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Philippe II, duc d'Orléans

Philippe II, duc d'Orléans
Philippe II, duc d'Orléans

(Saint-Cloud 1674-Versailles 1723), régent de France (1715-1723), fils de Philippe Ier d'Orléans et neveu de Louis XIV, duc de Chartres jusqu'à la mort de son père (1701).

1. Les hauts faits militaires

Il épouse en 1692 Mlle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan, sur les conseils de son précepteur l'abbé Dubois. Après s'être distingué à Steinkerque (1692), Neerwinden (1693) et Namur (1695), il commande l'armée d'Italie (1706), puis fait brillamment campagne en Espagne (1707-1708). Mais, soupçonné de complot contre Philippe V, dont il convoite la couronne, il est rappelé en France.

2. Le Régent et la Régence

Le 1er septembre 1715, le testament de Louis XIV l'appelle à présider un Conseil de régence dont il ne choisira pas les membres et lui enlève l'éducation du jeune Louis XV ainsi que la direction de la Maison militaire, confiées au duc du Maine. Poussé par son entourage (les ducs de → Saint-Simon, de Noailles et d'Antin, le maréchal de Villars, etc.), il fait casser le testament de Louis XIV par le parlement (2 septembre 1715), qui lui confère les pleins pouvoirs et auquel il restitue en échange le droit de remontrances.

Alors âgé de 41 ans, le Régent est intelligent, cultivé, mais indolent et débauché. Libertin spirituel, hostile à la cour dévote de Louis XIV et à l'étiquette, il abandonne Versailles et s'installe au Palais-Royal à Paris (1715), où il donne avec son entourage (notamment sa fille, la duchesse de Berry, et les roués) l'exemple de la licence. Ami des plaisirs et des nouveautés, il préside à une période de réaction contre le règne de Louis XIV. Mais s'il débride les idées et les mœurs, il devra peu à peu revenir au système et à la politique de Louis XIV.

Pour se concilier la noblesse, avide de recouvrer son rôle de conseil politique que lui a ravi la bourgeoisie sous Louis XIV, le Régent crée en 1715 huit conseils aristocratiques (polysynodie), qui se substituent aux ministres et aux secrétaires d'État. Cependant, l'incapacité politique de la noblesse le contraint à revenir au « despotisme ministériel » des secrétaires d'État dès 1718. Pour juguler la crise financière, il adopte le système révolutionnaire de Law (1716), qui permet d'alléger la dette publique et de stimuler le commerce maritime. Après l'échec de Law (1720), il liquide le système par des procédés colbertistes draconiens, dont celui de la chambre du visa.

Dans le domaine religieux, il se montre d'abord favorable aux adversaires de la bulle Unigenitus. Mais, en 1720, il impose la bulle comme loi du royaume, la fait enregistrer par le parlement et persécute de nouveau les jansénistes.

À l'extérieur, le Régent prend le contre-pied de la politique de Louis  XIV pour faire pièce à Philippe V, qui prétend à la couronne de France. Conseillé par Dubois, il renverse les alliances en concluant avec l'Angleterre et les Provinces-Unies la Triple-Alliance (1717), qui se transforme en Quadruple-Alliance (1718) avec l'adhésion de l'Autriche. L'alliance franco-anglaise suscite des oppositions, notamment celle du duc et de la duchesse du Maine, instigateurs avec Philippe V de la conspiration de Cellamare (1718) contre le Régent, qui, en représailles, engage une guerre contre l'Espagne (1719). Vaincu en 1720, Philippe V doit traiter et adhérer à la Quadruple-Alliance.

Après la majorité de Louis XV (16 février 1723), le duc d'Orléans se retire de la vie politique ; il est rappelé aux affaires après la mort du cardinal Dubois, auquel il succède comme Premier ministre le 10  août 1723. Quatre mois plus tard, il est emporté par une apoplexie.

Pour en savoir plus, voir l'article la Régence.