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Jean-Claude Pirotte

Écrivain belge d'expression française (Namur 1939).

Issu d’un milieu conformiste, il se passionne dès l’enfance pour le dessin, la lecture et l’écriture. En rupture avec des parents auxquels il ne se sent pas viscéralement attaché, il n’hésite pas à fuguer : en 1951, ses pérégrinations le conduisent au Danemark, puis aux Pays-Bas à Ede où il demeure quelque temps, accueilli par une famille qui apaise son tempérament rebelle en nourrissant sa sensibilité artistique. Après une adolescence vagabonde (Wallonie, Pays-Bas, Bourgogne, Toscane), il entame des études de lettres (restées inachevées) et de droit à l’université libre de Bruxelles. Devenu avocat (1964), il exerce au barreau de Namur, assurant généralement la défense des laissés-pour-compte. C’est durant cette période qu’il publie ses premiers livres, des recueils de poèmes au lyrisme discret (Goût de cendre, 1963 ; Contrée, 1965 ; D’un mourant paysage, 1969).

En 1975, il est accusé d’avoir favorisé la tentative d’évasion d’un de ses clients (on le soupçonne d’avoir fourni au détenu une petite lime avec laquelle scier les barreaux de sa cellule). Pirotte nie le délit. Rien n’y fait : il est condamné à dix-huit mois de prison et rayé du barreau. Habité par un sentiment d’injustice, il entre en cavale et mène une vie clandestine dans la province française (Catalogne, Val d’Aoste). « Ma condamnation, écrit-il, a été une chance miraculeuse. De nouveau je me suis trouvé dans l’obligation de conquérir et de protéger ma liberté. » Contraint à une vie misérable, il puise son énergie et sa raison d’être dans la peinture, la musique, la littérature et la lecture de ses maîtres (parmi lesquels Jacques Chardonne, Henri Thomas, Philippe Jaccottet, André Dhôtel). En 1981, date de péremption de sa peine, la justice l’autorise à circuler librement dans son pays natal. La même année, il publie Journal moche, qui reçoit le Prix anticonformiste décerné par l’hebdomadaire Arts.

Depuis les années 1980, parallèlement à ses recherches picturales illustrant son goût pour les lieux et les paysages (aquarelles, encres, pastels, etc.), Jean-Claude Pirotte édifie une œuvre littéraire riche en récits (la Pluie à Rethel, 1982 ; Fond de cale, 1984 ; Un été dans la combe, 1986 ; Sarah, feuille morte, 1989 ; l’Épreuve du jour, 1991 ; Cavale, 1997 ; Mont Afrique, 1999 ; Une adolescence en Gueldre, 2005, prix des Deux Magots ; Absent de Bagdad, 2007), en poèmes (la Vallée de misère, 1987 ; Revermont, 2008 ; Passage des ombres, id.) et autres « chroniques » (les Contes bleus du vin, 1988 ; la Légende des petits matins, 1990 ; Récits incertains, 1992 ; Autres arpents, 2000). L’exigence et l’élégance de style, le goût pour la brume et la bruine, pour les vignobles et les bistrots mélancoliques, le questionnement des grandes souffrances que sont la mort et le temps qui passe, en sont les traits dominants.