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Sandro Lovari

Biologiste italien (Sienne 1946).

Sandro Lovari est, dès sa plus tendre enfance, fasciné par les animaux et leur comportement. Ce jeune citadin met à profit les week-ends qu'il passe à la campagne pour parcourir la région toscane à la recherche de criquets, de coléoptères (abeilles), de sauterelles, dans leur milieu naturel, et il leur construit lui-même des terrariums. Au grand dam de ses parents, il apprivoise une quantité de petits animaux tels que musaraignes, coucous et hiboux. À l'âge de quatorze ans, il a déjà lu trois fois les dix volumes des Souvenirs entomologiques de Jean Henri Fabre, mais il ne découvre l'éthologie qu'en 1969. Cette science du comportement des espèces animales est alors très peu développée en Italie, et l'ouvrage de Konrad Lorenz l'Anneau du roi Salomon est pour lui une révélation.

Sandro Lovari pressent l'importance que peut avoir l'environnement, qui, comme il l'écrira plus tard, « influence largement le comportement de l'animal ». Il oriente son travail vers les branches de l'éthologie et de l'écologie du comportement, prépare sa thèse de doctorat à Cambridge, dans le laboratoire du professeur Robert Hinde, puis poursuit ses études sur le comportement animal à l'université de Groningue (Pays-Bas), puis à Sienne, à Stockholm et à Parme.

C'est là qu'il réalise de nombreuses enquêtes en laboratoire et à l'extérieur, de manière à « étudier le comportement animal en estimant l'influence des variables propres au milieu, qui le modifient ». Au début, il étudie surtout les corvidés et les rapaces et leurs comportements liés à l'alimentation et à la reproduction. Mais, à partir de 1978, il oriente ses recherches vers la sociobiologie des ongulés des montagnes d'Eurasie, « animaux longtemps considérés par les scientifiques comme des sujets d'étude inappropriés... peut-être à cause du climat où ils vivent... ou encore parce qu'ils manquaient d'exotisme », comme il le note dans la préface de The Biology and Management of Mountain Ungulates, paru en 1985.

Ses nombreuses observations des chamois sur le terrain lui ont permis d'établir des différences comportementales entre les populations alpines, celles des Apennins et celles des Pyrénées. Il a apporté de nombreuses informations sur la biologie du chamois des Abruzzes, Rupicapra pyrenaica ornata, une sous-espèce endémique et en danger de disparition. Le Peuple des rochers, qui paraît en Italie en 1984 et reçoit le prix Glaxo pour la vulgarisation de la science, est le récit passionnant et vivant de ces découvertes.

Le travail de Sandro Lovari et de ses collaborateurs sur l'écologie comportementale du renard roux (Vulpes vulpes), dans le parc naturel de Maremma, a permis de mieux comprendre les étroites relations existant entre les variations du milieu, l'activité et l'utilisation de l'habitat chez ce carnivore.

Pour Sandro Lovari, comme pour de nombreux biologistes, la conservation de la nature et de la faune est l'objectif essentiel des années à venir, car « la plupart des animaux sauvages sont continuellement repoussés vers des espaces de plus en plus petits par leurs deux grands ennemis : le développement économique et le progrès ». Mais la protection des espèces animales doit être mise en œuvre avec discernement, en « prenant appui sur des données scientifiques solides... ». Tel est le constat de Sandro Lovari, qui a visité de nombreux pays : entre autres le Pakistan, le Kenya, la Chine, mais aussi plusieurs pays d'Europe tels l'Allemagne, la Grèce, la France. Il organise des expéditions en Thaïlande (1985, 1986, 1987), en Inde (1990), et surtout au Népal, où il étudie à partir de 1989 la faune du parc national de Sagarmatha, dans le nord-est du pays. À partir du début des années 2000, il y mène en particulier des études sur la rare et menacée panthère des neiges (Uncia uncia) et sur ses proies, ainsi que sur le chevrotain porte-musc (Moschus chrysogaster), encore mal connu.

Membre du WWF depuis 1967, Sandro Lovari fait partie du groupe spécialiste des caprinés de l'Union internationale pour la conservation de la nature (U.I.C.N.). Il se partage entre la recherche et l'enseignement. Considérant comme son devoir de scientifique de divulguer son savoir, il rédige de nombreux articles de vulgarisation pour des magazines, donne des conférences et collabore à des revues spécialisées. Il a également été conseiller scientifique de films animaliers pour la BBC et pour la télévision suisse.