En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

André Dewavrin, dit le colonel Passy

Officier français (Paris 1911-Paris 1998).

1. Commandant du génie du corps expéditionnaire français en Norvège

Issu d'une famille d'industriels, André Dewawrin fait ses études secondaires au Collège Stanislas puis au Lycée Louis-le-Grand, à Paris. Polytechnicien de la promotion 1932, il choisit, à sa sortie, l'arme du génie. Lorsque la guerre éclate, il est capitaine à l'École de Saint-Cyr, où il dirige le cours de fortification. Volontaire pour aller se battre, il participe à la campagne de Norvège sous les ordres du général Béthouard. De retour de Narvik, il apprend en débarquant à Brest, le 17 juin 1940, que l'armistice va être signé, et il rembarque aussitôt, avec sa division, pour l'Angleterre.

2. Chef des services secrets de la France Libre

2.1. Création du BCRA

Fin juin, ayant entendu l'appel du général de Gaulle, le capitaine Dewavrin se rend à l'état-major des Forces françaises libres (FFI), à Londres. Chargé par de Gaulle des 2e et 3e bureaux de son état-major, Dewavrin prend le pseudonyme de « Passy » et met sur pied, avec son adjoint André Manuel, le Service de renseignements (SR) des FFI, qui devient en janvier 1942 le Bureau central de renseignements et d'action militaire (BCRAM) puis, à partir de juillet 1942, le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA).

Sous le commandement de Passy, le BCRA – l'instance supposée servir de trait d'union entre les Résistances intérieure et extérieure – anime les réseaux de renseignements ; ses compétences s'étendent progressivement au contre-espionnage, à l'évasion et à l'action militaire de la France Libre en zone occupée.

2.2. La mission Arquebuse-Brumaire

En février 1943, Passy obtient (fait rarissime en raison de sa qualité de chef des services secrets) une mission en territoire occupé. Ordonnée par le général de Gaulle, la mission Arquebuse-Brumaire consiste, tant en ce qui concerne l'aspect militaire que l'aspect civil, à faire connaître les directives du général en zone occupée ; ceci, en collaboration avec le chef de mission Brumaire (→ Pierre Brossolette) et Rex (→ Jean Moulin).

En six semaines, Arquebuse (pseudonyme de Passy) collecte les informations nécessaires pour décider des mesures à prendre en vue de rationaliser le fonctionnement des différents réseaux de renseignements ; il entre en contact avec tous les groupements de résistance de zone occupée afin de réaliser la coordination de l'action militaire en zone occupée mais aussi entre les deux zones ; enfin, il étudie les conditions dans lesquelles pourrait être constitué un Comité directeur central chargé de mettre au point toutes les questions civiles. Dès son retour à Londres, le 19 avril 1943, Passy remet au général de Gaulle un rapport complet sur les contacts pris et les moyens de la Résistance et de la France combattante. Avec son ami P. Brossolette, il se voit décerné la Croix de la Libération le 27 mai.

2.3. Chef de la Direction générale des Services spéciaux (DGSS)

En juin, Passy se rend à Alger pour prendre la direction technique de la Direction générale des Services spéciaux (DGSS), issue de la fusion du BCRA avec les Services spéciaux du général Giraud. Il institue dans tout le territoire français les délégués militaires régionaux chargés de coordonner les plans de sabotage destiné à paralyser l'action des troupes allemandes au moment du débarquement allié : plan vert pour le réseau ferroviaire, plan Tortue pour les axes routiers, violet pour les transmissions téléphoniques, bleu pour les lignes à haute tension.

2.4. Chef d'état-major du général Kœnig

Ayant quitté la DGSS en février 1944, Passy devient chef d'état-major du général Kœnig, commandant en chef des FFI. Il est parachuté le 5 août 1944 dans la région de Guingamp ; à la tête de 2 500 FFI, associés à des contingents de Patton, Passy contribue à la libération de Paimpol (17 août).

3. Retour à la vie civile

Après la Libération, le colonel Passy est nommé à la Direction générale des études et recherches (DGER), devenue fin 1945 le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE). Peu après le retrait du général de Gaulle le 20 janvier 1946, le colonel Passy démissionne à son tour et entame une carrière d'industriel. Compagnon de la Libération, il a publié ses Souvenirs (2 vol., 1947) et Missions secrètes en France (1951).

Pour en savoir plus, voir l'article la Résistance.