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Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Calédonie

Collectivité française dotée d'un statut particulier, située dans le Pacifique et formée de la Nouvelle-Calédonie proprement dite, ou île de la Grande Terre, mais comprenant aussi des îles voisines, l'île des Pins, les îles Bélep, les quatre îles Loyauté (Tiga, Lifou, Maré et Ouvéa) et quelques dépendances inhabitées.
La Nouvelle-Calédonie appartient à la zone de défense Pacifique.

  • Superficie (pour le territoire) : 19 103 km2
    (16 750 km2 pour l'île de Nouvelle-Calédonie ou Grande-Terre)
  • Population : 245 580 hab. (recensement de 2009)
  • Nom des habitants : Néo-Calédoniens
  • Chef-lieu : Nouméa

GÉOGRAPHIE

Situé à 1 500 km de l'Australie, et à 20 000 km de la métropole, l'archipel de la Nouvelle-Calédonie couvre un vaste ensemble maritime (zone économique exclusive) de 1 740 000 km2, du fait de l'éloignement de certaines îles. Il bénéficie dans sa totalité d'un climat tropical maritime caractérisé par une faible amplitude des variations saisonnières de température, par la fréquence des vents – y compris des cyclones – et par sa salubrité. Mais des éléments physiques sont à l'origine de particularités marquées. La Grande Terre est une île montagneuse : une chaîne de roches métamorphiques plissées en forme de cigare, allongée du nord-ouest au sud-est, culmine à 1 650 m au mont Panié et borde la pittoresque côte orientale ; à l'O., des petites plaines alluviales sont séparées par quelques massifs où apparaissent les péridotites fortement minéralisées que l'on retrouve dans le plateau des Lacs, au sud ; ces « terrains miniers » contiennent des minerais de chrome, de fer et surtout de nickel. Un magnifique récif-barrière entoure toute l'île.

Situé entre 20° 8' et 22° 2' de latitude S., le territoire a un climat tropical salubre et modérément chaud pendant la saison sèche, de mai à novembre. Les pluies sont beaucoup plus abondantes sur la côte est, au vent (2 000 à 3 000 mm), que sur la côte ouest, sous le vent (1 020 mm à Nouméa). Il en résulte des formations végétales originaires très différentes (forêts luxuriantes à l'est, savane arbustive à l'ouest). L'intervention de l'homme, et particulièrement les déboisements, a tendance à réduire cette opposition. La végétation est originale (80 % de plantes ne se trouvent nulle part ailleurs), la forêt a été souvent remplacée par la savane piquetée d'arbustes, les niaoulis. De décembre à avril, des cyclones ravagent parfois l'île. Le relief se caractérise par une grande diversité à l'échelle de l'ensemble de l'archipel : au nord et au sud de la Grande Terre, les îles Bélep et l'île des Pins sont également montagneuses alors que les îles Loyauté sont des massifs coralliens peu élevés.

La population est constituée de deux composantes majeures. Les Kanaks indigènes, des Mélanésiens, ont connu au xixe s. un déclin démographique important à la suite de la colonisation européenne. Récemment, grâce au maintien d'une forte natalité (22 ‰, estimation 2000) et à la baisse de la mortalité, leur nombre est en progression sensible. Ils représentent 41 % de la population totale. Certains d'entre eux, au nord de la Grande Terre et surtout dans les îles secondaires, maintiennent tant bien que mal, dans des sortes de « réserves » officielles, des modes de vie hérités du passé local (organisation en tribus, droit coutumier, productions d'autosubsistance). D'autres ont rejoint le pôle européanisé de Nouméa, sans pour autant avoir rompu totalement avec leur famille, qui bénéficie de leurs transferts financiers.

Le peuplement européen date de la seconde moitié du xixe s. L'éloignement de la métropole a fait que de nombreux émigrés ont fait souche, donnant naissance au groupe des Caldoches. Ces derniers ont été rejoints plus récemment par de nouveaux métropolitains, attirés notamment par le boom du nickel des années 1960 et 1970. Au total, les Européens (dont environ un tiers de Caldoches) sont aujourd'hui un peu moins nombreux (32 %, estimation 2000) que les Kanaks. Installés dans l'ouest et surtout le sud de la Grande Terre, ils constituent la moitié de la population de l'agglomération de Nouméa.

La Nouvelle-Calédonie a accueilli, au cours du xxe s., et notamment à partir des années 1960, d'autres immigrés venus contribuer à l'expansion économique de l'île. Ces diverses minorités (Wallisiens, Tahitiens, Vanuatais, mais aussi Indonésiens, Vietnamiens) représentent 17 % de la population (estimation 2000) et se situent majoritairement dans la partie sud de l'île.

La densité moyenne, assez faible – 10,8 habitants par km2 (estimation 2000) – ne donne pas une image exacte de la très inégale répartition géographique de la population, mieux définie par la place prééminente de Nouméa, qui regroupe plus de la moitié de la population de l'ensemble de l'archipel.

La découverte par l'ingénieur Jules Garnier d'importants gisements de nickel facilement exploitables à ciel ouvert, vers 1863, peu après la prise de possession de l'archipel par la France, a été suivie d'une mise en valeur connaissant des hauts et des bas, et qui a longtemps permis le développement d'une colonisation agraire, en particulier de l'élevage extensif. Avec la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée (1950-1953), puis surtout le boom du nickel des années 1960, la Nouvelle-Calédonie, devenue le troisième producteur mondial et deuxième exportateur, a connu ce que les spécialistes appellent la « maladie hollandaise » (Dutch disease), qui frappe les pays connaissant une brutale hausse de leurs exportations de produits pétroliers ou miniers, et qui introduit des déséquilibres d'autant plus forts que l'économie est moins diversifiée : le rapide accroissement du produit intérieur brut s'accompagne d'une diminution des autres productions, d'une augmentation rapide des importations, de phénomènes inflationnistes, d'une accélération de l'urbanisation et d'une progression des inégalités sociales. L'économie est devenue très dépendante des cours du nickel, particulièrement fluctuants (en hausse à la fin des années 1990). Le déséquilibre de la balance commerciale, sans être aussi profond que celui des Antilles ou de La Réunion, reste structurellement important, les exportations ne représentant, selon les années, qu'entre le tiers et la moitié des importations. L'écart est comblé par une aide multiforme de la métropole.

La Nouvelle-Calédonie a obtenu en 2006 le statut de membre associé au Forum des îles du Pacifique.

HISTOIRE

Une colonisation tardive et spécifique

Les premiers ancêtres des Kanaks se seraient installés dans l'archipel environ quatre mille ans avant notre ère, et de multiples brassages ont contribué à former la population d'avant la colonisation, ce qui explique peut-être le grand nombre (une trentaine) de langues vernaculaires toujours vivantes. L'île est découverte en 1774 par l'explorateur anglais James Cook. Jusqu'à son rattachement à la France, en 1853, elle n'est guère fréquentée que par des trafiquants de bois de santal. Les premières missions chrétiennes, britanniques puis françaises, s'installent à partir de 1840, et les premiers colons, dix-neuf ans plus tard. Un tournant est pris avec la transformation de l'île en colonie pénitentiaire en 1864. Elle reçoit des condamnés de droit commun, puis, après 1870, jusqu'à 5 000 communards (dont Louise Michel). Si la plupart de ces derniers rentrent en France après l'amnistie de 1880, de nombreux forçats demeurent sur place. Le dernier convoi de « transportés » date de 1897. L'année 1871 voit l'arrivée de réfugiés alsaciens et lorrains qui ont refusé la domination allemande.

Les communautés kanaks ne connaissant pas la propriété individuelle, l'octroi de terres aux colons et aux prisonniers libérés par les pouvoirs publics en est facilité. De ce fait, les tensions entre Européens et autochtones sont permanentes et débouchent parfois sur des révoltes durement réprimées (1878, 1917). À partir de 1868, un système de réserves foncières, propriétés des « tribus », est mis en place, les Mélanésiens étant par ailleurs soumis à la corvée (travaux d'intérêt général) et au travail forcé dans les plantations européennes, puis, à partir de 1900, à un impôt par tête. Ce système ne disparaît qu'en 1946, avec l'abolition du Code de l'indigénat et du travail forcé. La même année, la colonie devient un territoire d'outre-mer, et le droit de vote est accordé à certains autochtones (anciens combattants, chefs coutumiers), dont le nombre augmente progressivement. Mais le suffrage universel n'est établi qu'en 1957, en application de la loi-cadre Deferre.

Entre-temps, la Seconde Guerre mondiale a été à l'origine, en Nouvelle-Calédonie, de deux événements importants. C'est tout d'abord le ralliement, dès 1940, du territoire à la France Libre, par un vote unanime du Conseil général, aux mains des Caldoches. Ainsi naît dans l'île une tradition gaulliste chez les Européens qui se perpétue au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (R.P.C.R.). En second lieu, la Grande Terre accueille, de 1942 à 1945, une importante base militaire américaine de plusieurs dizaines de milliers d'hommes. L'économie, comme les mentalités, en est sensiblement modifiée.

La crise calédonienne

La revendication identitaire kanake apparaît dans les années 1950. Elle se manifeste à l'occasion des élections cantonales de 1953, où neuf Mélanésiens de l'Union calédonienne (U.C.), soutenus par des mouvements catholiques et protestants, sont élus. La participation des autochtones aux institutions du territoire va désormais aller croissant. Cette dynamique aboutit très logiquement à une demande de partage du pouvoir économique, totalement accaparé par la communauté caldoche. Pendant de longues années, Paris tergiverse. L'assemblée territoriale, où domine l'Union calédonienne, de plus en plus radicale, est dissoute à plusieurs reprises (1958, 1962, 1979). L'arrivée de la gauche au pouvoir en métropole, avec l'élection en 1981 de François Mitterrand à la présidence de la République, modifie la donne : des espoirs naissent, mais aussi des frustrations. Les urnes étant devenues moins favorables aux indépendantistes, la violence insurrectionnelle s'installe ; 18 membres des forces de l'ordre sont ainsi tués en 1982 et 1983. Le Front de libération national kanak et socialiste (F.L.N.K.S.), composé de plusieurs mouvements, dont l'Union calédonienne, est fondé en 1984, avec l'indépendance pour principal mot d'ordre. Il crée un gouvernement indépendantiste provisoire, dirigé par Jean-Marie Tjibaou. Paris s'interroge et propose des solutions diverses (indépendance-association, découpage régional) qui ne satisfont personne. En 1987, un référendum, massivement boycotté par les Kanaks, confirme le maintien du territoire au sein de la République et ouvre la voie à un nouveau statut d'autonomie interne. Le drame de la grotte d'Ouvéa, entre les deux tours de l'élection présidentielle d'avril-mai 1988 (19 des ravisseurs kanaks de plusieurs gendarmes sont tués dans l'assaut donné par les forces de l'ordre et décidé par le gouvernement de Jacques Chirac), connaît un fort retentissement en métropole.

L'événement conduit le nouveau Premier ministre socialiste, Michel Rocard, à entreprendre des négociations immédiates pour mettre fin à une violence sans issue politique. Malgré le fossé séparant les parties en présence, ces négociations aboutissent à la signature, le 26 juin 1988, des accords dits de Matignon entre l'État, le F.L.N.K.S. indépendantiste (Jean-Marie Tjibaou) et le R.P.C.R. partisan du maintien dans la République (Jacques Lafleur). Ceux-ci sont approuvés par référendum, massivement en métropole et à 57 % en Nouvelle-Calédonie. Une période transitoire de dix ans, caractérisée par une accentuation de l'autonomie, et d'importants financements de développement, doit déboucher sur un scrutin d'autodétermination. Sans disparaître totalement (assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwéné Yeiwéné, vice-président du F.L.N.K.S., par un chef de tribu en 1989), la violence diminue et les négociations sur l'avenir du territoire se poursuivent. Le 5 mai 1998 est signé, sous l'égide de Lionel Jospin, Premier ministre, l'accord de Nouméa, qui prévoit l'instauration d'une citoyenneté néo-calédonienne et le transfert progressif des compétences de l'État vers la Nouvelle-Calédonie, pouvant aboutir, au terme d'une période de vingt à vingt-cinq ans, à l'indépendance totale. La mise en œuvre de cet accord donne lieu d'abord à une révision de la Constitution (loi constitutionnelle du 20 juillet 1998). Puis, l'accord est approuvé par un référendum local le 8 novembre 1998 (près de 72 % de oui). Enfin, le 19 mars 1999, la loi organique, détaillant le fonctionnement des institutions spécifiques, est promulguée. Au mois de mai 1999 se déroulent les élections des trois assemblées provinciales (F.L.N.K.S. majoritaire dans le Nord et les îles Loyauté, R.P.C.R. majoritaire dans le Sud) et du Congrès, où les indépendantistes sont minoritaires.