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Marie Jules César Lelorgne de Savigny

Naturaliste français (Provins 1777-Versailles 1851).

Bien que peu connu du grand public, il a joué un rôle important dans la science du xixe s. Il a rapporté d'Égypte et de Syrie de nombreux spécimens d'animaux. Ses recherches sur les invertébrés – les insectes en particulier – l'ont conduit à des conclusions d'ordre général d'un grand intérêt scientifique.

Fils et petit-fils de magistrats, Savigny, que l'on destine à la prêtrise, fait ses études secondaires dans un collège religieux et apprend avec une grande facilité le latin, le grec et l'hébreu. Il est obligé de travailler dès l'âge de 16 ans, car les bouleversements de la Révolution ont ruiné sa famille. Il entre comme préparateur chez un pharmacien de Provins, sa ville natale. Dans l'espoir d'améliorer ses perspectives d'avenir, il passe un concours pour entrer à l'École de santé de Paris, est reçu brillamment et vient s'installer dans la capitale. Il y suit avec enthousiasme les cours de botanique du Muséum. Remarqué par le naturaliste Lamarck, il se voit confier quelques travaux de rédaction qui l'aident à subsister.

Vers sa vingtième année, il délaisse définitivement la médecine pour les sciences naturelles. Ses protecteurs du Muséum lui obtiennent un poste de professeur de botanique à Rouen. Au moment où il va rejoindre son poste, on lui propose de prendre part, en tant que zoologiste à l'expédition de Bonaparte en Égypte. Bien que botaniste de formation, il accepte, encouragé par Cuvier lui-même. Avec son collègue Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, il s'embarque en mai 1798 à Toulon pour Alexandrie. Il ne reviendra que trois ans plus tard avec les débris de l'armée vaincue. Si l'expédition se solde par un échec militaire, les scientifiques emmenés par Bonaparte rapportent de nombreux documents de toute nature. Savigny, pour sa part, n'a pas épargné sa peine. Il s'est occupé non seulement de la recherche des animaux vivants, mais aussi des fossiles, des momies, des antiquités. Il a rassemblé la plus grande collection d'animaux égyptiens qui ait jamais été constituée. Seul naturaliste de l'expédition à être allé jusqu'en Syrie, il a fait une ample moisson, dans ce pays, de spécimens de mammifères, d'oiseaux, de serpents et d'invertébrés divers.

De retour à Paris, il exploite les documents collectés durant ses voyages. Observateur précis et méticuleux, il étudie la bouche de 1 200 insectes et montre que les pièces buccales des insectes sont toujours fermées par les mêmes organes, bien que ceux-ci aient un aspect différent. Les résultats de ses investigations sur les invertébrés se trouvent consignés dans ses Mémoires sur les animaux sans vertèbres (1816), un ouvrage qui inspirera de nombreux travaux scientifiques au xixe s.

Savigny a écrit quelques autres livres et a aussi travaillé à l'Atlas de l'Expédition d'Égypte pour lequel il a fait exécuter de magnifiques planches. Celles-ci devaient être accompagnées de commentaires rédigés par lui, mais il ne put jamais venir à bout de sa tâche.

En 1817, il ressent les premières atteintes d'un mal mystérieux, une affection nerveuse peut-être contractée dans le delta du Nil et qui se traduit par des hallucinations visuelles et auditives extrêmement pénibles. Pour essayer de guérir, il va se reposer en Italie. Il n'en revient qu'au bout de quatre ans, avec de nouveaux spécimens d'oiseaux et de coquilles collectés dans ce pays. Il n'est pas guéri pour autant. Une rechute en 1824 le met définitivement dans l'impossibilité de travailler. Son cerveau reste intact, mais son état physique se dégrade. Jusqu'à sa mort, survenue seulement en 1851, il vivra en reclus à Versailles, dans l'obscurité complète et dans de grandes souffrances.