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Pierre Paul Grassé

Biologiste français (Périgueux 1895-Carlux, Dordogne, 1985).

Dernier grand encyclopédiste de la zoologie et maître incontesté de la nouvelle école française de zoologie orientée vers l'étude de la faune terrestre, il a été un spécialiste mondial des termites et des insectes sociaux.

D'origine périgourdine, il obtient son baccalauréat en même temps que Jean Rostand, en 1913, à Bordeaux. Il commence ses études de médecine et c'est sous l'uniforme de médecin auxiliaire d'infanterie qu'il termine la Première Guerre mondiale. Il s'inscrit alors à l'Institut de zoologie à Bordeaux. Ses premières sorties de naturaliste aux confins de la forêt landaise, où il observe des colonies de termites lucifuges, décident, sans doute, de sa double vocation : l'étude des protistes, ou protistologie, et celle des termites.

Préparateur de François Picard à l'École nationale d'agriculture de Montpellier – et assurant son remplacement comme chargé de cours en 1923 –, puis assistant de Octave Duboscq, Pierre Paul Grassé entreprend sa thèse sur les flagellés, protistes qui parasitent les termites. En 1929, il est nommé titulaire de la chaire de zoologie de l'université de Clermont-Ferrand. Comme cytologiste, il s'intéresse particulièrement aux ultrastructures cellulaires de divers organes ou tissus des insectes, et surtout des termites, et il analyse leurs constituants cytoplasmiques. On lui doit la découverte d'un « appareil parabasal » apparenté au corps de Golgi des spermatozoïdes. En 1934, sa première mission africaine lui offre un vaste champ d'investigation sur la biologie des isoptères ; les trois volumes de sa Termitologia sont l'aboutissement de ce voyage.

Pierre Paul Grassé est incontestablement à l'origine de l'épanouissement de la protistologie en France. Dès 1935, il écrit les Parasites et le Parasitisme et il obtient un poste de maître de conférences à l'université de Paris en protistologie. Très vite, il s'entoure de jeunes chercheurs français et étrangers dont les études portent sur l'anatomophysiologie des organes et s'accompagnent le plus souvent d'une approche expérimentale. S'intéressant depuis longtemps au comportement grégaire des acridiens, il oriente notamment les travaux de Rémy Chauvin sur le comportement du criquet pèlerin et ceux de F.O. Albrecht sur l'écophysiologie adaptative des formes grégaires et solitaires du criquet migrateur.

En 1940, il succède à Maurice Caullery à la chaire d'« Évolution des êtres organisés » de l'université de Paris. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1945, il joue un rôle déterminant dans le nouvel Institut national de la recherche agronomique et il est élu à l'Académie des sciences en 1948.

De retour en Afrique, il étudie la différenciation des castes de termites, l'essaimage, et dévoile la technique des bâtisseurs de termitières géantes. Il appelle « stimergie » l'excitation mutuelle qui harmonise l'action individuelle des termites, car il n'y a pas d'architecte et « l'ouvrier ne dirige pas son travail, mais il est guidé par lui ». Cet effet de groupe est alors pour Pierre Paul Grassé comme une doctrine révélée qu'il étend à l'ensemble des sociétés animales, vertébrés compris. Il fonde, en 1950, l'« Union internationale pour l'étude des insectes sociaux » avec son périodique Insectes sociaux. Mais, surtout, il se consacre à son monumental Traité de zoologie auquel collaboreront les zoologistes les plus qualifiés de France, Belgique, Norvège, Allemagne, Portugal et Suisse. En tout, 17 tomes et 38 volumes ont été publiés ; sa contribution personnelle pour les insectes totalise près de 800 pages. Parallèlement, il dirige des collections scientifiques, publie des ouvrages comme la Vie des animaux (1968) et défend avec conviction ses conceptions philosophiques sur la dignité et la finalité de l'homme : dans l'Évolution du vivant (1973), il s'oppose à l'affirmation exclusive de la sélection naturelle et du hasard des mutations dans le processus de l'évolution des espèces.

Les idées de Pierre Paul Grassé sur le comportement animal sont personnelles et originales ; elles l'amènent à prendre des positions polémiques au cours de vifs débats dans les sociétés savantes qu'il aime fréquenter. Il conserve toute sa vie cette attitude critique et, dans ses dernières années, il est un ardent défenseur des publications françaises.