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Viktor Tsoï

Écrivain et auteur-compositeur-interprète de rock russe (Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) 1960-Moscou 1990).

Ce chanteur aux traits asiatiques très marqués (il était d'origine coréenne par sa mère) arrive sur la scène russe en 1980, avec le groupe Ward Six, avant de former Kino, accompagné de son ami guitariste Alexei Rybin. Ils se produisent en duo avec leurs guitares « sèches », non par choix esthétique, mais parce qu'il était très difficile en Union soviétique de trouver des musiciens « électriques » possédant leur propre matériel. Mais, comme beaucoup de chanteurs rock de Leningrad, Tsoï est plus attaché au contenu de ses textes qu'à la musique. Ses thèmes de prédilection tournent autour de la vie quotidienne dans les grandes cités, ce qui l'amène très vite à en dénoncer les fléaux : alcoolisme, solitude, jeunesse désemparée, etc. Et, comme ce genre de propos n'est pas spécialement bien vu des autorités, Kino rejoignit rapidement le nombre croissant des groupes clandestins.

Radical. Remarqué et apprécié par Boris Grebenchikov, avec qui il noue par la suite une solide amitié, Viktor Tsoï bénéficie souvent de son appui pour se produire sur scène ou enregistrer sur ces fameuses cassettes autoproduites, alors seul lien entre un artiste et son public. La disparition prématurée d'Alexei Rybin amène Viktor Tsoï à restructurer en 1983 son groupe, qui prend des positions encore plus radicales. Avec une formation du type quatuor (guitare-basse-batterie-chant), le nouveau Kino propose dès lors un punk-rock dense et carré qui cadre mieux avec les textes de Tsoï. Grâce à la multiplication des festivals que permettent glasnost et perestroïka, Kino est sur le point de connaître enfin une vraie carrière, d'autant plus que Viktor Tsoï commence à être reconnu comme écrivain, recueil de textes et de poèmes à l'appui. Mais, en visite à Moscou pour préparer des séances d'enregistrement et discuter des modalités d'une tournée, il est renversé par une voiture dont le chauffeur prend la fuite. Des bruits ont couru au sujet d'un « contrat » lancé par des proches du gouvernement impliqués dans la mafia russe — Tsoï dénonçant régulièrement la corruption et le gaspillage de l'argent public —, mais les rares tentatives de faire la lumière sur cet accident n'ont jamais abouti.