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Snorri Sturluson

Écrivain et homme politique islandais (Hvammur vers 1179-Reykjaholt 1241).

Snorri Sturluson est issu de la grande famille des Sturlung. Son père adoptif, Jón Loptsson, est le plus puissant chef de son temps.

Un homme d'action

Poète précoce, il est deux fois (1215-1218, 1222-1231) président de l'Assemblée législative de son pays. Il séjourne, de 1218 à 1220, en Norvège, où le roi Haakon IV et le jarl Skúli l'accueillent chaleureusement, espérant qu'il convaincra ses compatriotes d'accepter la suzeraineté norvégienne. Snorri s'en tirera par une pirouette et un poème flatteur pour ses hôtes. En 1237, il reviendra en Norvège, mais le roi Haakon lui interdit de rentrer en Islande. Sur son refus, Haakon le fait assassiner par son gendre le 23 septembre 1241.

Un maître de l'histoire

On attribue à Snorri la Saga d'Egill Skallagrímsson, qui peint avec réalisme la vie de ce Viking poète du xe siècle. L'œuvre, qui abonde en événements sanglants et pathétiques, ne brosse pas de son héros un portrait sympathique. Ce serait bien dans la manière de Snorri, mais les sagas que l'on peut légitimement lui accorder suffisent amplement à sa gloire.

Snorri débuta par une Saga de saint Olav qui, appuyée sur une reconstruction lucide du passé légué par les traditions orales, évoque les deux aspects du roi évangélisateur mort en 1030 : le guerrier ambitieux, le saint faiseur de miracles. Ce premier récit, Snorri l'intégra à sa monumentale Saga des rois de Norvège, qui embrasse l'histoire de ce pays, des origines mythiques et de Halfdan le Noir (mort vers 880) à Magnus Erlingsson (1177). Dans le prologue de son recueil, qu'on appelle souvent l'Heimskringla (des deux premiers mots du manuscrit : « le cercle du monde »), Snorri explique la méthode quasi rationaliste qu'il a appliquée à l'examen critique des vieux poèmes scaldiques et comment il corrige une source par une autre.

Un théoricien poétique

Snorri Sturluson doit une large part de sa célébrité à un manuel de poésie à l'usage des scaldes, intitulé l'Edda prosaïque ou Edda nouvelle. Il le composa entre 1220 et 1230, pour conserver la mémoire d'une technique et d'un patrimoine culturel qui commençaient à s'estomper.

La poésie scaldique repose non seulement sur une métrique très élaborée, mais la règle qui interdit de nommer les choses et les gens par leur nom imposait aux apprentis scaldes une connaissance approfondie de la mythologie païenne, qui avait tendance à disparaître après deux siècles de christianisme.

La première partie de l'Edda de Snorri, la « Fascination de Gylfe », résume la mythologie ancienne : le roi suédois Gylfe pénètre dans un palais où trois divinités répondent tour à tour à ses questions sur les dieux, l'origine et l'organisation du monde.

La deuxième partie, la « Poétique », définit les termes techniques de la poésie scaldique, notamment ceux qui concernent la pratique du « kenning », ces expressions figurées qui sont utilisées pour désigner les objets les plus simples.

La troisième partie, le « Dénombrement des mètres », énumère, avec de nombreux exemples, les 101 formes métriques proposées à la virtuosité des scaldes. Elle met également en scène les Ases et le dieu Bragi qui s'explique sur la nature et la signification de la poésie.