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Guillaume Rondelet

Médecin et naturaliste français (Montpellier 1507-Réalmont 1566).

Fils d'un « marchand d'épices » (profession qui tenait à la fois de celle d'apothicaire et d'épicier), il fait ses humanités (études classiques) à Paris, puis s'inscrit à la faculté de médecine de Montpellier en 1529. En 1530, il est nommé par les professeurs « procureur des écoliers » et doit, à ce titre, percevoir au profit de la Faculté les frais d'études versés par ses condisciples.

La même année, il se lie avec Rabelais, de quinze ans son aîné, qui, lui aussi, veut devenir médecin après avoir renoncé à la vie monacale. Les deux étudiants font partie d'une joyeuse bande qui ne manque aucun divertissement. Mais Rabelais quitte Montpellier au bout d'un an et Rondelet, reçu bachelier en médecine, va bientôt s'établir comme médecin à Pertuis, petite ville de Provence. La pratique de son art l'enrichissant peu, il doit donner en même temps des leçons de grammaire à des enfants. Aussi retourne-t-il bientôt à Paris pour y préparer un doctorat de médecine, qui lui permettra de professer dans cette discipline. Pour payer ses études, il entre comme précepteur chez le vicomte de Turenne. Il passe ensuite quelque temps à Maringues, en Auvergne, où il exerce de nouveau la médecine. En 1537, il accède finalement au grade tant convoité de docteur.

Devenu le médecin du puissant cardinal de Tournon, Rondelet effectue avec le prélat plusieurs voyages à travers l'Europe. Il en profite pour étudier les poissons des régions visitées, notamment ceux de la mer du Nord et de l'Atlantique, qu'il connaît moins bien que ceux de la Méditerranée. À partir de 1551, il ne quitte plus guère Montpellier. Sur ses terres, il a installé de vastes viviers où il élève, aux fins d'observation, de très nombreux poissons appartenant à des espèces diverses. Il enseigne depuis 1545 l'anatomie et l'histoire naturelle à la faculté de Montpellier. En 1556, il fait construire, avec ses collègues de la faculté, un nouvel amphithéâtre pour les démonstrations anatomiques. Il a de nombreux élèves, car sa réputation d'anatomiste ne cesse de croître.

En 1554-1555 paraît son grand ouvrage écrit en latin, mais qui sera traduit en français (1558) sous le titre l'Histoire complète des poissons. Comme tous ses contemporains, il appelle poissons tous les animaux vivant dans l'eau, c'est-à-dire qu'il traite aussi des cétacés, des invertébrés marins ou d'autres animaux comme le castor. À la même époque paraissent deux autres ouvrages importants d'ichtyologie, l'un écrit par Belon, l'autre par Salviani. Mais le sien les surpasse aussi bien par le nombre d'espèces décrites (plus de 300) que par l'abondance et la qualité des renseignements fournis (pour désigner chaque espèce, il utilise, le premier, une nomenclature comportant deux noms latins, qui préfigure celle de Linné).

Rondelet est élevé en 1556 au rang de chancelier de l'Université. Il a du mal à assumer le surcroît de travail que cette charge lui occasionne, d'autant que les deuils se succèdent dans sa famille. Son joyeux caractère s'en trouvera définitivement assombri. Une épidémie de dysenterie le terrasse alors qu'il effectue un voyage dans la région de Toulouse. Il expire le 20 juillet 1566. Outre son ouvrage sur les poissons, il laisse divers traités de médecine.

Rondelet et les animaux aquatiques

Rondelet et les animaux aquatiques



Dans l'Histoire complète des poissons, on trouve quelques affirmations qui, aujourd'hui, font sourire : ainsi, « les carpes naissent spontanément dans les lacs de montagne » ou « la décomposition des chevaux morts engendre des anguilles » ; l'auteur reproduit aussi certaines croyances solidement ancrées dans l'esprit de ses contemporains à propos de monstres marins plus ou moins mythiques. Mais l'ouvrage de Rondelet n'en a pas moins une indéniable valeur scientifique. Celui-ci a vu la grande majorité des poissons dont il parle – plus de 300 au total. Il les a comparés entre eux, parfois disséqués. Il étudie leurs appareils digestif, respiratoire et reproducteur ; il essaie de relier la fonction avec le milieu naturel. Il donne la première description de la vessie natatoire chez les poissons d'eau douce, et l'observe chez certaines espèces marines. On lui doit aussi une description détaillée de l'oursin, et ses schémas sont le premier témoignage que l'on ait de la dissection d'un invertébré. Il a également disséqué un dauphin, ce qui l'a conduit à affirmer que l'animal est un quadrupède aquatique » plutôt qu'un poisson. Son ouvrage est orné de 251 gravures grand format d'une fidélité telle qu'elles permettent presque toujours l'identification au premier coup d'œil.