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Laurent Mauvignier

Romancier français (Tours 1967).

Après des études artistiques – il est diplômé des Beaux-Arts en Arts plastiques (1991) –, Laurent Mauvignier s’oriente vers l’écriture. Loin d’eux, son premier roman, paraît aux Éditions de Minuit en 1999. Faisant déjà preuve d’une étonnante maîtrise stylistique, l’auteur y conte le drame d’une famille ordinaire, drame reposant sur l’incommunicabilité, l’impossibilité de parler et d’échanger entraînant la solitude existentielle et les tourments intérieurs. Cette tentative de capturer le réel en se confrontant « à l’indicible, aux limites du dire », cette volonté « de mettre des mots sur l’absence et le deuil, l’amour ou le manque » seront constantes dans son œuvre.

Ses romans postérieurs confirment ses talents de narrateur virtuose : Apprendre à finir (2000, prix du Livre Inter 2001) campe, à travers un long monologue intérieur, une femme déchirée qui ne se résigne pas à la désagrégation de son couple ; Ceux d’à côté (2002), reprenant le procédé du monologue intérieur, met en scène deux femmes vivants sur le même palier, dont une a été violée… par le narrateur lui-même ; Seuls (2004), en entrelaçant la voix des protagonistes, explore l’existence d’êtres marqués par l’incapacité à se rejoindre au-delà du silence ; le Lien (2005), dans un dialogue d’une intensité vertigineuse, laisse affleurer tendresse et émotion autour d’un amour crépusculaire ; Dans la foule (2006), prenant comme point de départ le drame survenu au stade du Heysel en 1985, use d’une composition polyphonique pour multiplier les points de vue et exprimer la détresse des hommes et des femmes témoins de l’horreur.

Avec Des hommes (2009), le romancier poursuit sa quête d’une écriture chirurgicale, dépouillée, sans psychologie, et réaffirme sa fascination pour les zones d’ombre entourant ce vide central que constitue la parole manquante et empêchée. Ayant cette fois recours à un montage d’inspiration cinématographique et au flash-back spatio-temporel, il brosse le portrait d’hommes meurtris par la guerre (celle d’Algérie en l’occurrence), confrontés à leurs blessures ravivées par la mémoire et creusées par le temps. Mauvignier, styliste des non-dits et de l’humaine souffrance, connaît avec ce septième roman un nouveau succès public et critique.