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William Kirby

Ecclésiastique et naturaliste anglais (Witnesham, Suffolk, 1759-Barham 1850).

Fils d'un homme de loi et neveu d'un dessinateur en renom de l'époque, William Kirby fait ses études à l'université de Cambridge et entre dans les ordres en 1782. Il devient pasteur à Barham, petite paroisse de son comté natal, le Suffolk, où il exercera pendant soixante-huit ans son ministère. Comme il est alors féru de botanique, il herborise dans la campagne environnante. Il racontera, dans l'un de ses livres, comment il en vient à s'intéresser aux insectes. « Je vis un jour une très belle coccinelle grimper sur l'appui de ma fenêtre. Sa couleur jaune doré m'intrigua. En l'examinant plus attentivement, je dénombrai vingt-deux points noirs sur son dos. Je la plaçai dans un carafon de gin, avec le désir implicite de la tuer, pour pouvoir poursuivre plus tard mes investigations. Le lendemain matin, je la sortis du flacon et la remis sur l'appui de la fenêtre pour permettre au corps de sécher. Mais, réchauffée par la chaleur du soleil, la petite bête eut tôt fait de revenir à la vie. » Cette « résurrection » fut à l'origine de sa vocation d'entomologiste.

En 1788, il devient membre de la toute nouvelle Société linéenne de Londres. Par le canal de cette société, il publiera plusieurs mémoires. Le premier ne concerne pas les insectes mais se rapporte à trois espèces d'hirudinés, ces vers annelés appelés couramment « sangsues ». Dans sa deuxième publication scientifique, Histoire de trois espèces de cassides, Kirby apporte des données nouvelles sur ces curieux coléoptères souvent dotés de belles colorations métalliques. Cependant, il s'intéresse surtout aux hyménoptères, et notamment aux abeilles et aux fourmis, car leur vie sociale constitue pour lui l'expression la plus accomplie de l'œuvre du Créateur.

L'étude des pièces de l'appareil buccal des hyménoptères, et plus particulièrement de leur labium, l'amène à proposer des remaniements dans la classification des sphécidés, famille d'insectes paralyseurs et fouisseurs. Il est par ailleurs le premier à suggérer de rassembler dans un ordre distinct les strepsitères, dont les mâles sont toujours ailés et les femelles dépourvues d'ailes.

Kirby étudie aussi quelques-uns des insectes s'attaquant au blé et qui causent beaucoup de ravages dans les cultures à la fin du xviiie siècle et au début du xixe. Il décrit notamment l'un d'entre eux, qui appartient à la famille des tipulidés, et souligne le rôle capital joué par son parasite, Ichmeunon tipulae. Il montre que ce dernier dépose ses œufs dans les larves de l'insecte ravageur qu'il fait périr. Kirby apparaît ainsi comme l'un des précurseurs de ceux qui initièrent la lutte biologique à la fin du xixe siècle. Il a également étudié le comportement de la volucelle, cette mouche qui s'introduit dans le nid des abeilles pour que ses larves se nourrissent à leurs dépens. Le premier, il a émis l'idée que la ressemblance constatée entre les mouches parasites et les abeilles pourrait bien être un moyen de défense des premières contre les secondes.

C'est en 1802 qu'il publie sa Monographia Apum Angliae. Cette « monographie des abeilles d'Angleterre » est le premier ouvrage scientifique du genre. L'auteur y recense quelque deux cent vingt espèces dont certaines n'ont jamais été décrites auparavant. Il s'est pourtant procuré la plupart des insectes qu'il évoque sur le territoire de sa paroisse ou aux environs immédiats. L'ouvrage rencontre un grand succès. Il en ira de même de l'Introduction à l'entomologie, écrit en collaboration avec William Spense et dont les quatre volumes sortent entre 1815 et 1826. Kirby publie également un mémoire sur de nouvelles espèces d'insectes découvertes en Australie et un livre sur l'Histoire, les habitudes et les instincts des animaux.