Né dans une famille d'ouvriers, il étudie le droit de 1970 à 1975 à l'université de Leningrad. Intégré au KGB en 1975, il y reçoit une formation complémentaire avant d'être affecté dans les services du contre-espionnage en Allemagne de l'Est (Dresde) de 1985 à 1990. De retour à Leningrad en 1990, il devient conseiller du recteur de l'université de la ville, Anatoli Sobtchak, son ancien professeur et l'une des grandes figures réformatrices de la Russie de l'époque. Lorsque celui-ci est élu à la tête de la mairie de Leningrad en 1991, V. Poutine devient son conseiller. Nommé responsable des relations extérieures de la ville, il devient ensuite premier adjoint du maire de Saint-Pétersbourg en 1994. Il rejoint Moscou en 1996 pour occuper le poste d'adjoint au responsable des affaires générales puis responsable adjoint de l'Administration présidentielle. Après un bref passage à la tête du FSB (Service fédéral de sécurité, ex-KGB) en 1998, il est nommé Premier ministre de la Fédération de Russie par Boris Ieltsine en août 1999. En septembre, des attentats dans des immeubles de Moscou, imputés aux terroristes tchétchènes ainsi que l'incursion d'islamistes tchétchènes au Daguestan lui fournissent l'occasion de rouvrir les hostilités avec la Tchétchénie. Peu connu du public, V. Poutine acquiert, sur fonds de guerre avec le voisin rebelle, une stature de présidentiable et devient le nouvel homme fort de la Russie. Président par intérim de la Fédération, à la suite de la démission de B. Ieltsine en décembre 1999, il est élu dès le premier tour de l'élection présidentielle de mars 2000 avec 52,9 % des voix.
Pour affirmer son autorité sur le pays, V. Poutine remanie en profondeur l'Administration présidentielle au profit de cadres issus des services de sécurité ainsi que de personnalités influentes venant de Saint-Pétersbourg, sa ville natale. La restauration de l'autorité du Kremlin sur les régions et, plus particulièrement, sur les puissants gouverneurs, constitue un des principaux volets d'une volonté d'instauration d'un État fort. V. Poutine promet également à une population, choquée par des privatisations menées dans des conditions le plus souvent frauduleuses et qui ont permis à quelques oligarques de s'emparer de près de 70 % des richesses nationales, l'établissement de la « dictature de la loi ». Sa volonté de contrôler la société civile au moyen d'une mise au pas des médias, des ONG, des partis politiques par le Kremlin, ne l'empêche pas de bénéficier d'une réelle popularité au sein de l'opinion publique russe. En mars 2004, il est réélu à la tête de l'État avec 71,2 % des voix.
Le traumatisme national, suscité par la tragédie de Beslan en septembre 2004, fournit l'occasion au président d'intensifier sa mise en place de la « verticale du pouvoir » au détriment des régions, notamment en supprimant l'élection des gouverneurs au suffrage universel direct. Il place les secteurs sensibles de l'économie entre des mains plus sûres, le clan des « siloviki » (services secrets, armée, police), et monopolise l'espace politique grâce à ses formations (« Russie unie », « Russie juste »), au détriment d'une opposition qui peine à se faire entendre. Sur le plan extérieur, sa volonté affichée de restaurer la grandeur de la Russie dans le monde se heurte à des échecs cuisants – notamment avec la sortie de la Géorgie et de l'Ukraine de la sphère d'influence russe en 2003 et 2004 –, qui le poussent à adopter une stratégie pragmatique consistant à contrer l'influence américaine, là où elle est en mesure de le faire, que ce soit sur la scène internationale ou dans les pays voisins de la Russie, l'« étranger proche ».
Ne pouvant se présenter pour un troisième mandat consécutif à la présidence de la Fédération, V. Poutine se fait élire à la tête du parti Russie unie. Au lendemain de l'investiture de Dmitri Medvedev, son dauphin, à la présidence russe, V. Poutine est élu au poste de Premier ministre (mai 2008). Depuis lors, il forme avec D. Medvedev un « tandem » à la tête de l'État russe. V. Poutine n'a pas encore officiellement exprimé son intention de présenter sa candidature à la prochaine élection présidentielle qui doit avoir lieu en 2012. Si c'est le cas et s'il est élu, il exercerait ses fonctions pendant six ans (et non plus quatre) suite à l'extension du mandat présidentiel russe par un vote du Parlement en novembre 2008.