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Antonio Vallisneri

Médecin et naturaliste italien (Trassilico, Garfagnana, 1661-Padoue 1730).

Fils d'un médecin au service de la famille d'Este, qui gouverne alors l'État de Modène, Antonio Vallisneri fait, lui aussi, des études de médecine. Il suit à Bologne les cours du célèbre anatomiste Marcello Malpighi, qui est un ami de son père. Après avoir été reçu docteur en médecine et en philosophie à Reggio, en 1684, il retourne à Bologne pour s'y perfectionner en anatomie, en botanique et en zoologie. Il émigré en 1687 à Venise, où il enseigne un temps la médecine et où il se marie (sa femme lui donnera dix-huit enfants) et se livre à diverses expériences touchant la reproduction des insectes. Le résultat de ses observations est publié en 1700, dans un ouvrage remarquable intitulé Dialogues sur la curieuse origine de beaucoup d'insectes. Investigateur exact et profond, esprit résolument moderne, il n'hésite pas à faire justice, preuves à l'appui, de théories comme celle de la génération spontanée.

En 1700, Vallisneri est appelé à Padoue pour y prendre possession de la chaire de médecine pratique (à partir de 1709, il est titulaire de celle de médecine théorique). Il hésite rarement, dans ses cours, à évoquer les découvertes nouvelles et à prôner la méthode expérimentale, ce qui lui attire l'hostilité de la plupart de ses collègues, restés attachés à l'enseignement des Anciens. Lorsqu'il voyage à travers l'Italie, il effectue infatigablement des observations sur des phénomènes ou des matières qui l'intéressent – la géologie de l'Italie, par exemple. Il collectionne aussi bien les pierres que les animaux naturalisés, les plantes, les pièces de monnaie anciennes ou les objets archéologiques. Chez lui, à Padoue, il poursuit ses expériences sur les insectes, notamment ceux appelés « gallicoles » parce qu'ils vivent dans les galles, excroissances des plantes. Il montre de façon irréfutable que ces insectes ne se développent pas spontanément à partir des plantes comme on le croyait, mais naissent des œufs déposés par les femelles de leur espèce.

On lui doit aussi des études originales et très fouillées sur le caméléon, l'ichneumon – insecte hyménoptère parasite des chenilles –, le xylocoque, le fourmilion – insecte dont la larve dévore les fourmis – ou sur des animaux comme le ver de terre, l'anguille et l'autruche. Il s'intéresse au problème des fossiles et, dans son ouvrage sur les Corps marins, il se demande « comment la mer a pu porter les coquilles dans les endroits où on les trouve ». Ces coquilles sont là, avance-t-il, parce que la mer recouvrait jadis certaines régions et non parce que le Déluge les y aurait apportées. Il réfute aussi la thèse selon laquelle les sources proviendraient de l'évaporation puis de la recondensation de l'eau de mer. Il montre qu'elles sont en fait alimentées par les précipitations atmosphériques. Par ailleurs, ses expériences sur les insectes et les vers comme ses dissections anatomiques le conduisent à penser que certaines maladies contagieuses, telle la peste bovine, pourraient être dues à des parasites microscopiques.

Vallisneri a même fait des incursions dans le domaine de la botanique : il a décrit, par exemple, tout le cycle de développement de la lentille d'eau, et consacré un important mémoire à une plante marine qu'il nomme Alga marina et qui est appelée aujourd'hui « posidonie ». Ce médecin éclairé, qui donna dans plusieurs de ses ouvrages de pertinents conseils d'hygiène, mourut, dit-on, d'avoir absorbé trop d'eau chaude, car il croyait en ses vertus curatives.

Feu la génération spontanée

Feu la génération spontanée



Vallisneri combat avec acharnement la théorie de la génération spontanée. Les partisans de cette théorie, encore nombreux à son époque, croient, comme les Anciens, que des êtres plus ou moins complexes peuvent se former « spontanément » à partir de la matière inanimée. Le savant italien pense, lui, que le vivant ne peut naître que du vivant. Il s'élève aussi contre l'idée de la transmutation d'une plante en un animal ou même d'une espèce en une autre espèce. Les recherches qu'il conduit sur la reproduction des mammifères l'amènent très près de découvertes importantes, mais, malheureusement, il méconnaît le rôle des spermatozoïdes dans la fécondation, et croît que l'être existe déjà tout formé à l'état de germe, le développement embryonnaire n'étant qu'un agrandissement.