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Jean Nicolet ou Jean Nicollet

Explorateur français (Cherbourg vers 1598-Québec 1642).

Engagé en 1617 auprès de la Compagnie des marchands de Nouvelle-France pour servir d'interprète, il fut envoyé « hiverner chez les Algonquins de l'île aux Allumettes », endroit stratégique de la rivière des Outaouais, où il connut les rigueurs de la vie en forêt. Selon les Relations des jésuites (1640, 1642-1643), restant parfois jusqu'à « sept & huict jours sans rien manger, il fut sept semaines entières sans autre nourriture qu'un peu d'écorce de bois. » Il sut pourtant non seulement s'initier à la langue de ses hôtes, mais aussi se faire pacificateur, et « accompagna quatre cents Algonquins, qui alloient en ce temps là faire la paix avec les Hyroquois, & en vint à bout heureusement. » La paix étant assurée entre ces deux grandes nations amérindiennes, Nicollet « alla demeurer huict ou neuf ans avec la nation des Nipissiriens » (ou Nepissingues), établis au lac Huron et à la baie Georgienne. Après la capitulation de Québec devant les Anglais (19 juillet 1629) et le départ de Champlain, Nicollet aurait été « délégué pour faire un voyage en la nation appelée des Gens de Mer, & traiter la paix avec eux, & les Hurons », et persuader ces derniers de ne pas commercer avec les Anglais. Cette expédition le conduisit au-delà du lac Huron jusqu'au lac Supérieur, qu'il fut sans doute ainsi le premier Européen à découvrir. Il y séjourna chez les Ouinipigous, peuple sédentaire établi sur la rive nord du lac, que les jésuites évoquent en ces termes : « Quelques François les appellent la Nation des Puans, à cause que le mot algonquin ouinipeg signifie 'eau puante'. Or ils nomment ainsi l'eau de la mer salée, si bien que ces peuples se nomment Ouinipigou, pource qu'ils viennent des bords d'une mer dont nous n'avons point de cognoissance, & par consequent il ne faut pas les appeler la nation des Puans, mais la nation de la Mer. »

En 1634, de retour à Québec (entre-temps revenue à la France après le traité de Saint-Germain, en 1632), Nicollet en repartit aussitôt à la tête d'une expédition de 150 canots qui se rendit en Huronie, où il laissa trois missionnaires, dont le père Jean de Brébeuf.

En 1637, revenu dans la colonie, il obtint la concession d'une terre près de Trois-Rivières, se maria et eut deux enfants. Le découvreur du lac Supérieur, l'homme qui avait « le plus avant pénétré dedans ces pays si esloignés » ne savait pas nager, et il mourut noyé devant Québec, avec trois compagnons, au mois d'octobre 1642, lorsque leur chaloupe chavira ; « leurs corps ne furent point trouvés. »