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Albrecht von Haller

Médecin, physiologiste et botaniste suisse (Berne 1708-Berne 1777).

Enfant étonnamment précoce, il sait parfaitement le grec et le latin à huit ans ; à dix ans, il élabore, pour son propre usage, un dictionnaire de grec et un autre d'hébreu ; à quinze ans, il a déjà écrit une tragédie, une comédie et un poème épique de plus de quatre mille vers. En 1724-1725, il commence des études médicales à Tübingen, en Allemagne, puis va les compléter à Leyde. À dix-huit ans, il est docteur en médecine. Après des voyages en Angleterre et en France, il s'initie, en 1728, avec le mathématicien Jean Bernoulli, au calcul différentiel et intégral. La même année, il entreprend une grande tournée dans les Alpes. Il herborise et commence la collection botanique qui va lui fournir la base d'un gros traité publié en 1742 et décrivant plus de 4 500 plantes poussant en Suisse. Ce voyage lui inspire aussi un long poème, les Alpes, qui aura un retentissement considérable et contribuera à propager l'image idyllique d'une Suisse primitive et heureuse.

Albrecht von Haller s'installe en 1729 à Berne, sa ville natale, où il pratique un peu la médecine et où il exerce la charge de bibliothécaire municipal. À partir de 1736, il est professeur d'anatomie, de chirurgie et de botanique à la toute nouvelle université de Göttingen, en Allemagne. Les dix-sept années qu'il passera dans cette ville comptent parmi les plus fécondes de sa vie. Outre ses travaux d'anatomie et de physiologie (il dissèque de très nombreux cadavres, multiplie les vivisections, s'intéresse aux cas de monstruosité), il rédige de volumineux traités, dirige une publication mensuelle scientifique, préside l'Académie des sciences de Göttingen, crée le Jardin botanique de cette ville. Sa renommée est universelle. Les souverains d'Europe entretiennent avec lui des relations suivies et tentent de s'attacher ses services. Mais, en 1753, se sentant fatigué, il démissionne de ses fonctions à Göttingen et retourne à Berne. Il y exerce diverses charges municipales, y dirige les salines et poursuit ses travaux. Les nombreux maux dont il souffre l'incitent à faire usage de doses de plus en plus fortes d'opium. Homme de science jusqu'au bout, il décrit dans une étude les effets de l'accoutumance à cette drogue, avant de mourir le 17 décembre 1777.

Auteur de plus de deux cents ouvrages (dont ses célèbres Éléments de physiologie en huit volumes), Albrecht von Haller a été le premier à décrire le mécanisme de la respiration et la fonction autonome du cœur ; il élucida le rôle de la bile dans la digestion des graisses ; il a apporté des vues nouvelles sur le développement de l'embryon, sur l'anatomie des organes génitaux, du système cardio-vasculaire, du cerveau. Ses découvertes les plus importantes concernent les fonctions respectives des nerfs et des muscles. En s'appuyant sur de nombreux résultats expérimentaux, il élabora un système physiologique différant à la fois de l'animisme et du vitalisme, dans lequel il distinguait trois propriétés vitales des organes, la sensibilité pour les nerfs (en fait l'excitabilité au sens moderne), la contractilité pour les tissus cellulaires (en fait l'élasticité) et surtout l'irritabilité, propre aux muscles et au coeur, et qui ne doit ni à l'âme, ni aux nerfs puisqu'elle persiste quelque temps après la mort (il s'agit en fait des propriétés d'excitabilité et de contractilité). Ses conceptions, quoique erronées, lui ont permis d'appréhender des notions physiologiques importantes, par exemple de faire la distinction entre vie végétative et vie de relation.