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Khaled Mechaal

Homme politique palestinien (Silwad, près de Ramallah, 1956).

1. Le cofondateur du Hamas

Poussé ainsi que sa famille à l'exil à la suite de l'occupation israélienne des Territoires palestiniens (1967), Khaled Mechaal étudie la physique au Koweït, où il investit alors les réseaux militants estudiantins proches des islamistes.

Devenu en 1987 l'un des membres fondateurs du Hamas – la mouvance palestinienne proche des Frères musulmans –, il est contraint en 1990 de quitter le Koweit, comme l’ensemble des Palestiniens résidant dans cet État, à la suite du soutien apporté par Yasser Arafat à l’Iraq de Saddam Husayn durant la première guerre du Golfe.

Ayant rejoint la Jordanie, K. Mechaal devient en 1996, chef du bureau politique du Hamas après l’arrestation aux États-Unis du titulaire du poste, Moussa Abou Marzouk. Un an plus tard, il est victime d’une tentative d’empoisonnement par Israël qui fait grand bruit et lui assure une renommée internationale. Dévoilée par les services de renseignement jordaniens, l’affaire contraint Israël à délivrer l’antidote à K. Mechaal, mais aussi à libérer Ahmad Yacine, le chef spirituel du mouvement emprisonné depuis 1989.

En 1999, le bureau politique du Hamas s’installe à Damas. C’est là que K. Mechaal devient chef suprême du mouvement après l’assassinat par Israël de A. Yacine, puis de son successeur, Abdelaziz al-Rantissi, en 2004.

2. L'homme fort du Hamas

Grand défenseur de la lutte armée contre l’État d’Israël, K. Mechaal défend en même temps l’idée d’une trêve à long terme en échange d’un retrait israélien sur les frontières de 1967. Il profite de sa liberté de mouvement que lui offre l’exil pour parcourir les différentes capitales du monde arabo-musulman à la recherche de soutiens politiques et financiers. Son rôle de « passeur » entre l’intérieur et l’extérieur des Territoires palestiniens prend une importance considérable pour la survie de son mouvement après la victoire du Hamas aux élections législatives de 2006 et le boycott politique dont est sujette la population de la bande de Gaza.

Fin 2011, K. Mechaal, opposé à la politique répressive menée par le président syrien Bachar al-Asad contre son peuple, prend la décision de déplacer le bureau politique du Hamas au Qatar, tout en parvenant à maintenir un lien privilégié avec l’Iran, pourtant allié incontournable de Damas.

À l’automne 2012, il est le premier dirigeant du Hamas à soutenir l’initiative de Mahmud Abbas aux Nations unies visant à faire reconnaître l’État palestinien au plan international. Peu après la « victoire » palestinienne contre l’opération militaire israélienne « Pilier de défense » (14-21 novembre), la célébration du 25e anniversaire du Hamas (décembre 2012) est pour lui l'occasion de réaliser une visite historique dans la bande de Gaza et d'apparaître ainsi comme l’homme fort du mouvement – bien avant Ismaïl Haniyeh, pourtant Premier ministre en exercice dans la bande de Gaza.

Même s’il a annoncé à plusieurs reprises ne pas vouloir se représenter à la direction du mouvement, il est difficile d’imaginer que K. Mechaal ne joue pas un rôle politique important sur la scène politique palestinienne à l’avenir – à moins qu’il ne vise un poste de représentation plus symbolique et emblématique dans une enceinte internationale. Toujours est-il que le 1er avril 2013, le chef en exil du Hamas est réélu à la tête du mouvement islamiste palestinien, qui a préféré lui demander de rester en place dans une période d'incertitudes et de bouleversements régionaux.

Pour en savoir plus, voir l'article Question palestinienne.