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Friedrich Hölderlin

Friedrich Hölderlin
Friedrich Hölderlin

Poète allemand (Lauffen, Wurtemberg, 1770-Tübingen 1843).

Introduction

Hölderlin a laissé une œuvre poétique d'une grande originalité, dont le destin a été particulier. Peu de poèmes ont été imprimés du vivant de l'auteur, demeuré peu connu de ses contemporains. Hölderlin a été découvert par quelques romantiques, et le silence s'est fait de nouveau autour de lui. C'est par Friedrich Nietzsche qu'il a été vraiment reconnu. L'audience de ses poèmes n'a cessé de grandir depuis. À travers les vicissitudes politiques de l'Allemagne, Hölderlin apparaît comme le prophète d'un nouveau langage et de la poésie pure.

Sa vie a été à la fois simple et mystérieuse. Les péripéties en sont connues, mais elles paraissent n'être que des repères de surface ; leur connaissance ne donne guère d'indications sur l'itinéraire spirituel du poète. Cette vie a ressemblé à celle d'un ermite en même temps que d'un homme voué à l'amitié, alliant la simplicité et la ferveur, le goût de la retraite et l'espoir d'agir sur les hommes. Hölderlin parle de sa propre existence comme d'un passage entre deux mondes plus beaux, plus proches du divin : celui de la Grèce antique et celui auquel il aspire, le temps du « retour des dieux » dans un Occident mythique.

Il est né dans un pays profondément luthérien, au foyer du piétisme hérité des « pères souabes ». Élevé par une mère veuve qui espérait faire de lui un pasteur, il étudia très tôt les langues anciennes. En 1784, il entrait à l'école conventuelle de Denkendorf ; en y entrant, on signait l'engagement de devenir pasteur « de l'authentique Confession d'Augsbourg ». En 1786, il passa à Maulbronn, où il resta deux années. C'est là qu'il commença à écrire, se confiant à la jeune Louise Nast, sa première inspiratrice.

Premières poésies

Elles s'inspirent de Klopstock, de Schiller, de l'Écriture sainte et déjà aussi d'une sorte de soif d'un bonheur inaccessible : la Nuit, la Vie humaine, l'Immortalité de l'âme disent la grandeur du dessein. Hölderlin chante aussi l'amitié et l'amour, dans les termes les plus élevés. Le culte de l'antique s'exprime dans Mon souhait de chanter les héros ou bien dans le Vol de Pindare et la Grèce.

Déjà dans ces premiers vers, c'est l'idée et l'idéal qui soutiennent l'inspiration ; le monde extérieur y est immédiatement transfiguré. La poésie de Hölderlin n'est nulle part descriptive. À propos d'un paysage, c'est toujours un passé ou un avenir qui surgissent. Voyageant en juin 1788 au bord du Rhin, Hölderlin est saisi par la « majesté naturelle du Rhin », thème qui reviendra dans plusieurs poèmes postérieurs ; déjà c'est l'esprit du paysage et le génie du fleuve qui retiennent le poète. Un paysage est ici une émotion, un avenir rêvé, jamais une composition plastique. Ainsi, toujours à propos du Rhin : « Il me semblait que je renaissais à ce spectacle […] mon esprit prenait son vol vers l'infini […]. Je rentrai tout ému et je remerciai Dieu de pouvoir ressentir tant de choses là où des milliers d'hommes passaient indifférents. » Hölderlin vient de sentir une présence divine ; plus tard, il divinisera les forces naturelles, en premier les fleuves.

Le séminaire de Tübingen

Au Stift (séminaire) de Tübingen, où le jeune poète entrait en octobre 1788, on formait les pasteurs souabes dans un esprit de stricte orthodoxie ; la poésie y était peu prisée, et la philosophie du siècle redoutée. Le duc de Wurtemberg exerçait un droit de regard sur la conduite des séminaristes. Hölderlin a passé là cinq années décisives, aussi bien pour sa poésie que pour l'orientation de sa vie. Il en est sorti en décembre 1793.

L'amitié, la poésie, bientôt la foi dans l'avenir de l'humanité ont empli pour lui ces années, mais aussi les doutes, le déchirement, le chagrin de ne pouvoir être le pasteur que sa mère attendait. À partir de 1790, la philosophie de Kant l'occupa, ainsi que la lecture de Leibniz, et surtout il se lia d'amitié avec le jeune Hegel, entré au séminaire la même année que lui, et avec Schelling, venu deux ans plus tard. Cette constellation spirituelle devait orienter son destin. Avec Hegel surtout, il poursuivit durant ces années une quête passionnée, au-delà de toute orthodoxie. En février 1791, il inscrivait dans le « Livre d'or » de Hegel : « La joie et l'amour sont les ailes qui portent aux grandes actions » ; Hegel y ajoutait la formule panthéiste « Un et tout ». Déjà, l'Almanach des Muses pour 1792 publiait de Hölderlin un Hymne à la liberté et un Hymne à la déesse de l'harmonie.

La Révolution française

Au nom des droits de l'homme, les séminaristes de Tübingen demandaient des réformes : « Il nous faut donner à notre patrie et au monde la preuve exemplaire que nous ne sommes pas faits pour demeurer les jouets de l'arbitraire. » Dans la guerre qui commença en 1792, Hölderlin et ses amis prirent parti pour les Français. En même temps, le poète exposait à son ami R. Magenau le plan d'Hyperion, le roman où il entreprenait de montrer le combat des Grecs pour leur liberté. Au club politique qui a été créé au séminaire, Hegel apparaissait comme « un solide Jacobin », et Hölderlin « était acquis aux mêmes idées ». « Nos jeunes gens, écrivait en 1793 un des professeurs, sont pour la plupart gagnés par le vertige de la liberté. » Le 14 juillet 1793, dans une prairie proche de Tübingen, un groupe d'élèves du Stift a planté un arbre de la liberté : Hegel, Hölderlin et Schelling étaient là. Schelling passe même pour avoir écrit une version allemande de la Marseillaise.

Schiller, souabe lui aussi, et à qui Hölderlin a rendu visite en septembre 1793, n'avait probablement plus à cette date les mêmes espoirs qu'en 1790, mais il demeurait l'auteur de Don Carlos. Après avoir lu cette pièce, Hölderlin écrivait à son frère, paraphrasant Schiller : « Mon amour va au genre humain […] aux hommes des siècles à venir […]. La liberté viendra et la vertu fleurira au soleil de la liberté, mieux que dans l'atmosphère glacée du despotisme. »

En décembre 1793, il quittait Tübingen et se rendait en Thuringe pour y être précepteur dans la famille von Kalb. Ses années de voyage commencèrent ; à Iéna, il vit Schiller et Goethe, mais il dut quitter sa place de précepteur. Il en retrouva une autre à Francfort, mais il apparaît bien vite qu'il fuyait le pastorat, qu'il cherchait un bonheur ou bien une mission qui s'évanouissaient devant lui. À Francfort, pourtant, il devait connaître la passion.

Diotima

Après avoir entendu Fichte à Iéna, Hölderlin était revenu aux méditations philosophiques ; il les fixa dans des pages fragmentaires, les premières consacrées à la Loi de la liberté. Mais il poursuivait surtout l'idée de son roman Hyperion, dont la rédaction a été transformée par la rencontre, à Francfort, de la femme à laquelle il devait donner le nom socratique de Diotima.

Elle s'appelait Susette Gontard, son mari était banquier à Francfort, et c'est chez eux que le poète entra, en janvier 1796, en qualité de précepteur. L'année 1796, le printemps et l'été 1797 semblent avoir été pour Hölderlin comme un temps de rêve : Diotima réalisait l'unité du monde divin et de la réalité ; elle venait du monde antique, et « le jour va venir qui placera ton nom, Diotima, à la suite des dieux, aux côtés des héros, et qui t'égalera à eux ». Le poète est sorti de la solitude et du malheur, la poésie redevient possible et le dialogue des âmes, sans lequel il ne peut y avoir d'œuvre d'art. La parole jetée au vent est stérile, du moins pour le temps présent ; le bonheur de créer des mots de beauté est aussi le bonheur de l'amour. À Francfort Hölderlin achève son roman et tourne autour de la déesse de l'harmonie, de celle qui éveille l'héroïsme, qui dissipe les doutes et qui fait oublier les vains appels du temps passé.

Mais, au début de 1798, la position du poète devient difficile dans la maison Gontard. Après un répit, Hölderlin est chassé par le maître de maison en septembre. Son voyage recommence, sans but cette fois, puisque le seul but qu'il pourrait avoir serait Diotima.

« Hyperion » ou l'ermite en Grèce

Hyperion, roman par lettres, est la principale œuvre en prose de Hölderlin, qui a laissé, par ailleurs, nombre de fragments, mais aucun autre récit achevé ! La première partie, commencée dès les années de Tübingen, paraît en 1797, et la seconde en 1799. L'amitié combattante et l'amour y sont ensemble célébrés dans une prose éthérée et si remplie de poésie que le lecteur oublie facilement la trame du roman.

Dans la première partie, deux jeunes gens grecs, Hyperion et Bellarmin, qui rêvent de libérer leur patrie du joug étranger, échangent de longs poèmes en prose à la gloire de leur pays, dont le rythme est à peine différent de celui des hymnes. Le motif du début : « Le sol chéri de la patrie m'apporte une fois de plus joie et souffrance », se poursuit tout au long du livre en une méditation continue sur l'amour du sol natal. Ces jeunes Grecs ressemblent beaucoup aux jeunes patriotes du Stift de Tübingen, qui n'avaient pas encore de patrie à aimer.

Pourtant, la véritable héroïne, symbole de la liberté heureuse, c'est, au centre de la seconde partie, Diotima, la fiancée de l'idéal, qui encourage celui qu'elle aime à aller combattre pour le salut de la patrie. Hyperion prend part au soulèvement national, qui ne peut être mené à bout, et le jeune homme, parti pour « vaincre ou mourir », revient vaincu par l'ennemi trop fort et aussi, peut-être surtout, par la défaillance des siens, prompts au pillage aussi bien qu'au combat. Il se retire de la lutte et retourne à la poésie.

Cette Grèce poétique, à la fois antique et contemporaine, pourrait être l'Allemagne. Comme Hyperion, Hölderlin avait rêvé d'un destin héroïque. Lui aussi attendait de son peuple un réveil patriotique d'où serait sortie une nation. Et même une nation nouvelle et révolutionnaire, plus belle et plus « divine » que les autres. L'idéaliste déçu s'exprime, dans les dernières pages, en apostrophes amères quand il « revient en Allemagne » : « Tu y trouves des artisans, mais pas des hommes, des prêtres, mais pas des hommes, des maîtres et des valets, des jeunes gens et des gens rassis, mais pas des hommes. » C'est là l'envers du tableau, après la description de la vraie patrie des hommes, la Grèce, dont il rêvait comme du modèle de toutes les patries. On retrouvera cette opposition chez Friedrich Nietzsche, celui qui, le premier, a redonné Hölderlin aux Allemands, qui l'avaient oublié. L'imagination créatrice de Hölderlin a été soulevée et puis brisée par ce besoin d'héroïsme.

Pour le poète, la vie apparaît comme une passion, avec sa grandeur et son renoncement. Élevé « sur les bras des dieux », Hölderlin n'avait jamais admis du fond du cœur la discipline des hommes et leurs abdications. Dans un pays et en un temps où l'héroïsme lui semblait avoir perdu son sens, aspirant à un bonheur « divin » que détruit la prose quotidienne, appelant à une révolution morale et nationale, si radicale qu'elle ne pouvait venir, il a fui son temps et s'est réfugié dans l'absolu du dialogue poétique. Il a donné à sa plainte comme à son espoir des accents graves et mélodieux, qui font de ses poèmes les plus belles élégies en vers allemands et souvent les plus remplies de mystère.

Homburg

Quand il avait dû quitter Francfort, le poète avait été installé à Homburg, petite résidence princière du Taunus, par son ami Isaac von Sinclair, qui était au service du landgrave de Hesse-Homburg. Il a connu là des moments d'intense exaltation créatrice. Quelques poèmes s'adressent encore à Diotima, avec laquelle il correspond de loin en loin. Surtout il trouve et amplifie les thèmes des grands poèmes – hymnes, odes, élégies – de ses années de maturité, qui s'étendent de 1798 jusque vers 1803.

Le destin du poète est une question toujours présente, ainsi que la valeur du verbe poétique et, plus généralement, de tout langage personnel. Le poète apparaît comme un élu, mais voué au malheur : ainsi dans Dichterberuf (Vocation du poète) ; il peut aussi être l'aède aveugle (Der blinde Sänger) qui avance dans la nuit et à qui son chant tient lieu d'espérance. Élevé au-dessus du commun, mais promis à succomber sous la charge de la destinée, le poète a été « frappé par Apollon ». La plainte est son lot, mais aussi l'invective et la prophétie sont son recours.

Son temps lui échappe, car il n'a le droit ni de le flatter ni tout à fait de le maudire et, s'il vient à s'en détourner entièrement, il trahirait le meilleur de lui-même. À tous les moments de sa vie poétique, du moins depuis Tübingen, Hölderlin s'est attaché à l'actualité et aux grands événements politiques. Le Zeitgeist, l'esprit de son temps, a été son inspirateur. En 1798, il faisait des vœux pour le succès des armées républicaines, il magnifiait la Mort pour la patrie et Bonaparte. Après la paix de Lunéville, en février 1801, il composa la Fête de la paix (Friedensfeier).

L'Allemagne

Le poète est aussi lié au pays natal, aux collines, aux rivières, aux horizons du Wurtemberg qui s'ouvrent sur le lac de Constance et dont l'imagination créatrice fait une petite Hellade (Heimat). « L'avantage des voyages, écrivait-il à sa mère en 1787, est de nous faire mieux aimer notre pays natal » ; quand il reviendra de son dernier voyage vers la Souabe, où il devait finir, il écrivait : « Après tant de chocs et d'émotions mon âme avait besoin de se reposer quelque temps […]. Plus je l'étudie, plus je suis captivé par mon pays natal. »

Ce sont les grands fleuves qui mènent de la petite à la grande patrie, de la Heimat au Vaterland, en particulier les deux grands fleuves divergents de l'Allemagne du Sud : le Rhin et son affluent le Neckar, qui vont vers l'ouest, et puis, en tout dernier lieu, le Danube, qui emmène les rêveries du poète jusque vers l'Orient.

Mais, au cœur de l'Europe, au milieu de l'assemblée des peuples, il y a la patrie allemande :
Ô cœur sacré des peuples, ô patrie,
Patiente autant que la terre maternelle et muette
Et méconnue de tous ; pourtant tes profondeurs
Ont donné aux étrangers le meilleur d'eux-mêmes.
Le poème intitulé Hymne de l'Allemand est contemporain d'une ode de Schiller, la Grandeur allemande, qui est à la gloire des poètes et des penseurs allemands. Le patriotisme de Hölderlin rêvait d'instaurer plutôt une république idéale et allemande, terre d'élection des vertus politiques et poétiques, et où serait devenu possible ce « retour des dieux », qui n'a cessé de le hanter. Dans cette patrie idéale, vieille comme l'Hellade et nouvelle chaque jour, la vertu républicaine et l'enthousiasme dionysiaque auraient animé la vie publique.

Le retour des dieux

Dans des élégies comme l'Archipel, le Pain et le Vin, dans ses derniers grands hymnes, comme À la terre mère, l'Unique et surtout Patmos, Hölderlin a développé en longues méditations élégiaques sa douleur de vivre dans un monde d'où les dieux s'étaient retirés et son espoir de voir un temps, à la fois ancien et nouveau, « où les dieux seraient revenus ». Être poète, c'est, pour lui, ressentir partout la présence du divin, quelque chose de spirituel au-delà du sensible ; ainsi, le poète peut donner valeur divine et forme mythique aux forces de la nature.

Dionysos est le dieu le plus souvent invoqué, mais le Christ apparaît aussi. Il est « un des fils de Dieu », frère par là d'Héraclès et de Dionysos, comme eux porteur de salut. Parce qu'il est amour, il est appelé l'Unique et, à la fin du poème le Pain et le Vin, il est « un génie silencieux, de céleste consolation, qui annonce la fin de l'assemblée des dieux et puis qui disparaît ». Est-ce l'annonce que la nouvelle journée, la nouvelle assemblée des dieux, qui doit se tenir au jardin des Hespérides, c'est-à-dire en Occident, sera chrétienne ? Même en dehors de tout dogme positif, le poète ressent profondément le besoin du salut :
Le Dieu est proche et difficile à saisir
Mais où il y a danger il y a promesse de salut.

Le poète garde le droit à l'obscurité, qui est son privilège. Et son appel en est plus saisissant. La religion de Hölderlin est la poésie, mais il ne peut concevoir que le sentiment religieux soit étranger à ce métier de poète qu'il appelle « le plus innocent des travaux ».

La fin du poète

Alors qu'il souffrait déjà depuis quelque temps de ce que ses contemporains appelaient l'hypocondrie, Hölderlin, à la fin de 1801, quitta l'Allemagne pour aller à Bordeaux occuper un poste de précepteur dans la maison d'un négociant allemand. Après un assez long voyage, qu'il a relaté dans ses lettres, il ne devait faire à Bordeaux qu'un séjour de quelques mois. Il quittait la ville en mai 1802, dans un état qu'il décrit ainsi : « L'élément violent, le feu du ciel et le silence des hommes […] cela m'a saisi et, comme on le dit des héros, je peux dire de moi aussi qu'Apollon m'a frappé. » Un mois après ce départ et après un voyage dont on ne sait rien, il reparaissait à Stuttgart, « blanc comme un mort, amaigri, avec de grands yeux creux et le regard égaré, la barbe et le cheveu longs, vêtu comme un mendiant ». Passant par Francfort, il y aurait appris que Diotima venait de mourir.

Sinclair, son ami de Homburg, le recueillit et le fit même nommer par son landgrave « bibliothécaire de la Cour ». Mais, jacobin et conspirateur, il devait être arrêté en février 1805 par ordre du duc de Wurtemberg. Cette arrestation, de courte durée, frappa vivement Hölderlin, qu'il fallut bientôt envoyer à Tübingen pour y être soigné.

Après un traitement médical, le poète malade fut pris en pension par le menuisier Zimmer, chez qui il devait passer trente-six années. Au début, il souffrait de fréquents « paroxysmes » ; puis sa vie devint beaucoup plus calme ; il faisait des promenades et griffonnait parfois des vers. La « Tour de Hölderlin », où était sa chambre, devint un lieu de pèlerinage pour les romantiques. Les poètes souabes entouraient et écoutaient le poète, se souvenant qu'il avait écrit, quelques années plus tôt : « Ce sont les poètes qui disent les choses essentielles. » En 1826 paraissait chez Cotta, à Stuttgart, la première édition des Poésies de Hölderlin.