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pécari

Semblable à un petit sanglier, et cousin américain des porcs sauvages de l'Ancien Monde, le pécari à collier, habitant du continent américain, est l'une des trois espèces de la petite famille des tayassuidés, composée des seuls pécaris.

Introduction

Les tayassuidés seraient originaires du Nouveau Monde, et plus particulièrement de l'Amérique du Nord. Dans le même temps, les suidés – sangliers, phacochères – ont évolué dans l'Ancien Monde. Ces deux familles ont sans doute un tronc commun, mais, dès l'oligocène (début du tertiaire), leur évolution diverge. Les pécaris de cette époque qui ont été retrouvés en Europe, en Asie et en Afrique appartiennent à une sous-famille distincte de ceux d'Amérique, qui semble s'être éteinte en Europe à la fin du miocène et, en Asie, au début du pliocène.

Les tayassuidés font leur apparition en Amérique du Nord au début de l'oligocène, mais leur arrivée en Amérique du Sud est plus tardive. À la fin du tertiaire, quand l'isthme de Panamá émerge et relie les deux Amériques jusque-là séparées, les pécaris du Nord gagnent le Sud. Le pécari à collier apparaît alors et se répand dans toutes les directions, pour reprendre, au quaternaire, le chemin du Nord et repeupler le Mexique et le sud des États-Unis. Pour la plupart des auteurs, les pécaris apparaissent donc en Amérique du Nord il y a 35 millions d'années et en Amérique du Sud il y a 2,5 millions d'années, au pléistocène.

L'un des fossiles les plus connus, Platygonus, qui vivait, à la fin du tertiaire et au pléistocène, dans tous les États-Unis et jusqu'au Canada, dans le Yukon, était plus grand que les pécaris actuels, avec des pattes plus longues et une silhouette plus longiligne. Les plus récents habitaient, il y a de 12 000 à 13 000 ans, dans les prairies et les savanes de Pennsylvanie et du Kentucky actuels. Contemporain de Platygonus, le genre Mylohyus regroupait des pécaris encore plus grands et plus hauts sur pattes et qui possédaient un long museau. Ces pécaris longilignes sont tous deux les ancêtres des pécaris contemporains.

Les trois espèces actuelles de pécaris, le pécari à collier, le pécari à lèvres blanches et le pécari du Chaco, sont essentiellement sud-américaines.

La vie du pécari

Un végétarien aux goûts éclectiques

Contrairement au sanglier, pratiquement omnivore, le pécari n'avale sauterelles et larves de coléoptères que rarement, et en très petites quantités. Il est surtout végétarien, et sait s'adapter à l'aridité du climat en variant les plantes qu'il consomme.

Amateur de figuiers de barbarie

Aux États-Unis, le pécari à collier est herbivore. Dans les zones arides du sud du pays, ce sont les cactacées qui représentent probablement son aliment de base ; il se nourrit tout autant des tiges que des fruits si c'est la saison et avale, sans gêne apparente, les piquants. Les espèces consommées sont surtout les oponces (genre Opuntia qui comprend le figuier de Barbarie, Opuntia ficus-indica), aux tiges plates en forme de raquettes armées de piquants. Le plus recherché par le pécari est Opuntia engelmannii.

Expérimentalement, des pécaris à collier ont été nourris pendant cinq mois exclusivement avec des oponces. Les animaux ont dû avaler chaque jour le tiers de leur poids, car cet aliment est très pauvre en substances nutritives.

Dans la nature, le pécari se nourrit d'autres plantes, herbes ou fruits, qui fournissent les compléments indispensables, en particulier au moment de la reproduction. Pignons de pins, glands de chênes, fruits de genévriers, d'acacias et autres légumineuses constituent un apport non négligeable au fil des saisons. Doté d'un excellent odorat, le pécari est parfaitement apte à localiser bulbes, racines, rhizomes et tubercules souterrains, qu'il déterre habilement en fouillant le sol de son groin.  Il apprécie aussi les agaves, notamment le « lechuguilla » (Agave lechuguilla ou Agave bovicornuta), qui pousse au-delà du fleuve Pecos au Texas.

Le pécari mange calmement, lentement, mâchant et broyant sa nourriture par des mouvements verticaux de la mandibule.

Des animaux habiles

Des animaux habiles



Les pécaris sont adroits de leurs pattes antérieures et s'en servent souvent pour saisir leurs aliments. Ainsi, lorsqu'ils épluchent les raquettes de cactus avec leur groin pour en dégager la chair et la débarrasser d'une partie des aiguillons, ils maintiennent le morceau de raquette à l'aide d'une de leurs pattes et retirent la peau et les piquants en les repoussant avec leur nez.

Insensible à la sécheresse

Pour maintenir son équilibre hydrique, le pécari a besoin, par jour, de 1,58 l d'eau. En forêt tropicale humide, il pleut beaucoup et les exigences en eau de l'animal sont faciles à assurer. Mais, si l'eau se raréfie, il peut abaisser ses besoins à 0,50 l. Il réduit de 68 % ses pertes d'eau par transpiration, et de 93 % ses pertes par l'urine. Dans les régions désertiques, il survit sans eau libre disponible, se contentant de consommer quotidiennement 1,5 kg d'oponces, dont la masse est, à 78 %, composée d'eau, et qui suffit à son hydratation.

Un animal plutôt placide

Oreilles déchirées et cicatrices sur le groin sont monnaie courante chez les pécaris. Et, pourtant, les affrontements n'ont lieu qu'entre mâles au temps du rut, les dominants se réservant les femelles en chaleur.

Toute contestation provoque des combats et la hiérarchie sociale peut être remise en question toute l'année. Difficiles à observer dans la nature, ces combats ont également lieu en captivité. Les deux pécaris se précipitent de front l'un sur l'autre en visant la tête, les épaules et le cou de leur adversaire. Dans ces bagarres, comme dans les contacts sociaux, et lorsqu'il recherche de la nourriture, l'animal utilise beaucoup le bout de son museau dont les os se soudent précocement, ainsi que ses canines bien développées dont le tranchant est entretenu par frottement, la face postérieure de la canine inférieure frottant contre la face antérieure de la canine supérieure.

Après plusieurs charges semblables, les animaux se fatiguent et cherchent alors à se mordre mutuellement les flancs. Hormis ces échauffourées, l'essentiel des relations sociales des pécaris consiste en contacts entre individus du même groupe, occupant le même domaine.

Pourtant, le pécari a une réputation de férocité, probablement très exagérée eu égard à sa faible masse (entre 13 et 27 kg). Autour des points d'eau, pécaris, cerfs, lièvres et lapins semblent s'ignorer. Qu'apparaisse un prédateur, les pécaris se sauvent au galop, comme les autres ! Les femelles suitées fuient sans chercher à défendre leurs jeunes.

Une véritable égalité entre mâles et femelles

Les pécaris à collier vivent en groupes organisés selon une hiérarchie linéaire simple, les individus les plus âgés, qu'ils soient mâles ou femelles, dominant les membres du groupe plus jeunes, encore immatures. Les groupes comportent autant de mâles que de femelles. Pourtant, chez les jeunes, le nombre des femelles excède celui des mâles, le rapport étant d'environ 40 pour 60. Les jeunes pécaris demeurent dans leur groupe de naissance, et, au sein d'un groupe, sur un territoire donné, les animaux finissent apparemment tous par être parents entre eux.

La société apparaît relativement stable et les deux sexes y jouent un rôle comparable. Tous les individus défendent le territoire contre les groupes voisins.

Une densité variable

L'importance de ces groupes familiaux varie. Ils comprennent généralement de 8 à 18 pécaris, mais le maximum peut atteindre 50 animaux. Les groupes peuvent éclater en sous-groupes pour des durées variables, mais des échanges permanents ont lieu entre les pécaris des sous-groupes.

Au Texas et en Arizona, des chercheurs ont évalué la surface du domaine vital occupé par un groupe : elle se situe entre 70 et 400 ha, et va jusqu'à 800 ha dans certains milieux pauvres. Ainsi, la densité des pécaris varie de 1 à 20 animaux au kilomètre carré, selon les milieux, augmentant avec l'abondance d'oponces et d'agaves, mais décroissant si le pourcentage de surfaces boisées est important.

Un territoire parcouru de couloirs neutres

Tout le domaine vital est défendu à la fois physiquement et par des balises olfactives.

Les pécaris marquent régulièrement leur territoire en se frottant l'échine contre les troncs d'arbres, les rochers, les souches, y laissant un liquide gras de couleur ambrée, sécrété par une glande de la ligne dorsale et qui noircit rapidement à l'air. Des muscles entourant la glande permettent à l'animal d'en expulser le contenu à distance. Les pécaris se marquent également entre eux, aimant aussi se frotter contre un support déjà marqué. Ainsi, tous les membres du groupe ont une odeur commune, vite reconnue.

À la périphérie des domaines vitaux, les territoires se chevauchent parfois, mais de façon peu importante. Certains territoires sont traversés par des couloirs neutres, conduisant par exemple à un point d'eau et pouvant être empruntés par tous les membres des groupes voisins. Les pécaris déposent leurs excréments en des lieux précis, où ils s'accumulent : ligne de crête, entrée de caverne, ou encore sous des buissons. Ce comportement contribue à marquer le territoire.

En zone forestière tropicale, les animaux sont plus diurnes qu'en zones sèches. Ils passent la nuit sous les racines d'un grand arbre ou au cœur d'un buisson, serrés les uns contre les autres.

Des naissances liées à l'abondance

Dans leur région d'origine, les zones tropicales de l'Amérique du Sud, les pécaris se reproduisent toute l'année. En Amérique centrale, au nord du Mexique et au sud des États-Unis, les naissances sont fortement regroupées en fonction de la disponibilité en nourriture et ont surtout lieu en avril ou en mai. Quand l'alimentation abonde, les femelles se reproduisent plusieurs fois. Si une portée est perdue, la femelle est à nouveau en chaleur. Cycle après cycle, elle revient en œstrus jusqu'à ce qu'elle soit fécondée.

Un reproducteur unique ou presque

Dans le groupe, c'est le mâle dominant qui s'accouple avec pratiquement toutes les femelles réceptives. Les autres mâles ne quittent pas le groupe pour autant, mais leur participation à la reproduction est très faible. Ils n'ont quelque chance de succès que si plusieurs femelles sont en chaleur à la même période.

Le mâle dominant demeure avec une femelle réceptive de quelques heures à quelques jours. Durant cette période, il ne la quitte pas, et ne laisse aucun mâle s'en approcher.

Une nichée de deux marcassins seulement

Chez le pécari à collier, la gestation dure environ 145 jours, soit un mois de plus que chez la truie (de 112 à 116 jours), ce qui est considérable par rapport à la petite taille de l'animal. Cela pourrait expliquer la précocité des petits pécaris. La femelle met bas de un à quatre jeunes entre mai et juillet au Texas, et entre juillet et août en Arizona. Toutefois, le plus grand nombre des portées ne compte guère plus de deux marcassins, dont le poids varie de 400 à 800 g. Les jeunes qui viennent au monde pendant la saison sèche ont peu de chances de survivre. La femelle dispose de quatre paires de mamelles, mais seules les deux paires postérieures sont fonctionnelles.

Croissance rapide, tétées fréquentes

La lactation dure en moyenne de six à huit semaines. Le lait contient environ 16 % de matières sèches. Le taux de matières grasses varie de 3 à 4 %, les protéines de 5,1 à 5,7 % et le lactose (sucre) de 6,4 à 6,7 %. En comparaison avec le porc, ce lait est moins gras (6,9 % de lipides chez la truie), mais plus riche en protéines (4,5 % chez la truie). Les femelles étant assez petites, leur capacité à retenir le lait est assez limitée. Ainsi s'explique sans doute le comportement des jeunes, qui tètent très souvent, jusqu'à 48 fois en trois heures. Chaque tétée dure, en pareil cas, une centaine de secondes.

La croissance des jeunes est rapide. Une petite femelle peut s'accoupler dès l'âge de huit mois. Une femelle précoce a mis bas à 54 semaines. En captivité, les jeunes mâles sont aptes à se reproduire à partir de 46 ou 47 semaines.

Le record de longévité enregistré du pécari, en captivité, est de 24 ans et 7 mois.

Pour tout savoir sur le pécari

Pécari à collier (Pecari tajacu)

Avec son air de petit cochon ébouriffé et le collier blanc qui lui entoure le cou et qui lui a donné son nom commun, le pécari à collier est aisément reconnaissable. La tête paraît assez grosse par rapport au corps. Elle se termine par un groin. Le pelage est gris clair ou presque noir, avec toutes les nuances intermédiaires. Les poils sont marqués de bandes de couleurs alternées de leur base à leur extrémité. L'impression d'ensemble est poivre et sel. Sur la ligne dorsale, une rangée de poils érectiles fait apparaître une bande blanche quand elle se hérisse, car tous les poils sont alors parallèles et leurs anneaux de couleur s'alignent.

Sur cette ligne dorsale, à 20-25 cm de la base de la queue, une grosse glande sous-cutanée, mesurant de 5 à 8 cm et légèrement mamelonnée, sert au marquage du territoire. Elle comprend plusieurs glandes sébacées et sudoripares ; la sécrétion, qui s'accumule dans un réservoir unique, est expulsée par un orifice, au milieu de cette zone, qui évoque une petite tétine. Le pécari possède aussi des glandes préorbitaires qui débouchent au milieu des joues. Il utilise ces sources de sécrétions pour marquer le territoire ou les autres pécaris.

Le pécari est un animal agile, capable de courir plutôt vite : un adulte a été chronométré au galop à 35 km/h. Il est très difficile de surprendre un pécari dans la nature, car son ouïe est fine et son odorat délicat. Sa vision est moins développée, et la position assez latérale des yeux doit limiter sa vision binoculaire. L'animal ne voit pas les objets, même en mouvement, au-delà d'une centaine de mètres.

La richesse des communications sonores prouve à la fois la qualité de l'ouïe et la complexité des relations sociales. Il existe au moins huit cris ou types de cris, dont quatre sont des cris de contact et quatre autres des cris d'alarme ou d'agression. Les jeunes accompagnant leur mère peuvent produire un son qui ressemble à un ronronnement. Si la mère s'éloigne, le cri devient plus plaintif. Entre adultes, les cris de contact sont soit un grognement bas, soit un aboiement plus fort. Le premier permet à chacun de rester en contact avec les autres, le second de les retrouver si les membres du groupe sont dispersés. Lorsque les animaux se côtoient sur un site alimentaire, ils émettent un grognement sourd et répété qui tient les autres en respect. Plus agressif est le claquement de dents utilisé pour établir la hiérarchie. Pour se soumettre, le pécari couine. Un « whoof » violent déclenche la débandade.

L'âge est déterminé par l'observation des dents. Entre 2 et 6 mois, le pécari a ses dents de lait, soit 26 dents. Entre 7 et 10 mois, la première paire de molaires apparaît, et, à 11-12 mois, les canines définitives commencent à pointer. À partir de 21 mois et demi, les sujets ont leur denture définitive (38 dents). Les dents de lait peuvent côtoyer les dents d'adulte avant de tomber.

PÉCARI À COLLIER

Nom (genre, espèce) :

Pecari tajacu

Famille :

Tayassuidés

Ordre :

Artiodactyles

Classe :

Mammifères

Identification :

Ressemble à un petit sanglier arrondi au pelage brun-gris à noir. Collier clair à la base du cou. Queue très courte

Taille :

Longueur tête et corps : de 0,75 à 1 m ; queue : de 1,5 à 5,5 cm ; hauteur au garrot : 30-50 cm

Poids :

14-30 kg ; les 2 sexes sont comparables

Répartition :

Du sud des États-Unis au nord de l'Uruguay

Habitat :

De la grande forêt aux semi-déserts

Régime alimentaire :

Végétarien généraliste

Structure sociale :

Groupes mixtes, stables et territoriaux

Maturité sexuelle :

À partir de 8 à 12 mois

Reproduction :

Peut se reproduire toute l'année. Dépend du climat local

Durée de gestation :

145 jours

Nombre de jeunes :

2 par portée le plus souvent

Poids à la naissance :

De 400 à 800 g

Longévité :

15 ans en nature, record de 24 ans en captivité

Effectifs, tendances :

Effectifs stables

Statut :

Préoccupation mineure

 

Signes particuliers

Pelage

Le pelage couvre tout l'animal, même les oreilles mobiles et le pourtour des yeux, qui sont en position assez latérale. Il est argenté à cause des anneaux contrastés qui ornent chaque poil. Un poil peut porter jusqu'à 6 anneaux colorés. Les poils du dos sont parfois teintés par la sécrétion de la glande dorsale. D'abord ambré, le liquide noircit à la lumière et fonce les poils.

Dents

Le pécari à collier possède 38 dents, soit, par demi-mâchoire : 9 en haut et 10 en bas. Les canines, fortement développées, peuvent mesurer de 30 à 35 mm chez un adulte pour la partie apparente, mais s'usent chez l'animal âgé et ne mesurent plus que 15 mm. Elles se recourbent moins que les dents de sanglier. La racine est aussi longue que la partie apparente. Chez le pécari, seules les pointes des canines supérieures peuvent légèrement dépasser de la bouche fermée entre les lèvres. De forme primitive, les molaires ressemblent aux dents des plus anciens fossiles connus de tayassuidés. Discontinue, la rangée de dents présente deux espaces sans dents, ou diastèmes, avant et après la canine. Les canines n'ont aucun rôle lors de la prise de nourriture. Ce sont des armes redoutables durant les compétitions.

Pied

Ongulé peu spécialisé, le pécari possède quatre doigts. Au pied postérieur, seuls trois doigts sont fonctionnels, et le doigt 5, externe, est très réduit. Les métatarsiens des autres doigts sont assez allongés ; ceux des doigts médians 3 et 4 sont soudés dans leur partie supérieure.

Estomac

Le pécari, bien que non-ruminant, peut récupérer de l'énergie à partir de la cellulose. Dans son estomac à trois  poches, la fermentation des aliments commence rapidement grâce à la présence de nombreux micro-organismes capables de dégrader la cellulose.

Les autres pécaris

Les pécaris sont divisés en trois genres, représentés chacun par une espèce unique : Pecari (le pécari à collier), Tayassu (le pécari à lèvres blanches) et Catagonus (le pécari du Chaco). Le pécari à collier est le plus répandu et le mieux connu des 3 espèces de la famille. Les 2 autres, le pécari à lèvres blanches et le pécari du Chaco, ont été très peu étudiées. Comme ces deux espèces s'adaptent moins bien que la première, la destruction de leur milieu, associée à la chasse dont ils font l'objet, les menace un peu plus chaque jour.

En 2007, une nouvelle espèce de pécari a été décrite, Pecari maximus (localisée dans le sud-ouest de l'Amazonie brésilienne), mais elle est controversée : certains auteurs pensent qu'elle n'est pas à distinguer du pécari à collier.

Pécari à lèvres blanches (Tayassu pecari)

Identification : de 0,95 à 1,10 m ; queue toute petite de 28 à 56 mm ; hauteur au garrot de 50 à 60 cm ; poids de 25 à 40 kg. Un peu plus grand que le pécari à collier, mais sa silhouette générale fait davantage penser au sanglier. Pelage presque noir, plus foncé que celui du pécari à collier ; tache blanche sur le menton ; la commissure des lèvres et le bas des joues allongeant la forme de la tête. La teinte générale devient plus rousse dans des habitats moins fermés que la grande forêt tropicale humide.

Répartition : forêts américaines sèches ou humides selon les régions ; Amérique du Nord à partir du sud du Mexique, où il est absent des semi-déserts ; Amérique centrale (forêts humides exclusivement) ; Amérique du Sud jusqu'au nord de l'Argentine (zones les plus arides de son habitat, buissons à épineux) ; plus largement répandu sur la périphérie du bassin de l'Amazone qu'en son centre ; commun dans les forêts sèches du Chaco paraguayen. Sur l'ensemble de son aire de répartition, absent des abords des installations humaines.

Alimentation : surtout végétarien ; herbes, fruits et noix de certains palmiers forment l'essentiel de son menu ; mais il consomme à l'occasion quelques invertébrés ou œufs de tortues trouvés au bord des rivières amazoniennes.

Comportement : plus grégaire que le pécari à collier. Les troupes peuvent compter de 50 à 300 animaux et plus. Ces grandes bandes ont impressionné les voyageurs, mais les pécaris ne sont pas dangereux. Ces grands rassemblements, très bruyants, émettent force grognements, couinements, claquements de dents. S'ils ont peur, ils foncent un peu au hasard pour fuir, se dirigeant parfois vers la cause de leur panique, un observateur par exemple, d'où leur réputation de férocité, sans fondement réel. Ils se déplacent sur de vastes surfaces, mais leur présence est impossible à prévoir : les animaux peuvent rester de quelques heures à quelques jours dans un secteur puis s'en éloigner.

Reproduction : deux jeunes par portée ; 150 jours de gestation.

En captivité, se reproduit moins bien que le pécari à collier. Hybridation entre les deux espèces obtenue au zoo de Manaus (Brésil).

Statut, effectifs : quasi-menacé, effectifs en baisse ; espèce très chassée, plus sensible que le pécari à collier au recul de la forêt primaire, ne parvenant pas à s'adapter aux forêts secondaires qui la remplacent.

Pécari du chaco (Catagonus wagneri)

Aussi appelé tagua.

Identification : de 0,96 à 1,17 m de long ; queue de 3 à 10 cm ; hauteur au garrot de 50 à 70 cm ; poids de 30 à 43 kg. Pelage gris-brun avec taches plus claires ou plus foncées ; ligne dorsale sombre ; collier plus clair ; pattes foncées.

Se distingue du genre Tayassu par un groin plus long, des sinus préorbitaires larges, des yeux nettement postérieurs, un volume de la boîte crânienne relativement réduit, des canines assez fines et des molaires à couronne élevée. Il possède 2 doigts aux pattes postérieures.

Le pécari du Chaco est plus rapide à la course que les autres pécaris et peut atteindre 40 km/h environ. Il a également une vue plus perçante.

Répartition : Grand Chaco, forêts semi-sèches et brousses à épineux du sud-est de la Bolivie, du Paraguay et du nord de l'Argentine. Milieu à graminées, bien protégé grâce à l'isolement : quelques espèces disparues ailleurs y survivent. Se rencontre aussi dans la forêt de buissons épineux inextricable, mais, dans l'ensemble, son habitat est plus ouvert que celui des autres pécaris.

Comportement : groupes de cinq animaux en moyenne. Activité plutôt diurne.

Alimentation : se déplace à la recherche de sa nourriture, cueillant branches et rameaux ou ramassant des fruits à terre. Consomme les raquettes des cactus, mais assez peu les graminées. Opuntia et Cleistocactus forment la base de son régime pendant l'hiver austral. Fréquente les salines naturelles et mange la terre, riche en chlorure de sodium.

Reproduction : semble moins prolifique que les deux autres espèces. Les femelles seraient matures à trois ans et n'auraient qu'une portée par an.

Statut, effectifs : en danger, effectifs en baisse.

Milieu naturel et écologie

Présent en Amérique centrale et en Amérique du Sud, le pécari à collier est le seul tayassuidé existant encore en Amérique du Nord. Au nord de l'isthme de Panamá, on a décrit pas moins de dix sous-espèces de pécari à collier. La situation est encore plus confuse au sud du canal. À partir du Sud mexicain, l'aire de répartition de l'espèce remonte vers les États-Unis en longeant les deux océans, mais sans gagner le centre du pays. Elle atteint les États-Unis par deux-voies : à l'ouest, l'Arizona ; à l'est, le Texas. Entre les deux, le Nouveau-Mexique accueille quelques petites populations dispersées.

Définir les classes d'âge présentes dans un groupe (l'âge de l'animal pouvant être déterminé par l'observation de ses dents) permet de connaître la dynamique de population des pécaris. En effet, les groupes sociaux rassemblent les 2 sexes et tous les âges sans discrimination apparente. Ils représentent donc de bons échantillons des populations locales.

Au Texas, en automne et au printemps, les périodes de repos et d'activité des pécaris alternent entre le jour et la nuit. En hiver et en été, les rythmes sont plus tranchés. En hiver, les pécaris s'activent surtout le jour et essentiellement dans la bajada, les basses terres. Au petit matin, quand la température approche de 0 °C, ils se serrent les uns contre les autres pour se tenir chaud. En plein été, en revanche, leurs activités ont plutôt lieu au crépuscule et de nuit, les animaux se reposant à l'ombre pendant les heures chaudes de la journée. Ils fréquentent alors fort peu les cuvettes surchauffées du désert et gagnent les hauteurs.

En Amazonie, les pécaris sont diurnes et, la nuit, ils se reposent en groupe, au pied d'un gros arbre, parfois même au fond d'un terrier. Lors des déplacements, ils se suivent en file indienne et se dispersent sur les sites d'alimentation. Par leurs allées et venues, ils tracent, dans la forêt, d'étroits sentiers conduisant à une saline ou à une mare, au bord de laquelle ils se couvrent de boue. Bains de boue, bains de poussière sont des moments importants de la vie des pécaris, qui ne se baignent pas spontanément mais ne résistent guère à la boue bordant une mare. Ils ont certainement leurs lieux favoris pour se vautrer ! Aux États-Unis, les sites pour bains de sable ne manquent pas. Les pécaris en profitent largement pour les soins donnés à leur peau et à leur pelage.

Des animaux de contact

De tous les ongulés, les pécaris, qui restent toujours en groupes, semblent être les plus enclins à se toucher fréquemment. Ces gestes, en plus de l'échange des odeurs, entretiennent des liens extrêmement forts entre les membres du clan et les animaux se frottent souvent, la tête de l'un contre la croupe, les pattes postérieures et la glande dorsale de l'autre. Dans ces démonstrations, le rôle précis des glandes préorbitaires reste inconnu.

Les études statistiques de John Bissonette sur les comportements intraspécifiques du pécari à collier ont montré que, sur 31 attitudes décrites, 55 % concernaient un contact corporel. Sur 709 observations, le chercheur a relevé 67 % de gestes de contact, dont 49 % de frottements de tête (350 fois) et 18 % seulement de gestes marquant l'agressivité.

Cette puissante cohésion dans le groupe, qui laisse supposer une grande solidarité face à un groupe concurrent ou à un prédateur, n'est pas entamée lors des incidents de frontière provoqués par des bandes plus importantes qui empiètent sur le domaine réservé des voisins !

Plusieurs prédateurs supposés

Face à un prédateur, les pécaris ont la réputation de se défendre courageusement. Ainsi, le jaguar, qui peut s'emparer d'un individu isolé, fuirait devant une troupe entière. Mais cela reste à confirmer. Aux États-Unis, les pécaris doivent sans doute affronter les coyotes, car on a identifié des poils de pécari dans les excréments de ces carnivores. Il reste à savoir si les petits canidés ont capturé leur proie vivante ou s'ils ont consommé un cadavre. Au Texas, dans la région de Big Bend, le biologiste P.R. Krausman estime à 7 % l'importance des pécaris dans le menu des coyotes. Ceux-ci semblent attaquer surtout des jeunes, mais des observations anciennes décrivent la capture d'adultes. Plusieurs auteurs ont recherché si les tayassuidés figuraient au menu des grands félidés, tels que le puma et le jaguar, qui occupent pratiquement les mêmes niches écologiques que les pécaris. Tous ont trouvé des restes de pécaris dans les fèces de puma ou de jaguar. Il est certain qu'ils en sont la proie, à l'occasion. Il est moins facile de connaître l'importance réelle de cette prédation. Dans le Chaco du Paraguay, Lyle Sowls a analysé une dizaine de fèces de l'un ou l'autre des deux félins : huit contenaient des poils de pécari et deux contenaient aussi des sabots de juvéniles.

Dans les déserts nord-américains, les pécaris peuvent aussi rencontrer les crotales, ou serpents à sonnette. Selon une légende, ils les tuent et même les consomment. En fait, la réalité semble autre. En 1956, l'expérience suivante a été réalisée dans les montagnes de Tucson. Un crotale a été attaché au bord d'un point d'eau où les pécaris venaient boire tous les soirs. Dès la tombée de la nuit, trois animaux s'approchent et commencent à se désaltérer. Dérangé, le crotale s'agite et le bruit de la sonnette fait fuir les pécaris. Dix minutes plus tard, deux pécaris réapparaissent, mais du côté opposé au serpent – qui, averti, ne cesse de sonner – et vont boire ; puis ils se retirent, sans chercher le moins du monde à piétiner le reptile...

Profiter des terriers des autres

Les pécaris ne creusent pas de terrier eux-mêmes. À l'occasion, ils utilisent ceux des autres. On observe cela fréquemment en Amérique du Sud chez les pécaris habitant la forêt. Au Brésil, au Honduras, ils occupent des terriers de tatou géant ou des troncs d'arbre creux. En Arizona, ils utilisent la chaleur des mines abandonnées, lors des froides nuits d'hiver.

Le pécari et l'homme

D'un prélèvement modéré à une chasse intensive

Déifié par certains peuples amérindiens, le pécari à collier est aussi un gibier convoité pour son cuir de grande qualité.

Gibier courant mais rituel parfois complexe

Le nom de famille de ce petit porc au pelage raide dérive du terme amérindien tayassu, nom donné au pécari par les Tupis-Guaranis. Pour les Amérindiens d'Amérique centrale et du Sud, les trois espèces de pécaris représentent un gibier courant, auquel de nombreux mythes sont associés. Les Campas du Pérou croient que leurs gibiers favoris, comme certains oiseaux, les coatis (petits carnivores) et les pécaris, sont élevés par les enfants du Soleil au sommet des montagnes. Ils désignent couramment les pécaris du nom de shintori, mais, lorsque ces derniers sont déifiés, ils les nomment ivirà pavà.

Les Bororos du Brésil refusent de chasser et de consommer les pécaris. Ils pensent que dans chaque pécari, comme dans chaque tapir et chaque caïman, se réfugie l'âme d'un défunt de la tribu. Jamais ils ne tueront un de ces animaux, sauf en présence d'un sorcier qui pourra exorciser l'âme ainsi dérangée.

Dans d'autres tribus, les chasseurs tuent des pécaris, mais tous ne peuvent en manger. L'âge, le sexe et le statut dans le groupe entrent en ligne de compte. Une jeune femme Yanoama qui attend un enfant ou un couple Jivaro qui vient d'en avoir un ne consomment pas la viande de pécari. Le rituel peut être très compliqué. Les Matacos ne mangent jamais de pécari, sauf quand ils ont mal aux dents et qu'elles claquent comme celles des pécaris surpris !

Il est notoire que les chasseurs amérindiens avaient un comportement spontanément écologique et respectueux de la faune ; ils ne devaient pas tuer plus que le groupe ne pouvait manger. Les Mundurucu du Brésil craignent d'offenser les mères des esprits des animaux en en tuant trop. Chez les Yanoama, des sanctions religieuses frappent les chasseurs qui ont abattu trop d'animaux.

Des captures abusives

L'arrivée des Européens a changé beaucoup de choses en améliorant l'efficacité des armes, en élargissant considérablement les marchés et en proposant un autre débouché que la viande : le cuir. Les quantités commercialisées sont énormes. Comme le commerce est devenu illégal, les chiffres sont mal connus. On pense que, entre 1946 et 1966, 2 millions de peaux de pécaris à collier et 850 000 peaux de pécaris à lèvres blanches sont sorties d'Iquitos, au Pérou. Aujourd'hui, si le prix d'une peau de pécari s'élève à quelques dollars en Amérique du Sud, celui d'une paire de gants en pécari en Europe peut approcher 200 €.

Le commerce international du pécari à collier est réglementé par la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction) ; l'espèce y est inscrite en Annexe II, sauf pour les États-Unis et le Canada, où la chasse est libre. Le pécari à lèvres blanches est lui aussi classé en Annexe II de la Cites, tandis que le pécari du Chaco, plus menacé, figure en Annexe I (chasse, capture et commerce interdits).

Les jeunes pécaris à collier sont aussi capturés comme animaux de compagnie. Parallèlement, même si l'espèce présente une importante adaptabilité, elle souffre, dans les forêts tropicales, de la destruction de son habitat ; aussi les sous-espèces habitant ces forêts sont-elles menacées de disparition.