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Pierre de Nesson

Juriste et poète français (Aigueperse, Basse-Auvergne, 1383- ? entre 1439 et 1443).

Issu d'une famille de notables bourgeois qui avaient fait fortune dans le commerce du drap – son père, Barthélemy, « molt grant riche homme », possédait à Aigueperse de plus vastes domaines que le duc de Berry -, il obtint, après des études à la faculté des arts de Paris puis à celle de droit d'Orléans, le titre de « maître » (licencié) ès lois. Il fut attaché à la maison de Jean Ier, duc de Bourbon et d'Auvergne, et comte de Clermont. Compromis dans le parti des Armagnacs, en avril 1413, il semble qu'il n'échappa à la fureur de la foule parisienne qu'en trouvant refuge en prison, où il resta quelques mois. Après que son protecteur eut été fait prisonnier à la bataille d'Azincourt (1415) et emmené en Angleterre, il fut élu à la Cour des aides de Clermont en 1425, et exerça les fonctions de bailli d'Aigueperse.

« En 1436, il fit partie, en tant que secrétaire, d'une ambassade chargée par le roi de France [Charles VII] de se rendre auprès des pères du concile de Bâle et du pape Eugène IV à Bologne pour conjurer le schisme. » (A. Piaget et E. Droz, Pierre de Nesson et ses œuvres, Paris, 1925). Contemporain et ami d'Alain Chartier, il a laissé plusieurs poésies, dont un Hommage à la Vierge, et un Lai de guerre, poème écrit, à un moment où la querelle des Bourguignons et des Armagnacs déchirait la France, pour ramener le duc de Bourgogne Jean sans Peur à des « sentiments français » et pour distraire le duc de Bourbon prisonnier en Angleterre. Mais son œuvre principale est les Vigiles des morts, composée de 279 sizains de vers octosyllabes : paraphrases, commentaires, descriptions et interrogations en neuf leçons extraites du livre de Job. Reflets d'une époque affreuse, émaillée de guerres, de massacres, de pillages et d'épidémies, ces strophes sur la vanité de la condition humaine et l'horreur de la décomposition des corps « conjuguent et conjurent à leur façon la défection apparente de l'amour divin, les souffrances de la vie et la présence réelle du néant. » (Alain Collet).