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Ippolito Salviani

Médecin et naturaliste italien (Città di Castello, Ombrie, 1514-Rome 1572).

On sait peu de chose de la jeunesse d'Ippolito Salviani qui, semble-t-il, appartient à une famille aristocratique du duché d'Urbino, alors brillant foyer intellectuel et artistique. Après avoir terminé ses études secondaires, il choisit de devenir médecin, car il s'intéresse beaucoup à l'anatomie. Il visite les principales villes d'Italie, puis s'installe finalement à Rome où ses compétences médicales lui attirent les faveurs d'une clientèle fortunée.

Ippolito Salviani enseigne jusqu'en 1568 l'art d'Hippocrate à la Sapience, la grande université romaine de la Renaissance, et dirige le Collège de médecine de Rome. En 1565, il est nommé conservatore de la ville, poste administratif très recherché. Son amitié avec le puissant cardinal Cervini lui permet de devenir le médecin du pape Jules III. Après la mort de celui-ci, en 1555, c'est le cardinal Cervini qui accède au trône de saint Pierre sous le nom de Marcel II. Le nouveau pape succombe au bout de trois semaines à une attaque d'apoplexie, mais Salviani, s'il n'a pu sauver son illustre malade, conserve néanmoins son poste de médecin auprès du pape suivant, Paul IV, jusqu'à la mort de ce dernier, en 1559.

Parallèlement à ses activités médicales et a ses fonctions administratives, Ippolito Salviani s'est fait connaître comme naturaliste. C'est à lui que sont présentés les spécimens d'animaux rares reçus à Rome, afin qu'il puisse donner son avis. Il se spécialise dans l'étude des animaux marins qui lui sont envoyés de toute l'Italie. Il les dissèque lui-même, dans son cabinet de travail. Il collectionne en outre des échantillons naturalisés et des dessins des poissons communs en Grèce, en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne.

Il rassemble tous ces éléments pour l'ouvrage d'ichtyologie auquel il travaille, Aquatilium Animalium Historia (« Histoire des animaux aquatiques »), qui est imprimé dans son propre atelier typographique entre 1554 et 1558. Cet ouvrage magnifiquement illustré, d'abord dédié au cardinal Cervini puis au pape Paul IV, connaît un grand succès. Les 99 planches hors texte, finement gravées sur cuivre, sont l'œuvre d'artistes de renom ; parmi eux figure Bernardus Aretinus, qu'Ippolito Salviani a pris à gage chez lui pendant deux ans. Souvent approximatives quant aux écailles, épines, nageoires ou tentacules, les figures valent davantage pour leurs qualités esthétiques que pour leurs mérites scientifiques… il en est parfois difficile d'identifier l'espèce représentée !.

Dans cet ouvrage, Ippolito Salviani ne traite pas seulement des poissons ; il en consacre une partie à divers « habitants du royaume des eaux » tels que l'hippopotame, le phoque, le dauphin, des mollusques, des crustacés, des grenouilles ou des crapauds. Les êtres aquatiques sont rapprochés les uns des autres en fonction de leurs caractères extérieurs. Certains renseignements fournis relèvent de la plus haute fantaisie : par exemple, l'auteur attribue à l'hippopotame la taille d'un âne, la faculté de brouter le blé dans les champs, de témoigner une grande affection à ses parents. Les données concernant les poissons sont en général plus fiables, surtout lorsqu'il s'agit de poissons de l'Adriatique que l'auteur connaît bien. Dans ce domaine, il esquisse même une classification. Ainsi, il groupe les poissons à squelette cartilagineux (mais classe parmi eux la baudroie, qui est poisson à squelette ossifié).

Outre l'Histoire des animaux aquatiques, Ippolito Salviani a écrit un ouvrage de médecine. On lui attribue également une comédie bien enlevée, la Ruffiana, peinture sans concession des vices de son époque.