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Abraham Polonsky

Scénariste, cinéaste et écrivain américain (New York 1910-Los Angeles 1999).

Abraham Polonsky grandit parmi les gangs de l'East Side, quartier défavorisé de Manhattan, avant d'étudier le droit. Intéressé par la politique, il écrivit un roman The Discovers, travailla à la radio, avec Orson Welles notamment, et collabora aux revues The Hollywood Quarterly et The Contemporary Reader.

Il débuta à la Paramount dans les années 1940. Sa première expérience constitua une sorte de prélude à la suite de sa carrière, brisée par la machine hollywoodienne et le maccarthysme. Il écrivit, en effet, un scénario pour Mitchell Leisen, les Anneaux d'or, totalement remanié et dénaturé par d'autres scénaristes. Son second script pour Sang et Or (Body and Soul, 1947), de Robert Rossen, rencontra en revanche un écho satisfaisant, puisqu'il lui valut, ainsi qu'à son principal interprète, John Garfield, une nomination aux Oscars. Son sujet, un boxeur confronté à un monde de corruption, annonçait les préoccupations morales et sociales du premier film de Polonsky, l'Enfer de la corruption (Force of Evil, 1948), œuvre saisissante qui dénonçait la corruption et le règne de l'argent, et considérée un classique du film noir américain.

Mais l'étoile montante du scénario américain se heurta violemment à l'intolérance de la guerre froide. Victime du maccarthysme, Polonsky se retrouva sur la « liste noire » en 1951 et s'exila en Europe, où il écrivit deux romans, World Above et A Season of Fear sur les conséquences de la chasse aux sorcières.

De retour aux États-Unis, il travailla pour la télévision sous des noms d'emprunt pendant dix-sept ans. Ce ne fut qu'en 1968 qu'il signa à nouveau un scénario pour Don Siegel, Police sur la ville. Un an plus tard, Willie Boy (Tell Them Willie Boy Is Here) – western antiraciste sur la mort d'un Indien, d'une belle facture classique, avec Robert Redford – le remit en selle. Son troisième et dernier film, le Voleur de chevaux (Romance of a Horsethief, 1971) avec Yul Brynner, Eli Wallach, Jane Birkin et Serge Gainsbourg, déçut quelque peu. En 1982, Polonsky cosigna le scénario de Monsignore de Frank Perry. À jamais marqué par la « chasse aux sorcières » dont il avait été victime, il tenta une dernière fois d'exorciser ses démons à travers le personnage d'un cinéaste condamné à la « liste noire », interprété par Robert De Niro, dans la Liste noire (Guilty by Suspicion), réalisé par Irwin Winkler en 1990.