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Henri Milne-Edwards

Naturaliste français (Bruges 1800-Paris 1885).

Il est le premier à explorer systématiquement les côtes françaises pour en inventorier les animaux marins, qu'il étudie dans leur milieu naturel, ce qui fait de lui l'un des créateurs de la biologie marine.

« L'Océan et la Méditerranée qui baignent nos côtes sont riches en animaux très remarquables par la vivacité de leurs couleurs, par la bizarrerie de leurs formes et par leurs mœurs curieuses ; personne cependant ne s'est encore attaché à les faire connaître. » Dans la préface d'un ouvrage publié en 1832-1834 et intitulé Recherches pour servir à l'histoire naturelle du littoral de la France, Jean-Victor Audoin et Henri Milne-Edwards expliquent pourquoi ils ont, quelques années plus tôt, décidé d'étudier la faune des côtes françaises. On croyait alors n'avoir plus grand chose à découvrir sur cette faune, et les zoologistes s'intéressaient davantage à celle des pays dits « exotiques » dont les voyageurs leur ramenaient des spécimens. C'est en 1826 que les deux naturalistes entament leur prospection du littoral français, et leurs recherches se poursuivent jusqu'en 1830. Puis, alors que Jean-Victor Audoin consacre le reste de sa carrière presque exclusivement à l'étude des insectes, Henri Milne-Edwards, lui, continue à s'occuper des animaux marins.

Fils d'un planteur anglais retiré à Bruges, Henri Milne-Edwards choisit, au moment de l'indépendance belge, la citoyenneté française, et fait à Paris des études de médecine avant de s'orienter vers les sciences naturelles. En 1832, il est nommé professeur à l'École centrale des arts et manufactures. En 1838, il entre à l'Académie des sciences, où il enseigne par la suite et dont il devient le doyen. À partir de 1841, il est professeur au Muséum. Les recherches qu'il mène sur les invertébrés marins ont un caractère révolutionnaire. Jusqu'alors en effet, on étudiait surtout les animaux morts conservés dans les collections. Lui entend les observer vivants, au sein de la mer et dans les conditions mêmes de leur existence. Il améliore ainsi considérablement les connaissances que l'on a de leur anatomie et, surtout, de leur physiologie.

Son Histoire naturelle des crustacés (1834-1840) est le premier travail d'ensemble sur cette classe d'animaux. Il y développe des idées très originales pour l'époque, montrant que leur corps se compose de segments qu'il appelle « zoonites » et qui sont diversement constitués selon les fonctions qu'ils remplissent et le mode de vie de l'espèce. Dans son Introduction à la zoologie générale (1853), il définit un grand principe, celui de la division du travail physiologique, emprunté à l'économie politique. Chez les animaux inférieurs, le même tissu peut s'adapter à différentes fonctions : s'emparer de l'aliment pour le digérer, se contracter, se dilater, respirer aux dépens du milieu aquatique ambiant, se multiplier ou se reproduire en vertu d'un fractionnement spontané (si l'on coupe en morceaux un polype hydraire, par exemple, un simple fragment peut servir à régénérer l'animal tout entier). En revanche, chez les animaux supérieurs, des systèmes ou des groupes d'organes liés entre eux accomplissent des fonctions bien précises et exclusives (systèmes digestif, respiratoire, reproducteur...). Plus les tissus sont spécialisés, plus l'organisme occupe un rang élevé dans la série animale. (Académie des sciences, 1838.)

Un précurseur du commandant cousteau

Un précurseur du commandant Cousteau



Les études réalisées par Henri Milne-Edwards sur les côtes de France lui permettent de constater que la faune marine se modifie à mesure que l'on explore des parties de plus en plus profondes de la mer, mais les moyens dont on dispose alors limitent ses recherches. Malgré le manque de fiabilité des appareils de plongée de l'époque, Henri Milne-Edwards décide de descendre assez profondément dans la mer pour pouvoir observer un monde animal qui n'a jamais encore été contemplé. Au cours d'un voyage sur les côtes de Sicile, il réalise son projet. Un témoin raconte : « Il enferma sa tête dans une sorte de casque muni de clapets, chargea ses pieds de lourdes semelles de plomb et se laissa couler. Du bateau où étaient restés ses amis effrayés de son audace, on lui envoyait, au moyen d'une pompe, l'air nécessaire à sa respiration. » Fasciné par le monde sous-marin entrevu, Milne-Edwards puise dans cet exploit, qui aurait pu lui coûter la vie, une ardeur renouvelée pour ses recherches.

Le fils d'Henri Milne-Edwards, Alphonse a laissé, lui aussi, un nom en zoologie.