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Germain Habert

abbé de Cerisy

Ecclésiastique et écrivain français (Paris 1610-Paris 1654).

Troisième des frères Habert, il fit partie, avec son frère Philippe, du groupe littéraire des Illustres Bergers et fréquenta l'hôtel de Rambouillet, où, cultivant la poésie précieuse et galante, il participa à la rédaction de la Guirlande de Julie ; il fut aussi, aux côtés de Chapelain, de Godeau, de Gombauld, de Malleville, etc., le plus jeune des amis qui se réunissaient vers 1629 autour de Valentin Conrart, secrétaire du roi, et qui, sous la protection du cardinal de Richelieu, constituèrent le groupe littéraire d'où devait naître l'Académie française ; tout naturellement, Germain Habert devint un des premiers membres de la Compagnie, dès la création de celle-ci, en 1634. En 1635, il reçut de Richelieu l'abbaye de Cerisy.

Lors de la querelle du Cid, désigné par le Cardinal pour être l'un des examinateurs des vers de la pièce, Habert eut l'indépendance d'esprit de rendre un jugement si favorable que Richelieu, mécontent, dut se rabattre sur Chapelain, plus docile ; il désigna néanmoins Habert pour « jeter quelques poignées de fleurs » sur les Sentiments de l'Académie française sur la tragédie du Cid (1638).

Habert prononça l'oraison funèbre de Richelieu au sein de l'Académie. Il est l'auteur de quelques Paraphrases des Psaumes et de diverses poésies précieuses, dont la plus célèbre, la Métamorphose des yeux de Philis changés en astres (1639), fut en son siècle considérée comme un chef-d'œuvre (Boursault, qui en tira une pièce de théâtre en 1665, écrivit à cette date : « C'est un poème qui s'est acquis tant de réputation et qui a donné tant de gloire à feu Monsieur l'Abbé de Cerisy, qui en était l'auteur, qu'il y a peu de personnes qui fassent profession d'aimer les belles choses qui ne l'aient assez lu de fois pour en savoir plus de la moitié par cœur… »). Vers la fin de sa vie, devenu dévot, Habert participa aux activités de la Compagnie du Saint-Sacrement et écrivit une Vie du cardinal de Bérulle (1646).