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Jean de Hautefeuille

Physicien et mécanicien français (Orléans 1647-Orléans 1724).

Fils d'un boulanger d'Orléans, il put faire des études grâce à la protection de la duchesse de Bouillon, à laquelle il resta attaché toute sa vie et qu'il accompagna dans ses divers voyages en Italie et en Angleterre. Il embrassa l'état ecclésiastique et obtint quelques bénéfices avec l'appui de sa protectrice qui, lorsqu'elle mourut, lui laissa une pension.

Né avec un esprit inventif, habile physicien, passionné par les questions de mécanique, il montra un génie particulier pour l'horlogerie. Il fut un des premiers à imaginer d'utiliser comme balancier, à la place du pendule, une roue attachée à un ressort spiral qui régularise ses mouvements et les rend isochrones. Hautefeuille communiqua cette invention à l'Académie des sciences le 7 juillet 1674 mais, parallèlement, Hooke, à Londres, et Huygens, en Hollande, revendiquaient la même idée, à laquelle il est juste de reconnaître qu'ils apportaient des perfectionnements décisifs qui permirent à Huygens d'obtenir un privilège pour la fabrication des montres. Hautefeuille qui, toute sa vie, sollicita en vain son admission à l'Académie des sciences, avait en effet un esprit extrêmement inventif mais une fougue qui le poussa souvent à publier ses idées avant de leur avoir donné tous les développements nécessaires et de s'être même assuré de la possibilité de leur mise en œuvre.

En 1673, il publia une Explication de l'effet des trompettes parlantes (les portes-voix), dont il proposait d'augmenter la puissance en élargissant le diamètre à l'entrée du pavillon et en appliquant le théorème de Pascal sur la transmission de la pression par les liquides. Sa Lettre contenant quelques nouvelles inventions sur les lunettes et le niveau (1679) exposait notamment l'idée d'élargir le champ des lunettes par l'addition d'un miroir concave. Outre les questions d'acoustique, les montres et les lunettes d'approche, pour lesquelles il ne cessa de proposer de très nombreux perfectionnements, son imagination le poussa à s'intéresser aux domaines les plus divers ; parmi ses nombreuses publications, on peut noter par exemple : un projet de Pendule perpétuelle, avec un moyen d'élever l'eau par la poudre à canon (1678) ; des essais sur l'Art de respirer sous l'eau (1680), au moyen d'une vessie remplie d'air et de tuyaux permettant de séparer l'air expiré de l'air inspiré ; sur un Nouveau moyen de trouver la déclinaison de l'aiguille aimantée avec une grande précision (1683) ; sur une Machine loxodromique (1701), permettant de tracer automatiquement sur une carte le chemin parcouru par un navire ; sur un Microscope micrométrique, pour diviser les Instruments de Mathématique dans une grande précision, et un Gnomon horizontal, et instrument astronomique, pour prendre la hauteur des Astres jusques aux Tierces (1703), donnant la description d'un sismoscope à mercure muni d'un niveau à bulle, avec le Moyen de faire des Observations sur les tremblements de Terre, & de les pouvoir prédire ; il publia aussi une étude sur un Spectacle de la loterie qui sera tirée à coups de fusil (1713), où l'usage de l'arme à feu permet d'accélérer le tirage des billets ; une Dissertation sur la cause de l'écho (1718), une autre sur un Nouveau système du flux et du reflux de la mer (1719), avec la description d'un thalassamètre pour la mesure des marées, etc.