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Aron-Marek Halter, dit Marek Halter

Écrivain français (Varsovie 1932 ou 1936).

Une jeunesse de l'errance

« Moi, je suis né étranger, se rappelait l’écrivain en 2002. Ce n’est pas la même chose que de devenir étranger, car on doit alors passer par l’exil, le déracinement. [...] Né en Pologne, j’étais dans la communauté des 470 000 Juifs […]. Même si j’étais battu, « pogromisé », je n’avais pas été contraint à l’exil. Après le nazisme et le ghetto, ce fut la fuite, et là j’ai rejoint l’itinéraire de tous ceux qui sont étrangers. »

Varsovie

Né le 27 janvier 1932 (selon son état civil français) ou 1936 (selon sa mémoire), Aron-Marek Halter est élevé par sa mère, Perl, poétesse yiddish, et par son père, Salomon, « imprimeur, fils et petit-fils d’imprimeur depuis des générations ». Lorsqu’en 1940 les nazis enferment dans le ghetto de Varsovie toute la population juive de la ville, Aron-Marek vit « les nuits et les jours […] dans une cave, à compter les sifflements des bombes qui s’écrasaient sur le quartier » (Un homme, un cri, 1991).

Les années de fuite

Très vite, en 1940 ou 1941, la famille réussit à fuir, par les égouts, jusqu'en Ukraine, pour entamer un périple qui aboutit à Kokand, en Ouzbékistan. Là, tout comme pour un million de réfugiés juifs, c'est la misère et le dénuement extrêmes. Marek survit alors de menus larcins et développe ses talents de conteur, alors que ses parents sont malades et que sa petite sœur meurt de faim.

En 1946, la famille retourne en Pologne, puis elle rejoint en 1950 un frère de Salomon installé à Paris. Sans visa, ils sont déclarés apatrides.

Ses combats, son œuvre

Le militant des droits de l'homme

Après s’être essayé à la pantomime et à la peinture (prix international de peinture de Deauville et lauréat de la Biennale d’Ancône, 1954 ; auteur de deux albums de dessins sur Mai 68) et avoir voyagé, Marek Halter se consacre à la défense des droits de l’homme. Fervent dénonciateur de tous les racismes (il est notamment cofondateur de SOS Racisme, 1984) et de toutes les injustices (cofondateur d’Action internationale contre la faim, 1979), il s'engage également pour la paix au Proche-Orient. Dès la guerre des Six-Jours (1967), il lance un appel pour favoriser le dialogue dans la région, crée le Comité international pour la paix négociée au Proche-Orient et fonde la revue Éléments (1968), à travers laquelle se rencontrent Israéliens, Palestiniens et Arabes. Son premier récit, le Fou et les Rois (1976, prix Aujourd'hui) est inspiré de ses expériences au Proche-Orient. Un homme, un cri (1991) raconte la ferveur militante qui ne l’a jamais quitté.

Le passeur de mémoire

La narration de Marek Halter puise inlassablement dans sa perception de son passé, révisité dans l'élaboration de ses « autofictions ». « Je pars du principe qu’un homme qui a eu la chance de survivre à la persécution nazie et au massacre a le devoir extrême, non point de rappeler au monde que l’horreur est toujours possible […] mais de faire en sorte que cette horreur ne se répète pas. Qu’aucun enfant ne connaisse jamais l’enfance que j’ai connue dans le ghetto de Varsovie, qu’il soit juif, arabe, vietnamien, chrétien libanais ou incroyant. Ce qui me fait bouger, courir, c’est la mémoire. » (la Vie, 1989.)

La culture hébraïque qu’il entend perpétuer est au cœur de son œuvre. Après la mort de sa mère (avec laquelle s’évanouit sa culture yiddish) et six années de recherches, il publie en 1983 son grand succès, la Mémoire d’Abraham (prix du Livre Inter 1984), épopée deux fois millénaire d’une famille juive, tirée en partie de la mémoire familiale, suivie des Fils d’Abraham (1989).

Il a également collaboré à de nombreux journaux, réalisé un film, Tzedek, les Justes,(1994), d'ailleurs adapté en livre sous le titre les Hommes de bien (1995), publié une trilogie sur les femmes de la Bible, Sarah, Tsippora et Lilah (2003-2004), puis Marie (2006). On lui connaît aussi deux romans historiques, les Mystères de Jérusalem (1999) et le Vent des Kazhars (2001), ainsi qu'un essai pédagogique, le Judaïsme raconté à mes filleuls (1999).

La reconnaissance

Ce polyglotte itinérant, parfois controversé, a reçu de nombreux prix littéraires. En 2008, il a été fait officier de la Légion d’honneur.