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Bernard Germain Étienne de La Ville, comte de Lacépède ou Bernard Germain Étienne de La Ville, comte de Lacepède

Comte de Lacépède
Comte de Lacépède

Naturaliste et écrivain français (Agen 1756-Épinay-sur-Seine 1825).

Sa jeunesse est celle d'un enfant d'une famille de la noblesse d'alors, vivant dans un milieu à la fois cultivé et sensible aux honneurs. Très tôt, il tombe sous le charme de la nature comme Jean-Jacques Rousseau ou Henri Bernardin de Saint-Pierre. Il lit avec délice les œuvres de Buffon. Il apprend par cœur des passages entiers et cette lecture influencera son propre style. Il veut être poète moralisateur, selon le goût de l'époque.  Sa véritable vocation, qui s'éveille très tôt, est celle de la musique. Il prend des leçons de violoncelle, puis il s'adonne à la composition. Il est remarqué par Gluck, qui le parraine. Il écrit un premier opéra, puis un second sur le thème d'Omphale. Le public parisien lui réserve le meilleur accueil : à l'âge de 26 ans, il est sur la route du succès. Mais une diva qui chante ses œuvres est d'un caractère difficile, capricieuse en diable. Il en souffre tellement que, découragé, il laisse là diva et répétitions. Sa carrière musicale s'arrête net et Gluck ne peut le faire revenir sur sa décision. Plus tard, sa blessure étant cicatrisée, Lacépède écrira encore une Poétique de la musique, qui lui vaudra les félicitations de deux amateurs éclairés, le compositeur italien Sacchini et le roi de Prusse.

Perdu pour la musique, Lacépède est gagné pour la science. À partir de 1780, il commence à fréquenter le cabinet d'histoire naturelle du Jardin du roi. Ses dispositions scientifiques le font remarquer, notamment par Buffon qui le fait nommer sous-démonstrateur et, en 1784, il est élu à la chaire précédemment occupée par Louis Daubenton. Avec Antoine Laurent de Jussieu, Lamarck et Geoffroy Saint-Hilaire, il est le seul participant à n'être ni médecin, ni chirurgien, ni apothicaire. Buffon, vieillissant, lui propose de contribuer à la rédaction de son Histoire naturelle et lui en confie différents passages. C'est alors qu'il écrit l'Histoire générale et particulière des quadrupèdes ovipares (1788) puis, l'année suivante, l'Histoire des serpents, dont la publication commence avec la Révolution.

Partisan des idées de la Révolution, Lacépède devient membre, puis président de la Législative ; mais, craignant la Terreur, il juge plus sage de démissionner temporairement de ses fonctions au Jardin du roi (restructuré en Muséum national d'histoire naturelle), et laisse son poste de professeur à son ami Geoffroy Saint-Hilaire. Il se retire à Leuville (aujourd'hui Leuville-sur-Orge, en Essonne), et, grâce à Geoffroy Saint-Hilaire, son départ ne fait l'objet d'aucune enquête ou poursuite. En 1795, l'orage révolutionnaire étant passé, Lacépède revient à Paris. Il est admis à l'Institut et le Muséum crée pour lui la chaire d'ichtyologie et d'herpétologie, chacun reconnaissant sa compétence dans le domaine des poissons et des serpents. Il écrit alors une Histoire naturelle des poissons (1798–1803) puis une Histoire naturelle des cétacés (1804).

Lacépède a conservé l'ambition de sa jeunesse. Il entretient des liens étroits avec le Premier consul et, plus tard, avec l'Empereur. Il est tenté par la politique, sa carrière scientifique s'éclipse partiellement. Il devient sénateur (1799), président du Sénat (1801), ministre d'État (1804). Napoléon Ier le fait comte et le nomme grand chancelier de l'ordre de la Légion d'honneur. Créé pair de France par Louis XVIII, rayé de la liste sous la seconde Restauration, après les Cent-Jours, il est réintégré en 1819. Il passe la fin de sa vie à rédiger une Histoire générale de l'Europe.