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Atiq Rahimi

Écrivain et cinéaste afghan et français (Kaboul 1962).

Atiq Rahimi grandit à Kaboul dans une famille libérale. Son père, un juge d’instruction réputé monarchiste, est emprisonné en 1973 lors du coup d’État qui renverse le roi Zaher Chah. À sa sortie de prison (1976), il décide de quitter l’Afghanistan avec sa femme. Ils partent pour l’Inde, laissant leurs trois enfants poursuivre leur scolarité à Kaboul. En 1978, après le coup d’État communiste, Atiq rejoint ses parents en Inde où il voyage durant six mois. Faute de visa, il est contraint de rentrer en Afghanistan. Mais ce voyage, qu’il vit comme une initiation, lui permet de prendre du recul sur son pays, sa famille et la religion.

Pour gagner sa vie, le jeune homme donne des cours de persan à l’ambassade de France et écrit dans les pages culturelles des journaux. À l'idéologie véhiculée par le nouvel État communiste, il préfère le cinéma et découvre les films occidentaux (dont Hiroshima mon amour d’Alain Resnais) qui passent au Centre franco-afghan.

Durant l’hiver 1980-1981, il décide de faire un reportage sur la situation à Kaboul : privée d’électricité par la résistance, la ville sombre dans le chaos. Pour lutter contre le froid, nombre de jeunes partent vers le Nord en quête de charbon. Rahimi les suit et travaille alors avec des mineurs durant plusieurs semaines : cette histoire constituera le point de départ de son premier livre, Khâkestar-o-khâk, publié en France sous le titre Terre et Cendres (2000). En 2004, l’écrivain adaptera d’ailleurs lui-même son roman au cinéma ; le film, sélectionné pour le festival de Cannes dans la catégorie « Un certain regard », y obtiendra le Prix du regard vers l'avenir.

À 22 ans, Rahimi décide de fuir clandestinement son pays en guerre contre l’Union soviétique : après neuf jours et neuf nuits de marche en hiver, il rejoint le Pakistan. Désapprouvant l'atmosphère d’oppression qui règne dans le pays, il part pour la France où il demande l’asile politique. Il parfait son français appris à Kaboul au lycée franco-afghan Istiqlal, puis s'inscrit à l'université où il obtient un doctorat en audiovisuel.

Parallèlement à ses travaux universitaires, Rahimi se réfugie dans l’écriture. Naturellement, c’est par le biais de sa langue maternelle qu’il revient sur ses années afghanes. Après Terre et Cendres, il publie les Mille Maisons du rêve et de la terreur (2002), dans lequel il évoque sa longue marche pour rallier l’ambassade de France à Islamabad en 1984, puis le Retour imaginaire (2005), réflexion – à partir de ses propres photographies – sur son retour à Kaboul après dix-huit ans d’exil. En 2008, rédigeant directement en français, il fait paraître Syngué sabour. Pierre de patience. Le récit, dédié à la poétesse afghane Nadia Anjuman (1980-2005) vraisemblablement morte sous les coups de son mari, met en scène une femme qui veille son époux alité. Profitant de ce que cet homme est devenu un « cadavre vivant » après avoir reçu une balle dans la nuque, elle laisse éclater sa haine accrue par des années d’oppression conjugale et religieuse. Ce livre-cri, qui restitue la parole et la liberté à la femme afghane, remporte le prix Goncourt.