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Agota Kristof

Écrivaine suisse d'origine hongroise, d'expression française (Csikvánd, Hongrie, 1935-Neuchâtel 2011).

1. Sous le signe de l’exil

Fille d’un instituteur et d’une enseignante en arts ménagers, Agota Kristof naît dans un petit village hongrois, à l’ouest de Budapest. À l’âge de 21 ans, avec son mari et leur fille de 4 mois, elle fuit son pays natal après la répression du soulèvement hongrois par les troupes soviétiques (→ insurrection de Budapest, 1956). Réfugiée en Autriche mais bientôt envoyée en Suisse par les autorités locales, elle s'installe avec sa famille à Neuchâtel et obtient la citoyenneté suisse.

L'errance solitaire, la guerre et l'exil, un violent sentiment de l'absurde vont imprégner son œuvre, partagée entre la guerre et la paix, à l'image des tiraillements intérieurs de l'auteure, de son appréhension de la modernité. Elle choisit de se détourner de sa langue maternelle, dans laquelle elle a écrit quelques poèmes et tenu un journal, pour composer directement en français des pièces de théâtre, qui seront diffusées à la radio suisse romande (Un train pour le Nord, 1980 ; l’Expiation, 1983).

2. La « trilogie des jumeaux »

Rédigé dans une langue d'une grande simplicité et d'une précision extrême, son premier roman, le Grand Cahier (1986), ouvre sa « trilogie des jumeaux » où l'humour noir le dispute au tragique. Dans un pays en guerre, deux jeunes frères, Lucas et Klaus, apprennent à survivre en usant de toutes les ressources du mal et de la cruauté. Ce livre connaît aussitôt un succès retentissant et apporte à la romancière une reconnaissance internationale. Le Grand Cahier sera traduit en une trentaine de langues.

Au-delà de la fable sur le destin séparé des jumeaux dans un univers totalitaire, la Preuve (1988), deuxième volet de la trilogie, poursuit l'exploration impitoyable d'une mémoire divisée, et livre une réflexion désespérée sur la littérature. Enfin, le Troisième Mensonge (1991, prix du Livre Inter en 1992), dernier volet, se veut la quête d'une vérité quand la guerre est finie, quand il a fallu mentir pendant plusieurs années pour vivre. La liberté pour les deux frères ne sera pas synonyme de vérité.

En 1995, Agota Kristof publie Hier, narrant, dans un style toujours rigoureux et concis, l'histoire d'un amour impossible, proposant en même temps une réflexion aiguë sur le passage du temps et les injustices du monde contemporain. Elle donne encore un récit autobiographique, l’Analphabète (2004), qui explore le thème douloureux du déracinement, et C’est égal (2005), un recueil de nouvelles.

Ses pièces de théâtre ont été rassemblées dans deux volumes : l'Heure grise (1998) et le Monstre (2007).