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Mitt Romney

Homme politique américain (Détroit 1947).

1. À la fois héritier et entrepreneur

Fils de George Romney, homme d'affaires mormon responsable républicain modéré, et à ce titre gouverneur du Michigan dans les années 1960 puis membre du cabinet Nixon, le jeune Mitt passe deux années et demie en France en tant qu’ambassadeur et missionnaire de son Église avant de poursuivre ses études à Salt Lake City et d’obtenir ses diplômes en droit et commerce de la prestigieuse université de Harvard.

Marié et bientôt père de cinq enfants, il s'engage dans le secteur lucratif du conseil en management et crée en 1984 le fond de gestion Bain Capital qu'il porte aux sommets. Fortune faite, il décide, quelques dix années plus tard, de se tourner à son tour vers la vie politique, mais à Boston. Bien que centriste enregistré comme indépendant et susceptible de voter en faveur des démocrates, il rejoint finalement les républicains et porte leurs couleurs face à Ted Kennedy pour le poste de sénateur en 1994. S'il échoue à lui ravir le siège qu'il occupe depuis vingt-quatre ans, il n'en reste pas moins qu'il fait trembler le « vieux lion » et routier démocrate.

Dépêché à Salt Lake City en 2002, Mitt Romney se consacre en revanche avec davantange de succès au sauvetage financier des Jeux olympiques. C'est fort de son expérience et de son bilan en tant que chef d'entreprise qu'il est élu, la même année et pour le compte du Grand Old Party, gouverneur du Massachusetts.

2. Gouverneur républicain du Massachussets

Adepte du compromis avec les démocrates majoritaires au Congrès d'État, et par ailleurs lui-même toujours de sensibilité centriste, il n'hésite pas à faire voter en 2006 une loi donnant à l’ensemble des habitants de l’État une assurance santé. En parallèle, à coup de relèvements de TVA et autres taxes ainsi que de coupes budgétaires et de réduction de niches fiscales, il parvient à rétablir des comptes publics alors en berne.

Hostile de par ses convictions religieuses au mariage de même sexe, il est néanmoins amené à en soutenir le principe, une fois celui-ci déclaré constitutionnel par la Cour suprême de l’État à la fin 2003. Mais il s’emploie peu à peu en sous-main à en torpiller l’application. De même, il évolue quant à la question de l’avortement, passant progressivement du soutien effectif à une opposition ouverte.

Renonçant à la perspective d’un second mandat, il quitte en 2007 la scène locale avec un taux d’impopularité élevé, mais des ambitions qui désormais embrassent l’échelle nationale. Il se présente aux primaires républicaines en 2008. En dépit ou à cause d’un positionnement plutôt centriste et de l’affichage de convictions traditionnellement conservatrices, il se retire assez vite de la compétition interne face à John McCain.

3. Porte-voix d'une Amérique en colère et challenger de Barack Obama

Il revient dans la course aux primaires de 2012 et finit par obtenir l’investiture de son parti pour l'élection présidentielle de l’année – au prix d’une lutte acharnée avec ses concurrents et moyennant un alignement nettement droitier ; ce qui, dans son camp, conforte les soupçons d'opportunisme et ravive les doutes sur la sincérité de ses prises de position.

Longtemps donné battu par le président sortant, il n’en parvient pas moins pendant l’été à rassembler derrière son nom et celui du colistier qu'il se choisit – le très libéral et jeune catholique Paul Ryan – l’ensemble des conservateurs américains, et, malgré l’accumulation de maladresses au sein de son équipe et du parti républicain, à créer, à la faveur du premier débat télévisé qui l’oppose à son challenger, une certaine dynamique qui laisse entrevoir la possibilité d’un succès. Il se fait dès lors plus que jamais le chantre des recettes libérales, tout en exprimant la colère à la fois des fidèles hostiles à la sécularisation du pays, des opposants à la place jugée envahissante de l’État fédéral dans la société, et des tenants de la vieille Amérique blanche.

Mais il doit s'incliner face au président sortant Barack Obama qui, fort d’une machine très performante, de l’amélioration de la conjoncture économique et de l’appui des minorités que les prises de position de M. Romney ou de ses collègues du Grand Old Party ont pu inquiéter (avortement et immigration notamment), est reconduit assez facilement à son poste. Le candidat républicain n’obtient en effet que 47 % des voix et 206 grands électeurs, contre respectivement 51 % et 332 à son principal concurrent.

Pour en savoir plus, voir les articles parti républicain, Vie politique des États-Unis depuis 1945.