendant des décennies.

Un gésier à toute épreuve

Un gésier à toute épreuve



L'appareil digestif des tétras des prairies est bien adapté à leur régime alimentaire, végétarien, mais composé d'aliments durs. Les parois du gésier comportent un grand nombre de muscles qui contribuent à l'écrasement des graines constituant l'essentiel leur nourriture. Ils avalent aussi des graviers, qui servent à broyer les aliments.

Des combats très spectaculaires

Lorsque la clémence printanière découvre les sols, les tétras des prairies mâles se rassemblent sur les leks pour y attirer les femelles. Le partage du lek est très hiérarchisé, le centre représentant l'endroit le plus prisé. C'est là que se regroupent de 15 à 20 mâles dominants, chacun établissant un territoire de 500 m2 environ. Autour de ce noyau permanent, d'autres mâles viennent constituer les populations périphériques. Au sein du noyau central, la concurrence est rude et les mâles doivent défendre farouchement leur territoire.

Le déclenchement des hostilités dépend de la distance qui sépare deux oiseaux. S'ils sont éloignés de 60 cm environ, ils se font face, en posture d'intimidation, afin que l'un des deux recule, mais le conflit n'éclate pas. En revanche, si cette distance se réduit à 50 cm, c'est l'attaque immédiate. Les oiseaux se ramassent sur leurs pattes, puis se détendent soudainement, sautent sur leur adversaire et se livrent à un véritable combat de coqs. Souvent, les deux combattants se cognent l'un à l'autre alors qu'ils sont en l'air, à grands renforts de coups de poitrine, de bec et d'ailes.

Toutefois, si ces affrontements provoquent un effet spectaculaire certain, ils ne représentent pas de réel danger pour les adversaires. Mais, si, lors du combat, l'un des deux oiseaux tombe sur le territoire de l'autre, les coups redoublent et deviennent plus violents. Alors que les deux mâles sont occupés à se bagarrer, les autres en profitent bien évidemment pour tenter d'investir la place centrale.

Un courtisan acharné et inventif

L'aire de parade est une petite surface allant de un demi-hectare à plus de un hectare, au sein d'une prairie bien dégagée où l'herbe est rase sur un repli de terrain. Les tétras des prairies ne fréquentent ces leks que durant les deux ou trois premières heures qui suivent le lever du jour et pendant celles qui précèdent le coucher du soleil. L'activité des oiseaux va dépendre des conditions météorologiques : trop de vent ou de pluie empêche la bonne diffusion leurs cris gutturaux et, par conséquent, gêne les parades elles-mêmes. De même, quand la température est trop basse, les oiseaux font peu de démonstrations.

Une danse rituelle

La parade commence par une brève course à travers le territoire. Puis le mâle s'arrête brusquement et piétine le sol. Un piétinement dont le bruit ne s'entend guère qu'à 8 ou 10 m. L'oiseau tend son cou en avant, l'abaisse et le redresse. Il fait saillir ainsi les deux touffes de longues plumes lancéolées qui ornent chaque côté de son cou. Il baisse les ailes en écartant les rémiges (ou plumes de la main) et en les maintenant serrées contre son corps et ses pattes, tandis qu'il hérisse les plumes de sa queue, exposant ainsi la touffe blanche située en dessous.

Un chant qui porte loin

Les attitudes de parade des mâles s'accompagnent de cris gutturaux. Pour émettre son chant, l'oiseau emplit d'air son sac vocal, ce qui provoque le gonflement des zones de peau nue orange (ou aptéries) de chaque côté de son cou.

Le bec est fermé, la langue collée au palais, la glotte s'ouvre directement devant l'œsophage, ce qui force l'air des poumons à détendre la partie antérieure de ce dernier. L'œsophage joue alors le rôle de caisse de résonance pour les sons émis par les vibrations de la syrinx, organe situé au point de jonction de la trachée et des deux bronches.

Ces sons graves portent à 2 ou 3 km, parfois plus si les conditions de propagation sont bonnes. En même temps qu'il émet son chant, le mâle déploie et replie rapidement l'éventail des plumes de sa queue. Des études menées sur les chants des tétras ont montré que la fréquence des sons émis par Tympanuchus cupido pinnatus et Tympanuchus cupido attwateri duest de 300 Hz, tandis que celle des chants du tétras pâle (Tympanuchus pallidicinctus) est de 750 Hz (donc plus aiguë). De plus, chaque phase de ce chant dure deux secondes chez les deux premiers, et 0,6 seconde chez le troisième.

Une indifférence feinte

La femelle, passive, se laisse séduire, en apparence tout au moins. Elle s'introduit au milieu des mâles, feignant de chercher sa nourriture. Aussitôt, ceux-ci réagissent par des courbettes, couchant pratiquement tout l'avant de leur corps sur le sol et élargissant au maximum les caroncules charnues et jaunes situées au-dessus de leurs yeux. Ils tournent autour d'elle en intensifiant leurs chants.

Les mâles subalternes, situés à la périphérie, sautent en l'air à qui mieux mieux et se lancent dans de petits vols papillonnants, au terme desquels ils reviennent à peu près à leur point de départ. Ces vols sont accompagnés de caquètements tout à fait caractéristiques. Lorsque les femelles tentent de rejoindre en groupes le centre du lek, les conflits naissent entre elles, et une hiérarchie s'établit entre femelles dominantes et femelles subordonnées.

Une mère vigilante et protectrice

Après les parades du mâle, la femelle indique qu'elle est prête en s'accroupissant tout en écartant légèrement les ailes, la tête relevée et le cou allongé. Le mâle monte alors sur elle, l'enveloppe de ses ailes grandes ouvertes et saisit avec son bec les plumes de son cou.

Mâles et femelles ont plusieurs partenaires. Selon certaines observations, pendant un cycle annuel de reproduction, les femelles visitent le lek en moyenne trois jours consécutifs avant de s'accoupler et n'y reviennent plus, sauf si la nichée a échoué. Dans ce cas, elles retournent au lek afin de préparer une ponte de remplacement.

Une hiérarchie impressionnante

L'existence de hiérarchie de type dominant-dominé, tant chez les mâles que chez les femelles, est manifeste tout au long des parades et lors de l'accouplement. Ainsi, chez les mâles, deux dominants uniques, occupant une position centrale sur le lek, peuvent effectuer jusqu'à 84 % des accouplements, 70 % d'entre eux étant le fait d'un seul de ces deux mâles. Chez les femelles, la dominante empêche les autres de s'accoupler avant elle.

Un nid lointain et camouflé

Après l'accouplement, la femelle va nicher seule. Elle installe son nid à une bonne distance du lek (entre 1 et 3 km), parfois même plus près d'une autre arène que celle où elle a été fécondée. Le nid est souvent situé à même le sol, dans un petit creux que souvent l'oiseau agrandit. Il peut être placé sous une grosse touffe herbacée ou sous un buisson, en tout cas dans un endroit où la végétation camoufle la couveuse. Celle-ci garnit cette cuvette d'herbes et de feuilles, ou se contente de piétiner la végétation qui s'y trouve. Les premières pontes produisent fréquemment de 12 à 14 œufs, mais on a enregistré des variations allant de 7 à 17 œufs. Les pontes plus tardives n'en comptent que de 7 à 10. Certains chercheurs estiment que la cadence de la ponte est proportionnée au nombre d'œufs, mais les études de l'écologue américain W. D. Svedarsky, dans le Minnesota, ont montré que les œufs étaient pondus à un jour d'intervalle et que la ponte commence en moyenne trois ou quatre jours après l'accouplement.

L'incubation débute en général avec l'arrivée du dernier œuf, mais elle peut aussi commencer bien avant ou, au contraire, plusieurs jours après. Le mâle ne couvant pas, la femelle reste constamment sur le nid, à l'exception d'une sortie tôt le matin et d'une autre en fin d'après-midi pour sa nourriture. Elle effectue ces allées et venues de manière très discrète.

Une surveillance sans cesse renouvelée

Au bout de 23 à 26 jours, les éclosions ont lieu, et s'échelonnent sur 48 heures. Les poussins naissent la tête tachetée, le corps recouvert d'un duvet jaune moutarde avec une teinte roussâtre et des lignes sombres plus ou moins marquées sur le dos. 24 heures après la naissance de tous les poussins, le nid est déserté. La couvée circule alors sous la haute protection de la femelle qui, pour éloigner les prédateurs de sa progéniture, attire ceux-ci vers elle puis se met à courir en se dandinant, ailes pendantes, tête et cou baissés, en émettant des caquètements sourds. Les jeunes restent avec leur mère jusqu'à l'âge de 6 à 8 semaines.

On estime que de 46 à 50 % des pontes donnent des œufs, dont 83 à 91 % parviendront au stade de l'éclosion, et que le taux de mortalité des nichées est d'environ 50 % dans le premier mois et de 12 % par la suite.

Un système social fondamental

Un système social fondamental



R. J. Robel et son équipe ont montré l'importance du système social et du rôle de l'expérience des oiseaux dans la régulation de la reproduction. Lors d'une étude, ils ont noté que, sur 132 tentatives d'accouplement, 121 étaient réussies, dont 117 par les deux mâles dominants. Ils ont constaté qu'en retirant ces mâles du centre du lek, ceux-ci sont remplacés par les mâles qui occupaient des zones périphériques. Si le nombre de visites des femelles ne varie pas, les combats entre mâles sont en revanche plus nombreux et les tentatives d'accouplement chutent à 39, dont 4 réussies. En conséquence, les femelles nichent plus tard, pondent moins d'œufs et, l'année suivante, moins de mâles et de femelles fréquentent le lek.

Pour tout savoir sur le tétras des prairies

Tétras des prairies (Tympanuchus cupido)

De la taille d'un poulet, le tétras des prairies a un plumage rayé qui lui permet de se dissimuler dans les herbes. Ses ailes sont plutôt courtes, larges et relativement arrondies. L'oiseau n'est pas un mauvais voilier pour autant. Son type d'aile convient parfaitement à ses démarrages brusques, avec envol précipité à la verticale puis une lancée horizontale accélérée. Grâce à ce type de vol, les tétras des prairies peuvent échapper aux prédateurs surpris par ce décollage, suivi d'un brusque virage sur l'aile.

Les deux paires externes des rémiges primaires permettent de différencier les adultes des jeunes. Chez ces derniers, les plumes pointues, de couleur délavée sont encore un reste du plumage juvénile qui rappelle celui de l'adulte en plus fauve. De plus, leurs plumes scapulaires (situées au point de jonction des ailes et du corps) présentent en leur milieu une série de stries longitudinales blanches, allongées et qui s'élargissent vers l'extrémité de la plume.

Le dimorphisme sexuel est évident sur les lieux de parade, les femelles n'ayant pas de caroncules au-dessus des yeux ni d'interstices de peau colorée entre les plumes du cou (aptéries). Leurs « oreillons », ou touffes de plumes situées de chaque côté du cou, sont par ailleurs plus courts que ceux des mâles, et les plumes de leur queue, rayées.

Les tétras des prairies ont un odorat inexistant, mais sont dotés d'une bonne vue qui assure leur vigilance, même durant les parades sexuelles ou territoriales, et d'une excellente ouïe. Celle-ci est peut-être plus performante encore qu'on ne le pense. En effet, ces oiseaux perçoivent très bien les sons audibles pour l'homme (entre 20 et 16 000 Hz) et ils distinguent des sons séparés par quelques millisecondes. Or la plupart des tétraoninés émettent des sons très graves destinés à porter loin. Mais il a été découvert que le chant du grand tétras, le coq de bruyère, apparemment insignifiant pour une oreille humaine, se compose en réalité de 90 % d'infrasons (sons très graves, inférieurs à 20 Hz) inaudibles pour l'homme. Beaucoup plus puissant qu'on ne le croit, ce chant porte donc à des kilomètres et peut être perçu de très loin par les femelles qui, elles, entendent les infrasons.

Les sous-espèces

On distingue quatre sous-espèces de tétras des prairies : Tympanuchus cupido pinnatus est la plus répandue. On la trouve, en période de reproduction, du Michigan et du Dakota du Nord à l'Oklahoma et à l'Illinois, mais, depuis peu, elle ne niche plus au Canada. Tympanuchus cupido attwateri, plus petite et plus sombre que la précédente, est présente dans les régions côtières du Texas ; elle est très menacée. Tympanuchus cupido pallidicinctus a le dos moins rayé et des zones de peau nue rouges sur le cou. On trouve cette sous-espèce du Kansas au Texas et au Nouveau-Mexique. Tympanuchus cupido cupido, qui habitait jadis sur la côte atlantique des États-Unis, est éteint.

TÉTRAS DES PRAIRIES ou TÉTRAS CUPIDON

Nom (genre, espèce) :

Tympanuchus cupido

Famille :

Phasianidés (tétraoninés)

Ordre :

Galliformes

Classe :

Oiseaux

Identification :

Grosse volaille au plumage terne, possédant des touffes de plumes allongées de chaque côté du cou. Le mâle a des caroncules jaunes au-dessus des yeux, ainsi que des poches de peau nue, qui se gonflent lors des parades

Taille :

De 40 à 45 cm

Poids :

Mâle : 990 g ; femelle : 770 g, en moyenne

Répartition :

Amérique du Nord (Canada, États-Unis)

Habitat :

Grandes plaines herbeuses

Régime alimentaire :

Feuilles vertes et graines, et quelques insectes au printemps et en été

Structure sociale :

Vit en groupes ; les mâles paradent collectivement sur les leks

Maturité sexuelle :

Supérieure à 1 an

Saison de reproduction :

Entre avril et juillet

Durée de l'incubation :

De 23 à 26 jours

Nombre d'œufs :

De 7 à 17, blancs à ocre, pesant environ 24 g chacun

Longévité :

De 4 à 7 ans maximum

Effectifs :

Abondants dans certaines régions, mais en forte régression dans d'autres

Statut, protection :

En régression dans l'ensemble, certaines populations sont très menacées

 

Signes particuliers

Hyporachis ou hypoptile

Chez le tétras des prairies, comme chez les phasianidés en général, les plumes qui recouvrent le corps paraissent dédoublées. Sur le calamus (base de la plume en forme de tuyau) se développe un rachis secondaire. Il est plus court que le rachis principal, mais, comme lui, il porte des barbes et des barbules, qui ont toutefois une structure plus duveteuse et plus molle. Certains scientifiques se demandent si les peignes des doigts ne faciliteraient pas le nettoyage du plumage, épaissi par cette conformation particulière.

Pattes

Les pattes sont puissantes et munies de 4 doigts. Le doigt arrière (pouce) est court et surélevé par rapport aux autres. Cette disposition est peu favorable à la situation perchée. Le tarse est emplumé et les doigts extérieurs, dont le médian est plus grand que les autres, comportent, sur les côtés, une membrane en forme de peigne dont la fonction demeure inconnue. Les doigts sont grands par rapport à la longueur des pattes. Ce caractère, joint à la présence de bourrelets latéraux, représente probablement une adaptation à la locomotion terrestre et à la marche dans la neige en hiver.

Sacs vocaux

De chaque côté du cou, les plages de peau nue (aptéries) qui séparent les zones d'implantation des plumes sont très larges et arborent de vives couleurs. Lors de l'émission du chant, lorsque l'oiseau dilate la partie antérieure de son œsophage pour amplifier les sons, le gonflement produit distend les aptéries colorées dont la surface et le volume augmentent de manière très spectaculaire.

Oreillons

De chaque côté du cou, le tétras des prairies porte une douzaine de longues plumes lancéolées qui atteignent 7 cm de longueur chez le mâle et seulement 3,5 cm chez la femelle. Lors des parades sexuelles, elles peuvent être hérissées et portées vers l'avant, comme de véritables cornes, parle jeu des muscles de la peau.

Caroncules supra-oculaires

Au-dessus des yeux, les mâles présentent des excroissances charnues de couleur jaune. Par l'intermédiaire du jeu des muscles et d'un afflux sanguin, ils peuvent en augmenter le volume et les dresser comme la crête d'un coq lors des parades nuptiales. Ces signaux visuels revêtent alors une grande importance dans les combats entre mâles ou pour attirer les femelles.

Les autres tétraoninés

La classification de ces oiseaux est l'objet de controverses. Pour certains auteurs, il s'agit d'une sous-famille, les tétraoninés, au sein de la famille des phasianidés ; d'autres l'élèvent au rang de famille – celle des tétraonidés.

D'une taille qui varie entre celle du poulet et celle du dindon, les tétraoninés, ou tétraonidés, – gélinottes, tétras, lagopèdes – ont en commun le bec des galliformes, assez court, épais à la base, arqué et pointu à l'extrémité, avec des narines protégées par un renflement corné et des touffes de petites plumes. Leurs tarses sont emplumés sur toute leur longueur. Leur coloration générale est plutôt terne : plumage brun tacheté ou rayé, noir ou gris, mais, lors des parades nuptiales, beaucoup exhibent des zones de peau nue colorées. Les tétraoninés ont un tube digestif possédant un jabot et un gésier développés, ce dernier nanti d'une paire de cæca (appendices) très allongés leur permettant de digérer la cellulose, car tous sont essentiellement végétariens, même si, au printemps et en été, les insectes font partie de leur régime. Leurs plumes semblent doubles car elles sont munies d'un rachis (partie centrale dure) et d'un hyporachis.

Les tétraoninés établissent leur nid sur le sol. L'incubation n'est assurée que par la femelle, et les poussins, couverts de duvet à la naissance, quittent le nid et sont capables de voler sur de courtes distances en moins de deux semaines. La plupart des espèces ne forment pas de couples fixes et vivent le plus souvent en promiscuité. Au sein des tétraoninés, le nombre d'espèces et leur appartenance à un genre ou l'autre ne font pas l'unanimité. On détermine six à dix genres selon les auteurs. Chez ces oiseaux, de nombreuses hybridations ont été observées, à la fois entre espèces du même genre et entre espèces de genres différents.

Genre Tympanuchus

Trois espèces, dont le tétras des prairies.

Tétras à queue fine (Tympanuchus phasianellus)

Identification : (de 40 à 46 cm de long), ressemble beaucoup au tétras des prairies avec le dessous du corps écaillé, flammé mais non pas rayé ; ailes tachetées de blanc et queue pointue, les rectrices médianes étant plus longues que les autres. Les caroncules supra-oculaires sont moins développées et plus orange ; les zones de peau nue des côtés du cou sont d'un rose violacé et plus petites.

Répartition : prairies boisées d'Amérique du Nord.

Comportement : vit en promiscuité, les mâles se rassemblant sur des leks pour parader. La parade nuptiale ressemble beaucoup à celle du  tétras des prairies, mais l'oiseau « danse » davantage, tout en maintenant les ailes ouvertes.

Statut : préoccupation mineure.

Tétras pâle (Tympanuchus pallidicinctus)

Identification : ressemble au tétras des prairies, mais un peu plus petit et au plumage plus clair.

Répartition : sud des États-Unis.

Statut : vulnérable, effectifs en baisse.

Genre Centrocercus

Deux espèces.

Tétras des armoises (Centrocercus uroph1asianus)

Identification : 60 cm de long ; gros tétras brun, mâle avec plastron blanc démesuré, qu'il peut gonfler et duquel se détachent deux poches de peau nue vert olive, qui contrastent avec le ventre noir.

Répartition : prairies d'armoises au Canada (sud de l'Alberta et du Saskatchewan) et dans l'ouest des États-Unis.

Alimentation : végétaux et insectes.

Comportement : le mâle central est dominant et assure la grande majorité des fécondations. Posture de parade caractéristique, redressée, avec exhibition du plastron, des sacs vocaux et des rectrices maintenues écartées.

Statut : quasi-menacé, effectifs en baisse.

Tétras de Gunnison (Centrocercus minimus)

Reconnue comme une espèce à part entière en 2000.

Identification : ressemble au tétras des armoises, mais plus petit.

Répartition : États-Unis ; répartition limitée au canyon de Gunnison, dans le sud-ouest du Colorado, ainsi qu'une petite population dans le sud-est de l'Utah.

Statut : en danger, effectifs en baisse.

Genre Dendragapus ;genres Falcipenniset Canichites

Quatre espèces du genre Dendragapus ; certains auteurs placent le tétras de Sibérie dans le genre Falcipennis et le tétras du Canada dans les genres Falcipennis ou Canachites.

Tétras sombre, Dendragapus obsucurus, et tétras fuligineux, Dendragapus fuliginosus, de l'ouest du Canada et des États-Unis ; tétras du Canada, Dendragapus canadensis (ou Falcipennis canadensis, ou encore Canichites canadensis), de l'Alaska à Terre-Neuve, débordant un peu vers le sud sur les États-Unis ; tétras de Sibérie, Dendragapus falcipennis (ou Falcipennis falcipennis), localisé à la Iakoutie, la Transbaïkalie orientale, sur les rivages de la mer d'Okhotsk et l'île Sakhaline.

Identification : petits tétras, de 40 à 50 cm de long ; plumage brun et gris, plus ou moins rayé ou tacheté selon les espèces ; caroncules supra-oculaires rouge vif.

Habitat : forêts de conifères et mixtes, jusqu'à 3 600 m d'altitude.

Comportement : vivent en promiscuité, mais les mâles paradent isolément, rarement en groupes. Lors des parades, le tétras sombre met en évidence une cocarde de peau nue rouge (sur le côté du cou) cernée par la base blanche des plumes écartées ; Le tétras du Canada et le tétras de Sibérie font la roue et effectuent une parade aérienne au cours ou à l'issue de laquelle ils claquent violemment des ailes. Les femelles nichent seules.

Statut : espèces assez communes, mais le tétras de Sibérie, quasi-menacé, se raréfie.

GenreLagopus

Trois espèces.

Lagopède des saules, Lagopus lagopus, dans les régions circumboréales de l'Ancien et du Nouveau Monde ; lagopède alpin, Lagopus muta, lui aussi circumboréal, mais avec, en Europe, des populations dans les Alpes et les Pyrénées ; lagopède à queue blanche, Lagopus leucura, des montagnes de l'ouest de l'Amérique du Nord, de l'Alaska au Nouveau-Mexique.

Identification : grosses perdrix, de 30 à 40 cm de long ; plumes sous-caudales s'étendant jusqu'à l'extrémité des rectrices (plumes de la queue) ; caroncules supra-oculaires rouges ; pattes aux doigts emplumés (au moins en hiver) ; plumage brun roussâtre finement rayé et vermiculé de noir et de blanc, en été ; ailes blanches (sauf chez les populations écossaises de Lagopus lagopus) ; queue blanche chez Lagopus leucura. En hiver, plumage en grande partie blanc (intégralement blanc chez Lagopus leucura).

Habitat : landes à végétation basse, éboulis rocheux et pelouses alpines.

Comportement : territoriaux, monogames, bien que Lagopus muta et Lagopus leucura soient parfois polygynes. Le mâle reste avec la femelle durant l'incubation des œufs et participe à la défense de la ponte. Durant les parades, chants accompagnés de postures avec les ailes arquées et les rectrices largement déployées, relevées à la verticale. Démonstrations en vol fréquentes.

Statut : préoccupation mineure.

Genres Tetrao  et Lyrurus

Selon les auteurs, quatre espèces placées dans le genre Tetrao, ou deux du genre Tetrao et deux dans le genre Lyrurus (à cause de leur queue en forme de lyre).

Grand tétras, Tetrao urogallus, dans l'Ancien Monde, des monts Cantabriques et de l'Écosse (où il a été réintroduit) à la Mongolie ; tétras à bec noir, Tetrao parvirostris, de la Sibérie orientale, de l'Ienisseï et de la Mongolie au Kamtchatka et à l'île Sakhaline ; tétras lyre, Tetrao tetrix ou Lyrurus tetrix, des Alpes, des Ardennes et de la Grande-Bretagne à l'Altaï et à la Corée, et tétras du Caucase, Tetrao mlokosiewiczi ou Lyrurus mlokosiewiczi, qui n'habite que le Caucase.

Identification : Tetrao urogallus et Tetrao Parvirostris sont de grande taille, d'une longueur de 60 à 75 cm ; Tetrao (ou Lyrurus) tetrix et Tetrao (ou Lyrurus) mlokosiewiczi sont petites, d'une longueur de 40 à 50 cm. Les femelles ont un plumage brun rayé de noir et les mâles sont en grande partie, voire totalement, noirs, avec des caroncules supra-oculaires rouges.

Habitat : forêts de conifères mais aussi forêts mixtes et de feuillus pour les grandes espèces ; landes et tourbières périforestières pour les petites espèces.

Comportement : vivent en promiscuité.

Statut : le tétras du Caucase, dont les effectifs sont en baisse, est quasi-menacé.

Genres Bonasa  et Tetrastes

Selon les auteurs, trois espèces du genre Bonasa ou une espèce du genre Bonara et deux du genre Tetrastes.

Gélinotte huppée, Bonasa umbellus, d'Amérique du Nord (Canada et États-Unis) ; gélinotte des bois, Bonasa bonasia ou Tetrastes bonasia, de l'Europe occidentale (est de la France) jusqu'en Sibérie orientale, îles Sakhaline et Hokkaido ; gélinotte de Severtsov, Bonasa sewerzowi ou Tetrastes sewerzowi, des montagnes du Qinghai et du Gansu jusqu'au Xikang et au Sichuan.

Identification : petits tétras, de 35 à 45 cm de long ; plumage terne, bariolé ou ponctué ; caroncules rouges au-dessus des yeux ; mâle avec une bavette noire cernée de blanc chez Bonasa (ou Tetrastes) bonasia et Bonasa (ou Tetrastes) sewerzowi, une fraise de plumes érectiles chez Bonasa umbellus.

Habitat : forêts de feuillus, avec des sous-bois riches en arbres et arbustes.

Comportement : la gélinotte à fraise vit en promiscuité et constitue des leks, mais les mâles occupent des territoires espacés. Pourra parade, l'oiseau agite rapidement ses ailes, produisant un battement audible de très loin. La gélinotte des bois est monogame, et vit en couple. Lors de sa parade de cour, le mâle expose ses rectrices relevées et déployées. Quant à la gélinotte de Severtsov, sa biologie est pratiquement inconnue.

Statut : la gélinotte de Severtsov, dont les effectifs sont en baisse, est quasi menacée.

Milieu naturel et écologie

Même si le tétras des prairies est un habitant typique des prairies nord-américaines, ses exigences écologiques varient au fil des saisons. Ainsi, en hiver, elle cherche moins à se mettre à l'abri des rigueurs du climat qu'à découvrir des sources de nourriture conséquentes, c'est-à-dire à la fois abondantes et constamment accessibles, pour passer la mauvaise saison sans trop de risques. Voilà pourquoi elle se rapproche des zones cultivées, notamment en céréales. Les cultures extensives de maïs l'attirent beaucoup, surtout quand les épis n'ont pas été coupés ou qu'ils sont laissés en gerbes (moyettes). Elle vient aussi glaner dans les champs de blé, d'orge, de tournesol, chercher des bourgeons, des graines et des fruits dans les bouleaux, noisetiers, ormes, trembles, églantiers. Mais il ne s'agit là que de ressources d'appoint, les graines n'étant pas disponibles en quantité suffisante, tout juste bonnes, en somme, à éviter des disettes et à limiter les risques de mortalité. La disponibilité d'étendues herbeuses naturelles où la végétation est dense et atteint jusqu'à 25 cm de hauteur, est essentielle au maintien des populations. Ces formations sont indispensables à la reproduction. En revanche, la nidification exige des prairies à herbes plus hautes, près des bassins de drainage, ou encore des milieux composés à la fois de broussailles, de buissons, d'arbustes et de prairies.

Les zones perturbées sont, par ailleurs, recherchées en dehors de la nidification pour assurer nourriture et couvert. Au printemps et en été, les oiseaux modifient le choix de leur habitat en fonction de leurs besoins en sites de parade : ils préfèrent des milieux plus ouverts et à végétation plus rase.

Deux menaces : les renards et les feux de prairie

Quand elles sont avec leurs jeunes, les femelles se dispersent dans des milieux plus couverts, pour se protéger des prédateurs. Ceux-ci peuvent être des mammifères, comme les moufettes et surtout les renards. Ces derniers sont en effet particulièrement influents, comme le montrent les études de l'écologue américain W. D. Svedarsky, faites dans le Minnesota. Ayant constaté que les prix des peaux de renard étaient tout naturellement liés à l'abondance du tétras des prairies (les prix les plus élevés correspondant à la pénurie), ce chercheur a en effet pu établir une relation entre les fluctuations du prix de ces peaux entre 1974 et 1984 et celles du nombre de tétras des prairies mâles sur les leks pendant la même période. Quand les prix étaient élevés en raison de la rareté du renard, les oiseaux étaient nombreux ; en revanche, quand les prix étaient bas, les effectifs d'oiseaux étaient faibles. Parmi les oiseaux, les principaux prédateurs du tétras des prairies sont les rapaces diurnes, qui s'attaquent aux jeunes. Seul le grand duc de Virginie capture à l'occasion des adultes.

Les tétras des prairies sont aussi victimes des feux de prairie, très dangereux pour l'espèce quand ils sont trop fréquents ou trop violents. Non seulement ils détruisent pontes et nichées, mais ils anéantissent aussi, surtout en automne, d'indispensables ressources alimentaires hivernales.

Des leks « éphémères »

Dans le Colorado, les ornithologistes américains M. A. Schroeder et C. L. Braun ont constaté que, sur une période de 6 ans, près de 23 % des leks observés pendant une année n'existaient plus l'année suivante. Sur 80 leks étudiés, 20 ont été actifs durant les 6 ans, 6 pendant 5 ans, 7 pendant 4 ans, 6 pendant 3 ans, 15 pendant 2 ans et 26 pendant 1 an.

De tels résultats ont permis à ces chercheurs de revoir le mode d'évaluation des effectifs des mâles. En effet, la vieille technique consistait à admettre que le nombre réel des mâles était le double de celui obtenu en comptant ceux qui vivaient sur les leks. Il existe naturellement de grandes disparités entre les différentes régions de l'Amérique du Nord. Ainsi, les densités optimales, obtenues par dénombrement des mâles sur des surfaces de 260 ha d'habitat convenable, varient entre 30 et 40 mâles dans le Wisconsin, au Missouri et au Texas ; elles atteignent 100 mâles dans l'Illinois, mais ne sont en revanche que de 7 mâles dans le Minnesota. Les mêmes chercheurs américains insistent aussi sur les périodes de dénombrement choisies. Il reste donc beaucoup à apprendre sur la biologie de ces oiseaux.

Le tétras des prairies et l'homme

Des effectifs en nette diminution

La taille du tétras des prairies en fait un gibier particulièrement accessible. La chasse et l'action de l'homme sur les milieux naturels ont contribué au déclin de ces oiseaux dont certaines sous-espèces sont déjà éteintes.

L'extinction d'une sous-espèce

Si l'on en juge par les récits du xviie siècle, les effectifs de la sous-espèce Tympanuchus cupido cupido du tétras des prairies étaient très importants quand les premiers Européens s'établirent aux États-Unis. Dès le début du xixe siècle, leur régression commença sous l'effet, entre autres, d'une chasse intensive. Dans les années 1840, on ne trouve déjà plus cette sous-espèce qu'à Long Island et dans quelques sites du New Jersey et de Pennsylvanie. À partir de 1870, elle ne subsiste que sur l'île Martha's Vineyard, sur la côte sud-est du Massachusetts, où l'on en dénombre 200 en 1890, mais moins de 100 en 1896. Des essais d'élevage en captivité sont tentés mais ne réussissent pas. Des introductions d'oiseaux de la sous-espèce Tympanuchus cupido pinnatus de l'ouest des États-Unis sont effectuées à plusieurs reprises, ce qui n'arrange sans doute pas les choses – mais, à cette époque, on ne sait rien des pollutions génétiques.

Depuis, en effet, on s'est aperçu que l'introduction de tétras des prairies de l'ouest des États-Unis a pu avoir des répercussions défavorables sur la génétique des populations de Tympanuchus cupido cupido. Un programme de sauvegarde est établi, avec notamment la création, dans l'île Martha's Vineyard, d'une vaste réserve en 1908, alors qu'il ne reste plus qu'une cinquantaine de spécimens. Grâce à ces efforts de protection, en 1916, la population est remontée à près de 2 000 oiseaux.

Malheureusement, le 12 mai 1916, un violent incendie détruit une grande partie de la végétation de l'île, des couveuses, des pontes, des poussins, mais aussi les sources de nourriture hivernale. Or l'hiver est très rude cette année-là. L'effectif de Tympanuchus cupido cupido tombe à environ 150 oiseaux, surtout des mâles. L'introduction sur l'île de nombreux dindons domestiques apporte des maladies aviaires auxquelles les tétras sont particulièrement sensibles. Au printemps 1927, il ne reste plus que onze mâles et deux femelles. À l'automne 1928, la population est réduite à deux mâles puis à un seul, qui disparaît à l'automne 1931...

Les effets de la colonisation

Au début, la colonisation des terres d'Amérique du Nord a été favorable aux tétras des prairies. En effet, dans la partie centrale de ce vaste territoire, le morcellement des prairies, lié aux exploitations céréalières, a développé toute une mosaïque de milieux favorables à sa reproduction et à sa survie hivernale, qu'il s'agisse de prairies naturelles ou de zones de culture. À l'époque, l'espèce a donc, du fait de l'homme, accru son aire de répartition, notamment au Canada, dans le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta. En revanche, à partir du début du xxe siècle, on a assisté à un déclin de plus en plus rapide des populations de tétras des prairies. En effet, peu à peu les prairies naturelles ont été transformées en prairies de fauche, en pâturages ou en nouvelles zones de cultures moins favorables à la reproduction de ces oiseaux. En outre, l'usage croissant de pesticides et de fongicides à base de mercure ne pouvait qu'être fatal à un animal dont l'alimentation est essentiellement composée de graines.

Enfin, la chasse n'a pas épargné les tétras des prairies.

La sous-espèce Tympanuchus cupido attwateri, le tétras des prairies d'Attwater, a connu, en particulier, un sort dramatique. Elle a disparu de Louisiane dès 1919 tandis que, entre 1937 et 1963, ses populations texanes ont chuté de 8 700 à 1 335 oiseaux. Dans les années 1990, le déclin s'est poursuivi : 456 tétras des prairies d'Attwater à l'état sauvage en 1993, 158 en 1994 et 42 en 1996. Aujourd'hui, en dépit d'intenses efforts de protection, comprenant notamment un programme de réintroduction dans la nature à partir d'élevages en captivité, cette sous-espèce est toujours extrêmement menacée, et au bord de l'extinction – et ce d'autant qu'à peine 1 % de son habitat originel subsiste. Il faut espérer que cette race géographique ne subisse pas le sort de Tympanuchus cupido cupido, éliminé de la côte est des États-Unis.

Les chercheurs s'efforcent aujourd'hui de quantifier la pyramide des âges, la répartition par sexe, la pérennité des leks, la taille des populations et leur évolution dans le temps ; cela afin de disposer d'éléments indispensables à la gestion rationnelle des tétras des prairies.