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Paul de Peyerimhoff

Entomologiste français (Colmar 1873-Alger 1957).

Entré en 1894 à l'École des eaux et forêts de Nancy, Paul de Peyerimhoff s'initie à l'entomologie en classant une collection d'insectes qui a été léguée à cette école. Ses premiers écrits scientifiques sont influencés par ses contacts avec l'un de ses professeurs, le grand biologiste Lucien Cuénot. De 1896 à 1903, il est garde forestier à Senones, dans les Vosges, puis à Digne, dans les Basses-Alpes. C'est en Provence qu'il commence des recherches sur la faune cavernicole, au sein de laquelle survivent de très anciennes espèces. Peu après, il poursuivra ses investigations dans les grottes encore inviolées de la montagne algérienne. Il est nommé effectivement en 1903 en Algérie, où il va passer le reste de sa carrière comme inspecteur, puis conservateur des Eaux et Forêts. Ses fonctions l'amèneront à établir la première carte forestière de l'Algérie et de la Tunisie. Il sera, par ailleurs, l'un des principaux artisans de la création de réserves forestières en Algérie.

Cependant, l'essentiel de son œuvre est d'ordre entomologique. Il met à profit ses tournées forestières, ses missions scientifiques et tous ses moments de loisirs pour étudier les insectes, et spécialement les coléoptères, auxquels il a consacré quelque 270 publications sur un total de 335. Les coléoptères (dont le nom vient des termes grecs signifiant étui et aile, car les ailes antérieures, recouvertes d'une épaisse couche de chitine, ont la forme d'un étui) vivent dans les milieux les plus disparates, depuis le bord des glaciers jusqu'aux profondeurs des grottes, dans les déserts les plus arides comme dans les étangs, qu'ils soient d'eau douce ou d'eau saumâtre. Peyerimhoff a particulièrement étudié ceux du Sahara, qui se répartissent sur de nombreux biotopes, parfaitement distincts les uns des autres, chacun d'eux donnant asile à un monde animal qui lui est propre. Ainsi, comme il le fait remarquer, les ergs (régions qui, au Sahara, sont occupées par des dunes) abritent une faune très riche, si on la compare à celle des régions rocheuses ou argileuses : « Le sable surtout est pour les insectes un milieu favorable à la différenciation des structures et à la conservation des formes. » Il rappelait volontiers, à ce sujet, que l'état actuel de désert ne remonte guère qu'à cinq ou six millénaires et qu'auparavant le Sahara était une zone humide colonisée par une faune de régions tempérées, ce qui n'a pas manqué de laisser des traces sur les organismes.

En 1921, Peyerimhoff consacre un important mémoire aux coléoptères du Hoggar et des massifs voisins ; le total des formes qu'il recense s'élève à 402 pour la montagne seule et à 458, dont 87 nouvelles, pour l'ensemble de la région. Dans un travail sur la Physionomie de la faune entomologique (coléoptères) au Sahara (1938), il montre les différents aspects de la population des insectes dans les régions arides. Dix ans plus tard, une étude parue dans Mission scientifique du Fezzan est pour lui l'occasion de montrer quelles peuvent être les origines de la faune entomologique saharienne et les vicissitudes par lesquelles elle est passée. On lui doit aussi des travaux sur les coléoptères du littoral atlantique de l'Afrique du Nord, sur ceux des rivages méditerranéens, ceux des grottes, ceux attachés aux conifères… Sa curiosité, sa soif de découverte n'étaient jamais satisfaites.

Durant l'été 1949, à soixante-seize ans, le vieil entomologiste se joignait encore à un club spéléologique d'Alger pour essayer de recueillir quelques spécimens rares de la faune cavernicole.