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John Burdon Sanderson Haldane

Biologiste et mathématicien indien d'origine britannique (Oxford 1892-Bhubaneswar 1964), fils de John Scott Haldane.

Dès l'âge de huit ans, il aide dans des expériences de laboratoire son père, physiologiste célèbre pour ses travaux sur la respiration et les gaz du sang. Pourtant, au collège d'Eton, puis à Oxford où il fait ses études supérieures, le jeune homme s'oriente vers les mathématiques, la littérature et la philosophie. Grâce à son intelligence brillante, à sa prodigieuse mémoire, à sa curiosité dévorante, il acquerra rapidement les connaissances qui lui font défaut en biologie. Il s'intéresse beaucoup à la génétique, alors en pleine effervescence. On vient de redécouvrir les lois de Mendel sur la transmission des caractères héréditaires. La sœur de Haldane, Naomi, elle-même passionnée par ces problèmes, élève pour les étudier quelque trois cents cochons d'Inde. En 1915, elle écrit un article en collaboration avec son frère, dont il s'agit du premier texte publié dans le domaine de la génétique.

Après la Première Guerre mondiale, pendant laquelle il est blessé en Mésopotamie et passe un an aux Indes, John Haldane retourne à Oxford. Il y poursuit des recherches entreprises durant le conflit sur la physiologie de la respiration et la lutte contre les gaz de combat. Il n'hésite pas à tester sur son organisme les effets du gaz carbonique. À partir de 1921, il enseigne la biochimie à Cambridge et s'illustre dans cette discipline par ses études sur les enzymes et leur mode d'action.

John Haldane est l'un de ceux qui vont tenter de mettre l'évolution en chiffres. En 1924, il publie le premier d'une série d'articles qui auront un grand retentissement : Une théorie mathématique de la sélection naturelle et artificielle. Il y montre, par des analyses mathématiques, comment les travaux de Mendel peuvent se concilier avec la sélection naturelle de Darwin. Il se range résolument dans le camp de ceux qui affirment la prééminence de cette sélection par rapport aux mutations. À l'appui de ce qu'il avance, il évoque le remplacement, dans les régions industrielles, du type normal de la phalène du bouleau, de couleur claire, par une forme mutante, de couleur foncée. En partant de faits avérés (ainsi, on sait qu'il a fallu vingt millions d'années pour que se constitue la troisième molaire des mastodontes trilophodons), il essaiera plus tard d'évaluer la vitesse de sélection et propose même une unité d'évolution, le darwin.

En 1933, John Haldane quitte l'université de Cambridge pour celle de Londres, où il occupe d'abord la chaire de génétique, puis celle de biométrie. La même année, il publie une étude sur le cancer – maladie qui l'emportera. En 1935, le premier, il dresse une carte du chromosome X, montrant la localisation de plusieurs gènes qui provoquent des anomalies telles que le daltonisme, ou l'absence de vision la nuit. Il entame en 1936 des recherches qui aboutiront à prouver le lien génétique entre hémophilie et daltonisme. En 1937, il décrit les effets, sur une population, de mutations défavorables répétitives.

John Haldane adhère au marxisme dans les années 1930 et il devient membre de la rédaction du Daily Worker, le quotidien communiste anglais. Il s'éloigne du parti au moment de l'ascension de Trofim Lyssenko, ce biologiste soviétique qui prétendait montrer l'inanité de la génétique « occidentale » et prouver la transmissibilité des caractères acquis. En 1957, John Haldane part s'installer en Inde, adopte la nationalité indienne et devient professeur à l'Institut indien de statistique, à Calcutta. Il quitte ce poste en 1961 et, l'année suivante, prend la direction du laboratoire de génétique et de biométrie de l'Orissa à Bhubaneswar. C'est là qu'il meurt, en 1964. Ses nombreux livres et articles de vulgarisation scientifique lui ont attiré les faveurs du grand public.