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sister Rosetta Tharpe

Chanteuse et guitariste américaine (Cotton Plant, Arkansas, 1915- Philadelphie, Pennsylvanie, 1973).

Elle débute en 1938 au sein de la troupe du Cotton Club dans l'orchestre de Cab Calloway, puis est engagée dans les formations d'Andy Kirk et de Lucky Millinder. Elle abandonne peu à peu la musique profane pour le chant religieux et poursuit sa mission évangélique jusqu'à sa mort. D'une voix puissante aux accents émouvants, s'accompagnant elle-même à la guitare d'une façon très personnelle, elle aura contribué à populariser le gospel, suivant en cela la voie tracée par Mahalia Jackson. Parmi ses enregistrements, citons Intégrale, Volume 1, 1938-1943.

Si la frontière entre profane et sacré n'a jamais été étanche, le cas de Rosetta Nubin est unique dans l'histoire du jazz : la merveilleuse aisance avec laquelle elle « balance » littéralement entre les deux dénote plus que de la versatilité, mais une volonté délibérée de défier les conventions et les tabous. Ce n'est pas sans « casse » qu'elle devient dans les années 1940 la première star du gospel, alors qu'elle triomphe sur la scène « indigne » de l'Apollo de Harlem. Elle paiera cette incartade, rejetée par une bonne partie de la communauté très pieuse qui l'avait portée aux nues, et quittera l'Église pentecôtiste pour l'Église baptiste, plus accommodante…

Formée dès sa plus tendre enfance par sa mère Katie Bell Nubin, qui dirige la chorale de sa petite ville natale de Cotton Plant, Rosetta obtient son premier succès à six ans dans une grande église de Chicago. À dix-neuf ans, elle épouse à Pittsburg un pasteur nommé Thorpe ; divorcée peu après, elle conservera son nom à une lettre près. C'est en 1938 qu'elle devient sans doute la première chanteuse de gospel (un genre alors tout à fait neuf) à se produire dans un night-club, et non des moindres puisqu'elle est engagée, d'abord avec Cab Calloway, puis avec le danseur Bill Bojangles Robinson, dans les revues du Cotton Club qui vient de quitter Harlem pour Broadway. Elle grave aussitôt après ses premiers disques pour Decca, et, le 23 décembre, participe au concert historique de Carnegie Hall, From Spirituals to Swing. Puis, au grand dam du clergé new-yorkais, elle n'hésite pas à « évangéliser » les amateurs de jitterbug, chantant avec les big bands les plus torrides, ceux d'Andy Kirk et de Lucky Millinder, ou accompagnée par des pianistes (Mary Lou Williams, Sammy Price). Arborant un boa de plumes d'autruches, elle roule en limousine et a les honneurs du magazine Life, ce qui ne l'empêche pas d'enregistrer la bonne parole pour les « V Discs » destinés au moral plus qu'à la morale des troupes… Ses versions de Rock Me et de Trouble in Mind sont parmi les grands succès « noirs » de la guerre.

À partir de 1947, Rosetta s'associe avec la chanteuse Marie Knight et se consacre entièrement aux récitals de chant sacré, mais continue de défrayer la chronique : en 1951, pour son troisième mariage, elle réunit 25 000 invités payants ! Très populaire en Europe dans les années 1960, elle participera au film d'Hugues Panassié L'Aventure du jazz. Autant que son style vocal irrésistiblement syncopé et ardent, c'est son talent de guitariste qui en fait une des figures les plus communicatives de sa génération.